Apophis est le grand serpent du chaos dans la mythologie égyptienne, incarnation des ténèbres et du désordre absolu. Ennemi éternel du dieu solaire Rê, il tente chaque nuit de dévorer la barque solaire lors de son voyage dans le monde souterrain. Les Égyptiens accomplissaient des rituels quotidiens pour conjurer ses attaques et préserver l'ordre cosmique.
Apophis
Apophis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Apophis est attesté dès les Textes des Sarcophages du Moyen Empire (vers 2055–1650 av. J.-C.)
- Il est décrit comme un immense serpent pouvant mesurer plusieurs dizaines de mètres, vivant dans les profondeurs du Noun (océan primordial)
- Chaque nuit, lors du voyage de Rê dans la Douat, Apophis attaque la barque solaire ; il est repoussé par Seth, puis par Sobek et les autres dieux
- Les 'Livres d'Apophis' (papyrus d'Hérihor, vers 1070 av. J.-C.) rassemblent les formules magiques et les rituels pour le neutraliser
- Contrairement aux autres divinités égyptiennes, Apophis ne reçoit aucun culte : il est brûlé et exécré en effigie lors des cérémonies quotidiennes des temples
Œuvres & réalisations
Premier grand texte funéraire royal à décrire heure par heure le voyage nocturne de Rê, avec les affrontements successifs contre Apophis. Il constitue la source mythologique la plus complète sur le rôle cosmique du serpent.
Recueil de formules magiques destinées à protéger le défunt dans l'au-delà. Le chapitre 39, entièrement consacré à repousser le serpent Apophis, témoigne de la centralité de cette figure dans les croyances funéraires égyptiennes.
Texte funéraire royal illustrant les douze heures de la nuit et leurs gardiens divins. Apophis y est représenté enchaîné aux abords de l'horizon oriental, définitivement vaincu à l'aurore après l'ultime combat.
Texte funéraire royal représentant les ennemis de Rê, dont Apophis, enchaînés et suppliciés dans les profondeurs de la Douat. Le serpent y est montré découpé et brûlé pour neutraliser sa puissance chaotique.
Document le plus complet consacré aux rituels de destruction d'Apophis. Il contient ses noms secrets, des formules pour l'anéantir et des instructions détaillées pour l'accomplissement des cérémonies magiques quotidiennes.
Anecdotes
Apophis est l'un des rares êtres de la mythologie égyptienne à ne posséder aucun temple ni aucun culte officiel : on ne l'adorait pas, on le combattait. Dans les grands temples comme Karnak, des prêtres récitaient chaque jour des formules magiques, crachaient sur son image et brûlaient des figurines de cire le représentant, pour s'assurer que Rê triompherait encore une fois cette nuit-là.
Dans la mythologie égyptienne, Set — dieu de la tempête souvent considéré comme malfaisant — était aussi le grand défenseur de la barque solaire. Chaque nuit, c'est lui qui se postait à la proue du navire de Rê et transperçait le corps d'Apophis de sa lance, permettant au soleil de continuer sa route. Set était donc à la fois un dieu redouté et un héros indispensable à l'ordre cosmique.
Les éclipses solaires plongeaient les Égyptiens dans une terreur intense : ils pensaient qu'Apophis avait réussi, l'espace d'un instant, à avaler la barque de Rê. Les cérémonies rituelles s'intensifiaient alors immédiatement pour « libérer » le soleil des entrailles du serpent et rétablir l'ordre du monde.
Un texte rituel tardif, connu sous le nom de « Livre d'Apophis » et conservé dans le papyrus Bremner-Rhind (IVe siècle av. J.-C.), donne des instructions précises pour anéantir le serpent : prononcer son nom à voix basse, dessiner son image sur du papyrus, la piétiner puis la brûler. Ce manuel de destruction symbolique témoigne de l'importance des rituels magiques dans la religion égyptienne.
Apophis était décrit comme un serpent d'une taille colossale — certains textes évoquent une longueur de plusieurs dizaines de mètres — dont le corps pouvait bloquer tout le ciel nocturne. Son rugissement provoquait des tremblements de terre, et son souffle empoisonnait l'obscurité. Malgré sa puissance, il était vaincu chaque nuit sans exception, ce qui soulignait la force indestructible de Rê et de l'ordre cosmique (Maât).
Sources primaires
« Le serpent est sous les pieds du roi. Le roi traverse le ciel, le serpent du chaos ne peut l'atteindre. »
« Repousse Apophis de la barque de millions d'années, afin que Rê paraisse à l'horizon oriental chaque matin. »
« Arrière, Apophis ! Tu ne triompheras pas de Rê dans la barque de l'éternité. Thot te ligote, Sekhmet t'enchaîne. »
« Dans la cinquième heure de la nuit, la barque de Rê affronte le grand serpent Apophis, qui cherche à l'engloutir dans les ténèbres. »
« Recule, Apophis, ennemi de Rê ! Tu es vaincu, tu es chassé. Rê triomphe de toi chaque jour. Ton nom est maudit, ton corps est brûlé, ton âme est anéantie. »
Lieux clés
Royaume mythique des morts situé sous la terre, parcouru chaque nuit par la barque de Rê lors des douze heures de l'obscurité. C'est là qu'Apophis réside en permanence et tend ses embuscades au soleil pour tenter d'engloutir la lumière.
Grande cité sacrée du delta du Nil, centre du culte solaire de Rê et d'Atoum. C'est ici que se développèrent les mythes solaires fondamentaux, dont celui d'Apophis comme ennemi cosmique du soleil et destructeur de Maât.
Immense complexe templier où les prêtres accomplissaient chaque jour des rituels pour conjurer Apophis. Des formules magiques y étaient récitées et des figurines du serpent y étaient solennellement brûlées.
Nécropole royale dont les tombeaux sont ornés de scènes tirées de l'Amdouat et du Livre des Portes, représentant le voyage nocturne de Rê et ses affrontements répétés avec Apophis heure par heure.
Cité sacrée du dieu Thot en Haute-Égypte, où des rituels de magie (heka) étaient pratiqués contre Apophis. Thot, maître des formules magiques et de l'écriture, jouait un rôle clé pour ligoter et neutraliser le serpent.
Objets typiques

