Akbar(1542 — 1605)
Akbar
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Jalal ud-Din Muhammad Akbar (1542-1605) est le troisième et plus grand empereur moghol de l'Inde. Il unifie le sous-continent indien sous son autorité et prône une politique de tolérance religieuse remarquable pour son époque.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1556 : Akbar monte sur le trône à l'âge de 13 ans après la mort de son père Humayun
- 1556 : Victoire à la bataille de Panipat II contre Hemu, consolidant le pouvoir moghol
- 1571 : Fondation de Fatehpur Sikri, nouvelle capitale de l'empire
- 1582 : Proclamation du Din-i-Ilahi, tentative de syncrétisme religieux
- 1605 : À sa mort, l'empire moghol couvre la majeure partie du sous-continent indien
Œuvres & réalisations
Ville impériale entièrement construite ex nihilo par Akbar, aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Chef-d'œuvre de l'architecture moghole, elle symbolise la puissance et la vision syncrétique de son fondateur.
Akbar divisa l'empire en subas (provinces) administrées par des gouverneurs nommés par lui, séparant les pouvoirs civil et militaire. Il instaura un système fiscal rationnel basé sur la productivité des terres (dahsala), qui stabilisa les revenus de l'État.
En supprimant cet impôt discriminatoire, Akbar posa le principe de l'égalité fiscale et religieuse entre tous ses sujets. Cette décision fondatrice de sa politique de tolérance lui valut une loyauté durable de la majorité hindoue de son empire.
Institution unique en son genre, l'Ibadat Khana réunissait des théologiens de toutes confessions pour des débats plurireligieux devant l'empereur. Cette expérience intellectuelle exceptionnelle anticipe de plusieurs siècles les idéaux du dialogue interreligieux.
Tentative de religion universelle mêlant éléments islamiques, hindous, zoroastriens et chrétiens, fondée sur la lumière divine et la dévotion à l'empereur. Bien qu'éphémère, elle témoigne de l'originalité philosophique et de l'ambition unificatrice d'Akbar.
Grande forteresse de grès rouge édifiée sur les bords de la Yamuna, qui devint le cœur administratif de l'empire moghol. Akbar en fit à la fois une résidence impériale, un centre de gouvernement et un symbole architectural de sa puissance.
Anecdotes
Akbar était analphabète, mais il compensait ce manque par une mémoire prodigieuse et une curiosité intellectuelle insatiable. Il faisait lire à voix haute des œuvres de philosophie, de théologie et d'histoire pendant des heures, et pouvait ensuite en discuter avec les plus grands savants de sa cour.
En 1582, Akbar fonda sa propre religion syncrétique, le Din-i-Ilahi (« Foi divine »), qui tentait de fusionner l'islam, l'hindouisme, le zoroastrisme et le christianisme. Cette initiative surprenante visait à unifier spirituellement ses sujets de croyances diverses, mais ne convainquit qu'une poignée de courtisans.
Akbar abolit la jizya, l'impôt spécial que les non-musulmans devaient payer dans les États islamiques. Cette décision, inouïe pour l'époque, lui valut l'hostilité de nombreux religieux musulmans mais la loyauté de ses dizaines de millions de sujets hindous.
Grand passionné d'animaux, Akbar possédait une ménagerie de plus de cinq mille éléphants de guerre, ainsi que des guépards dressés pour la chasse. Il était réputé pour monter des éléphants particulièrement féroces, cherchant à prouver son courage physique malgré les mises en garde de ses conseillers.
À la cour d'Akbar se réunissaient régulièrement des théologiens musulmans, des prêtres hindous, des moines jésuites portugais et des prêtres zoroastriens. Ces débats publics, appelés les Ibadat Khana (« Maison du culte »), duraient parfois toute la nuit et témoignaient d'une ouverture religieuse unique dans l'histoire du XVIe siècle.
Sources primaires
Sa Majesté traite avec égale bienveillance les hommes de toutes les religions et ne distingue pas le fidèle de l'infidèle. Il considère tous les hommes comme ses sujets et les aime tous comme ses enfants.
L'empire compte soixante-quinze sous-provinces (sarkars), administrées selon des règles uniformes de collecte des impôts et de justice, afin que chaque habitant, quelle que soit sa foi, soit traité équitablement.
L'Akbar nous reçut avec beaucoup de bonté et fit montre d'un grand intérêt pour nos livres saints et nos images du Christ. Il nous permit de construire une chapelle à Agra et d'y prêcher librement.
Akbar abolit en l'an neuvième de son règne la taxe de pèlerinage imposée aux Hindous se rendant à leurs lieux saints, déclarant que nul ne doit payer pour pratiquer sa religion dans son empire.
Lieux clés
Capitale impériale construite par Akbar entre 1571 et 1585, abandonnée en raison de problèmes d'approvisionnement en eau. Ce joyau architectural mêle styles indo-islamique et hindou, reflet parfait de la politique de syncrétisme culturel d'Akbar.
Capitale principale de l'empire moghol sous Akbar, où se trouvait le Fort Rouge d'Agra qu'il fit reconstruire en grès rouge. C'est également là qu'il mourut en 1605 et qu'il est enterré à Sikandra, dans un mausolée qu'il fit construire de son vivant.
Akbar fit de Lahore une seconde capitale de son empire entre 1585 et 1598, y construisant une imposante citadelle. La ville était un carrefour stratégique pour contrôler les frontières nord-ouest de l'empire face aux Ouzbeks.
Dans l'enceinte de Fatehpur Sikri se trouve le tombeau du saint soufi Salim Chishti, dont les prières auraient prédit la naissance du fils d'Akbar. Ce lieu illustre la vénération d'Akbar pour le soufisme et son respect des saints de toutes religions.
Site de la bataille décisive de 1556 où le jeune Akbar, guidé par Bairam Khan, écrasa les forces d'Hemu et consolida la domination moghole sur le nord de l'Inde. Cette plaine est le théâtre des trois grandes batailles qui ont façonné l'histoire de l'Inde médiévale.






