Apophis
Apophis (Apep)
Apophis est le dieu-serpent du chaos dans la mythologie égyptienne antique, incarnation des ténèbres et ennemi éternel du dieu solaire Rê. Chaque nuit, il tente de dévorer la barque solaire lors de son voyage dans le monde souterrain.
Faits marquants
- Apophis apparaît dans les textes religieux égyptiens dès le Moyen Empire (vers 2000 av. J.-C.)
- Il est décrit comme un gigantesque serpent habitant les profondeurs des eaux primordiales (Noun)
- Chaque nuit, Rê et les dieux combattent Apophis pour assurer le lever du soleil
- Des rituels spécifiques ('Livres d'Apophis') étaient récités pour repousser le chaos
- Seth, habituellement dieu mauvais, jouait le rôle de protecteur de Rê contre Apophis
Œuvres & réalisations
Premier grand texte funéraire du Nouvel Empire décrivant heure par heure le voyage nocturne de Rê à travers la Douat. Apophis y est représenté comme l'obstacle suprême à la sixième heure, vaincu par Seth et les dieux protecteurs.
Texte funéraire royal illustrant les douze portes du monde souterrain. Il contient des représentations monumentales d'Apophis enchaîné et transpercé par Seth, symbolisant la victoire cyclique de l'ordre sur le chaos.
Compilation ptolémaïque des rituels magiques destinés à anéantir Apophis. C'est la source la plus complète sur les pratiques anti-chaos en Égypte ancienne, décrivant formules, gestes et matériaux utilisés par les prêtres.
Ensemble de formules magiques inscrites sur les sarcophages du Moyen Empire pour protéger le défunt dans l'au-delà. Apophis y apparaît comme menace permanente contre laquelle le mort doit être armé.
Texte funéraire décrivant six cavernes du monde souterrain où Apophis est représenté supplicié et découpé. Ses illustrations colorées sur les murs des tombes royales témoignent de la dimension visuelle et apotropaïque du mythe.
Plus anciens textes religieux égyptiens connus, gravés dans les pyramides de la Ve et VIe dynastie. Ils contiennent les premières formules de protection contre les serpents chaotiques, ancêtres directs du mythe codifié d'Apophis.
Anecdotes
Apophis n'a jamais été adoré comme un dieu ordinaire : aucun temple, aucun culte ne lui était dédié. Au contraire, des prêtres lui vouaient une haine sacrée et accomplissaient chaque jour des rituels pour l'anéantir. Ils crachaient sur des figurines à son effigie, les brûlaient ou les piétinaient afin d'empêcher le chaos de s'emparer du monde.
Chaque nuit, selon la croyance égyptienne, la barque du dieu solaire Rê traversait les douze heures du monde souterrain, la Douat. À la sixième heure, la plus dangereuse, Apophis surgissait pour dévorer la barque et plonger le monde dans l'obscurité éternelle. C'est Seth, dieu de la tempête pourtant craint des hommes, qui prenait la forme d'un guerrier pour transpercer le monstre de sa lance.
Les Égyptiens expliquaient les éclipses solaires par une victoire temporaire d'Apophis : le serpent avait réussi à avaler la barque de Rê. Mais comme il ne pouvait la digérer, il finissait toujours par la recracher — et le soleil réapparaissait. Ce récit donnait du sens à ces événements célestes terrifiants pour les populations antiques.
Le Papyrus Bremner-Rhind, rédigé vers 300 av. J.-C., contient un texte extraordinaire appelé 'Le Livre de renverser Apophis'. Ce rituel décrivait en détail comment prononcer des malédictions, découper une figurine en cire du serpent, l'envelopper dans un papyrus, y mettre le feu, puis piétiner les cendres — le tout accompagné de formules magiques précises pour neutraliser sa puissance.
Apophis était décrit dans les textes sacrés comme un serpent d'une taille colossale, parfois estimée à plus de 450 coudées (environ 230 mètres). Son corps était si immense qu'il pouvait encercler la totalité du monde souterrain. Son rugissement faisait trembler les profondeurs de la Douat, et son regard seul pouvait paralyser les dieux qui tentaient de s'opposer à lui.
Sources primaires
À la sixième heure, la barque de Rê affronte le grand serpent Apophis. Les dieux tirent sur des cordes pour haler la barque, tandis que Seth transperce le monstre de sa lance pour permettre au soleil de poursuivre son voyage.
Reculez, ennemi de Rê ! Vous serez repoussé par les flammes de Rê. Votre corps sera coupé en morceaux, votre âme anéantie. Vous ne vous lèverez pas, vous ne vous dresserez pas — dit Atoum contre l'ennemi du Grand Dieu.
Que le grand serpent soit repoussé ! Je suis celui qui repousse Apophis, je suis l'œil de Rê qui tient en échec le maître du chaos. Le serpent ne passera pas, les ténèbres ne s'installeront pas.
La barque de Rê glisse sur le dos d'Apophis vaincu. Les dieux-gardiens des portes maintiennent le serpent enchaîné, pendant que Seth, à la proue, enfonce sa lance dans le crâne du monstre.
Ne laisse pas Apophis dresser la tête, ne le laisse pas se mouvoir. Que la grande flamme le consume, que les cordes du filet céleste le retiennent pour l'éternité.
Lieux clés
Domaine mythique du monde souterrain que traverse la barque de Rê chaque nuit. C'est ici qu'Apophis réside et attaque, dans les profondeurs des douze heures nocturnes, symbolisant la menace permanente du chaos sur l'ordre cosmique.
Grand centre du culte solaire en Égypte ancienne, où le mythe de Rê et son combat contre Apophis était enseigné et célébré. Les prêtres d'Héliopolis étaient dépositaires des rituels de protection contre le serpent du chaos.
Le plus grand complexe religieux d'Égypte ancienne, où des cérémonies quotidiennes de repoussement d'Apophis étaient accomplies. Des reliefs représentant Seth transperçant le grand serpent y ont été retrouvés.
Lieu mythique de la Douat où les ennemis de Rê — dont Apophis — sont brûlés et tourmentés. Il représente la justice divine et la punition du chaos dans l'au-delà égyptien.
Centre religieux consacré à Thot, dieu de la sagesse et de l'écriture, qui jouait un rôle essentiel dans les rituels magiques contre Apophis. Les prêtres d'Hermopolis élaborèrent certaines des formules de protection les plus puissantes contre le serpent.
