Roi de Mycènes et chef suprême des armées grecques lors de la guerre de Troie. Figure centrale de l'Iliade d'Homère et de l'Orestie d'Eschyle, son destin tragique — du sacrifice d'Iphigénie à son assassinat par Clytemnestre — en fait un archétype de la démesure et de la fatalité.
Agamemnon
Agamemnon
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je suis le roi des rois, et vous m'obéirez. (Iliade, chant I, trad. Leconte de Lisle)»
Faits marquants
- Roi de Mycènes, il commande la coalition grecque qui assiège Troie pendant dix ans (Iliade, ~VIIIe s. av. J.-C.)
- Il sacrifie sa fille Iphigénie à Aulis pour obtenir des vents favorables à la flotte grecque
- Sa querelle avec Achille au sujet de Briséis est le sujet principal de l'Iliade
- À son retour de Troie, il est assassiné par sa femme Clytemnestre et son amant Égisthe
- Sa mort déclenche le cycle de vengeance des Atrides, au cœur de l'Orestie d'Eschyle (458 av. J.-C.)
Œuvres & réalisations
Épopée d'Homère en 24 chants centrée sur la colère d'Achille. Agamemnon y apparaît comme chef suprême des Grecs, figure d'autorité contestée dont la démesure faillit causer la défaite.
Ulysse, aux Enfers, rencontre l'ombre d'Agamemnon qui lui raconte son assassinat et le met en garde contre la trahison des femmes. Ce passage influença durablement l'image du roi trahi.
Trilogie d'Eschyle, seule trilogie grecque complète conservée. Elle trace le destin d'Agamemnon de son retour triomphal à son assassinat, puis suit la vengeance d'Oreste et le procès devant Athéna.
Tragédie d'Euripide explorant le dilemme moral d'Agamemnon : sacrifier sa fille pour le bien commun ou résister à la pression des chefs grecs. Œuvre d'une profondeur psychologique inégalée.
Tragédie de Sophocle centrée sur la fille d'Agamemnon, qui attend la vengeance de son père assassiné. La figure du roi mort y acquiert une dimension quasi-sacrée.
Version d'Euripide de la même histoire, plus réaliste et psychologiquement troublante : la vengeance d'Oreste y est présentée comme un crime ambigu autant que comme un acte de justice.
Anecdotes
Avant de partir pour Troie, Agamemnon dut sacrifier sa propre fille Iphigénie à la déesse Artémis pour obtenir des vents favorables. La flotte grecque était bloquée à Aulis depuis des semaines, et l'oracle exigeait ce prix terrible. Certaines versions du mythe racontent qu'Artémis, au dernier moment, substitua une biche à la jeune fille et emmena Iphigénie en Tauride.
Au cœur de la guerre de Troie, Agamemnon s'empara de Briséis, la captive d'Achille, déclenchant la colère du plus grand guerrier grec. Achille se retira du combat, refusant de se battre pour un roi qu'il jugeait avide et injuste. Cette querelle, qui ouvre l'Iliade d'Homère, faillit coûter la victoire aux Grecs et montre combien l'hubris d'un chef peut fragiliser toute une armée.
À son retour triomphant à Mycènes après dix ans de guerre, Agamemnon fut accueilli par sa femme Clytemnestre qui lui déroula un tapis de pourpre — couleur réservée aux dieux — pour le mener jusqu'au palais. Ce geste, que le roi accepta malgré ses réticences superstitieuses, symbolisait sa démesure : marcher sur la pourpre était un affront aux dieux. Dans son bain, il fut assassiné par Clytemnestre et son amant Égisthe.
Agamemnon ramena de Troie la prophétesse Cassandre, fille du roi Priam, comme butin de guerre. Cassandre, condamnée par Apollon à ne jamais être crue, avait prédit la chute de Troie et maintenant annonçait leur mort imminente à tous deux. Personne ne l'écouta, et elle périt avec le roi dans le palais de Mycènes, victime comme lui de la vengeance de Clytemnestre.
Le destin d'Agamemnon s'inscrit dans la malédiction des Atrides, une lignée maudite depuis que son ancêtre Tantale avait offert son fils Pélops en repas aux dieux. Son père Atrée avait lui-même servi à son frère Thyeste un banquet à base de ses propres enfants. Cette chaîne de crimes familiaux, que les Grecs appelaient la miasma (souillure), illustre le concept tragique de la faute héréditaire.
Sources primaires
La querelle s'enflamma entre Agamemnon fils d'Atrée, roi des hommes, et le divin Achille. Quel dieu les jeta donc dans cette lutte acharnée ? Le fils de Léto et de Zeus.
L'ombre d'Agamemnon dit : « Ô malheur ! Zeus a donc voulu ma perte à cause des ruses de femme. Méfie-toi, Ulysse, ne dis jamais à ta femme tout ce que tu sais. »
Clytemnestre : « Je l'ai frappé deux fois. Il poussa deux gémissements, puis ses membres se détendirent. Tombé, je lui portai un troisième coup, vœu d'action de grâces à Zeus souverain des morts. »
Agamemnon : « Hélas ! Que ma fille soit amenée. Artémis réclame ce qu'elle réclame, et la Grèce entière me force la main. »
Électre : « Mon père fut massacré par ceux mêmes qui partageaient sa couche, sans pitié, sans honneur. Jamais je ne cesserai de pleurer. »
Lieux clés
Cité royale d'Agamemnon, dominée par la Porte des Lions et de riches tombeaux à coupole. Centre du pouvoir mycénien et théâtre de son assassinat par Clytemnestre.
Port où la flotte grecque s'assembla avant de partir pour Troie. C'est là qu'Agamemnon sacrifia sa fille Iphigénie pour apaiser la déesse Artémis et obtenir des vents favorables.
Ville fortifiée d'Asie Mineure assiégée dix ans par les Grecs sous le commandement d'Agamemnon. Son site archéologique correspond à Hisarlik en Turquie actuelle.
Cité alliée étroitement liée à la légende d'Agamemnon dans certaines versions du mythe. L'Orestie d'Eschyle y situe le palais des Atrides et la vengeance d'Oreste.
Lointaine contrée où Artémis aurait transporté Iphigénie après le sacrifice d'Aulis, la faisant prêtresse en son temple. Lieu d'une deuxième tragédie familiale, selon Euripide.
Objets typiques

