Aaron Copland(1900 — 1990)
Aaron Copland
États-Unis
9 min de lecture
Compositeur américain né en 1900 à Brooklyn, Aaron Copland a forgé une identité musicale proprement américaine en mêlant musique savante, jazz et folk. Formé à Paris auprès de Nadia Boulanger, il est considéré comme le « doyen des compositeurs américains ». Il meurt en 1990, laissant une œuvre emblématique du 20e siècle.
Citations célèbres
« La musique est l'expression de ce qui ne peut être dit et sur lequel il est impossible de rester silencieux. »
Faits marquants
- Né le 14 novembre 1900 à Brooklyn, New York, de parents immigrants juifs russes
- Études à Paris avec Nadia Boulanger (1921-1924), figure centrale de la formation musicale américaine en Europe
- Composition de la Fanfare for the Common Man (1942), hymne à la démocratie américaine en temps de guerre
- Appalachian Spring (1944) lui vaut le Prix Pulitzer de musique en 1945
- Décédé le 2 décembre 1990 à New York, après une carrière de plus de soixante ans
Œuvres & réalisations
Œuvre orchestrale inspirée d'une salle de danse populaire mexicaine et de thèmes folkloriques du Mexique. Elle marque le tournant vers un style accessible et ancré dans les musiques populaires des Amériques.
Ballet commandé par le Ballet Caravan, qui raconte la vie du célèbre hors-la-loi de l'Ouest américain. Copland y intègre des mélodies de cowboys authentiques, inaugurant son grand cycle 'américaniste'.
Courte fanfare pour cuivres et percussions commandée pendant la Seconde Guerre mondiale pour célébrer l'homme du peuple américain. Reprise par Leonard Bernstein dans sa Troisième Symphonie, elle est devenue un symbole musical des États-Unis.
Ballet chorégraphié par Agnes de Mille, dont les quatre extraits orchestraux — notamment Hoe-Down — sont parmi les pièces les plus jouées du répertoire américain. Il intègre des danses et chants de cowboys de l'Ouest.
Œuvre pour narrateur et orchestre qui mêle des extraits des discours d'Abraham Lincoln à des thèmes musicaux populaires américains. Retirée du concert d'inauguration d'Eisenhower en 1953 pour des raisons politiques, elle devint un symbole de la liberté d'expression.
Chef-d'œuvre de Copland, composé pour la chorégraphe Martha Graham, qui décrit la vie d'un jeune couple de pionniers dans les Appalaches au XIXe siècle. Il remporte le prix Pulitzer de musique en 1945 et reste l'œuvre la plus emblématique de la musique américaine du XXe siècle.
Commandée par la Fondation Koussevitzky, cette symphonie monumentale, qui intègre la Fanfare for the Common Man dans son finale, est considérée comme la grande symphonie américaine du XXe siècle par de nombreux musicologues.
Anecdotes
Aaron Copland grandit à Brooklyn dans une famille d'immigrants juifs russes qui tenaient un grand magasin. Rien dans son enfance ne laissait présager qu'il deviendrait le plus grand compositeur américain de son époque : ses parents ne s'intéressaient guère à la musique classique, et c'est en s'auto-formant, puis en prenant des leçons particulières, qu'il découvrit sa vocation.
En 1920, Copland part étudier à Paris auprès de la légendaire pédagogue Nadia Boulanger, première femme à diriger les grands orchestres américains. Leur relation intellectuelle fut déterminante : c'est elle qui l'encouragea à puiser dans les musiques populaires américaines — jazz, blues, chants folkloriques — pour forger un style authentiquement américain.
En janvier 1953, en pleine chasse aux sorcières maccarthyste, la direction du concert d'investiture du président Eisenhower retira le Lincoln Portrait de Copland du programme, sous prétexte que le compositeur avait fréquenté des milieux jugés 'subversifs'. Quelques semaines plus tard, Copland fut convoqué devant la sous-commission sénatoriale de McCarthy, mais aucune charge ne fut retenue contre lui.
Lorsque le chef d'orchestre Eugene Goossens commanda à plusieurs compositeurs américains des fanfares pour la saison 1942-1943, afin de galvaniser le moral du pays entré en guerre, Copland composa en quelques jours la Fanfare for the Common Man. Initialement jouée comme simple prélude de concert, cette pièce de moins de quatre minutes est aujourd'hui l'une des musiques orchestrales américaines les plus connues dans le monde.
Appalachian Spring, composé en 1944 pour la chorégraphe Martha Graham, s'appuie sur la mélodie shaker Simple Gifts. Copland n'avait jamais entendu ce chant avant de le découvrir dans un recueil de chansons populaires — preuve que son 'américanisme' était autant le fruit d'une recherche savante que d'une inspiration spontanée. L'œuvre lui vaut le prix Pulitzer de musique en 1945.
Sources primaires
The whole problem can be stated quite simply by asking, 'Is there a meaning to music?' My answer to that would be, 'Yes.' And 'Can you state in so many words what the meaning is?' My answer to that would be, 'No.'
The gifted composer… has always two choices before him : he may turn his back on the contemporary scene, or he may attempt to find a language that is peculiarly his own — one that reflects the life and times in which he lives.
Je cherche à écrire une musique qui soit reconnaissable comme américaine sans qu'on puisse la confondre avec du folklore brut. Ce n'est pas simple, mais c'est le seul chemin qui me semble honnête.
Jazz is the result of the energy stored up in America… it is the savage, restless, rhythmically acute expression of a people who know how to take life as they find it.
Lieux clés
Quartier natal d'Aaron Copland, alors peuplé d'une importante communauté d'immigrants juifs d'Europe de l'Est. C'est dans cette ville effervescente qu'il découvrit la musique et décida, adolescent, de devenir compositeur.
Fondée en 1921, cette école accueillit Copland dès sa première promotion. Il y rencontra Nadia Boulanger, qui orienta définitivement sa vocation vers la composition et l'encouragea à forger un style résolument américain.
Lieu du célèbre festival de musique classique où Copland enseigna pendant des décennies. Il y forma des générations de compositeurs américains, dont Leonard Bernstein figure parmi les plus illustres.
Demeure de campagne d'Aaron Copland à partir des années 1950, entourée de bois et de nature. C'est dans cette maison, loin du bruit de Manhattan, qu'il composa certaines de ses œuvres de la maturité et qu'il vécut jusqu'à la fin de sa vie.
Temple de la musique classique américaine où Copland assista et participa à d'innombrables concerts. Plusieurs de ses œuvres majeures y furent créées ou triomphèrent devant le grand public new-yorkais.