L'Iliade décrit un sceptre forgé par Héphaïstos, offert par Zeus à la lignée d'Atrée. Symbole du pouvoir suprême transmis de dieu en roi, il confère à Agamemnon l'autorité sur tous les chefs grecs.

Découvert à Mycènes par Schliemann en 1876, ce masque d'or recouvrait le visage d'un roi mycénien. Bien qu'antérieur au personnage légendaire, il est devenu le symbole archéologique d'Agamemnon dans l'imaginaire collectif.

Agamemnon est décrit dans l'Iliade revêtant une cuirasse ornée de serpents en émail bleu et d'un gorgoneion, dotée de vingt bandes d'étain. Elle reflète la richesse et la puissance militaire du roi des rois.

Dans l'Orestie d'Eschyle, Clytemnestre tue Agamemnon en l'enveloppant dans un filet ou un vêtement sans manches avant de le frapper. Cet objet symbolise le piège tendu par l'épouse vengeresse à son mari.

À son retour, Clytemnestre fait déployer devant Agamemnon un tapis de pourpre — couleur des dieux — pour qu'il marche dessus. Agamemnon hésite, conscient de la démesure, mais cède : geste symbolique de son hybris qui précède sa chute.

Les festins rituels ponctuaient la vie des rois mycéniens. Agamemnon, lors des banquets militaires, libait aux dieux et scellait alliances et décisions militaires autour du vin partagé dans des coupes en or.
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Vie quotidienne
Matin
Agamemnon se lève à l'aube dans sa mégaron (grande salle du trône), assisté de serviteurs qui l'aident à revêtir son armure de bronze. Il offre une libation de vin aux dieux — Zeus en premier — avant d'inspecter les troupes massées sur la plaine de Troie. Les oracles et les signes célestes sont consultés avant toute décision militaire importante.
Après-midi
L'après-midi est consacré aux conseils de guerre réunissant les rois alliés — Achille, Ulysse, Ajax, Nestor. Agamemnon arbitre les différends, distribue le butin, coordonne les assauts contre les remparts troyens. Il peut lui-même combattre en première ligne, comme le décrit Homère au chant XI de l'Iliade où il accomplit de nombreux exploits guerriers.
Soir
Le soir, banquet rituel sous la tente royale : viande rôtie, pain d'orge, vin mêlé d'eau dans des coupes d'or. Des aèdes chantent les exploits des héros. Agamemnon reçoit les ambassades, rend la justice entre les chefs, et planifie les opérations du lendemain à la lueur des torches.
Alimentation
Alimentation typiquement mycénienne et héroïque : viande de bœuf, de mouton et de porc rôtie sur des broches, pain d'orge, fromage, olives et figues. Le vin, toujours mélangé d'eau, est omniprésent lors des rituels et des banquets. Les repas des rois incluaient aussi du poisson et du miel lors des grandes occasions.
Vêtements
En temps de paix, Agamemnon porte une tunique (chiton) en laine fine teinte en pourpre ou en écarlate, signe de royauté, retenue par des fibules en bronze. Une chlamyde (manteau) complète la tenue. En guerre, il revêt une cuirasse de bronze finement ouvragée, des cnémides (jambières), un casque à cimier et tient son grand bouclier rond.
Habitat
Le palais de Mycènes est une forteresse cyclopéenne aux murs de pierre monumentaux, dominée par la Porte des Lions. À l'intérieur, la mégaron — grande salle à foyer central — est le cœur de la vie palatiale : trône, banquets, audiences royales. Les murs sont décorés de fresques aux motifs guerriers et cynégétiques, les sols en stuc peint.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style art mycénien tardif avec influences de la céramique à figures noires et des fresques palatiales. Palette chaude et sombre, or bruni, bronze oxydé, rouge sang — une esthétique de grandeur tragique.
Ambiance sonore
Un paysage sonore oscillant entre la violence du champ de bataille troyen et l'atmosphère oppressante du palais mycénien où se trame la vengeance. Bruits de bronze, vent marin et chants rituels.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Iliade
VIIIe siècle av. J.-C.
Odyssée — Chant XI (Nekyia)
VIIIe siècle av. J.-C.
Orestie (Agamemnon, Choéphores, Euménides)
458 av. J.-C.
Iphigénie à Aulis
405 av. J.-C.
Électre
Vers 410 av. J.-C.
Électre
413 av. J.-C.