Petite statuette en cire représentant le serpent Apophis, utilisée lors des rituels quotidiens : les prêtres la piétinaient, la crachaient et la brûlaient pour neutraliser symboliquement le chaos et protéger la barque de Rê.

Arme symbolique utilisée lors des cérémonies de destruction d'Apophis. Sa lame tranchante représentait la victoire de l'ordre sur le chaos, et il apparaît fréquemment dans les textes et les peintures des tombeaux royaux.

Rouleaux contenant les formules du Livre d'Apophis ou du Livre des Morts, récités par les prêtres pour protéger la barque solaire et repousser le grand serpent. Certains nommaient Apophis pour mieux le contrôler magiquement.

Embarcation divine sur laquelle voyageait Rê durant son parcours nocturne dans la Douat. Elle était la cible principale d'Apophis, qui tentait chaque nuit de l'engloutir dans les ténèbres primordiales.

Arme divine brandie par le dieu Set pour transpercer Apophis pendant la traversée nocturne. Elle symbolise la force brute nécessaire pour repousser le chaos, même lorsqu'elle est aux mains d'un dieu lui-même ambigu.

Représentés dans de nombreuses scènes tombales, ces liens divins maintenaient Apophis enchaîné lors de ses défaites. Thot, maître de la magie, récitait les formules permettant de ligoter le serpent et d'immobiliser ses forces destructrices.
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Vie quotidienne
Matin
À l'aube, Apophis est vaincu une nouvelle fois : la barque de Rê a traversé la Douat et le soleil se lève à l'horizon oriental. Le corps du serpent, transpercé par la lance de Set et lié par les formules magiques de Thot, se rétracte dans les profondeurs du monde souterrain. Sa défaite est totale mais temporaire — il se régénère déjà dans les ténèbres.
Après-midi
Pendant les heures diurnes, Apophis demeure tapi dans les profondeurs les plus obscures de la Douat, dans les eaux primordiales du chaos (le Noun). Son corps colossal se reconstitue lentement dans les ténèbres, sa haine pour Rê intacte, son énergie destructrice entièrement restaurée pour la prochaine nuit. Aucune lumière divine ne pénètre jusqu'à lui.
Soir
Au coucher du soleil, Apophis reprend vie avec une puissance renouvelée. Quand la barque de Rê s'engage dans la première heure de la nuit, le grand serpent se met en mouvement dans les profondeurs de la Douat, déroulant son corps gigantesque pour barrer le chemin du soleil. L'affrontement éternel recommence, aussi inévitable que la nuit elle-même.
Alimentation
Apophis ne se nourrit pas au sens ordinaire du terme : il est une force cosmique dont l'unique appétit est d'engloutir la barque solaire de Rê et de plonger le monde dans un chaos sans fin. Certains textes évoquent qu'il « boit » l'obscurité et se sustente du désordre (Isfet), à l'opposé exact de Maât qui nourrit les dieux et maintient l'ordre de l'univers.
Vêtements
En tant que force primordiale non humaine, Apophis ne porte aucun vêtement ni attribut divin. Il est représenté comme un immense serpent aux écailles noires ou rouges, parfois avec plusieurs replis de son corps formant une spirale chaotique. Ses seuls ornements sont les chaînes et liens magiques dont les dieux le ligotent lors de sa défaite rituelle.
Habitat
Le domaine d'Apophis est la Douat, le monde souterrain égyptien, et plus précisément les eaux primordiales du Noun — le néant aquatique d'avant la création. Il réside dans les zones les plus sombres et les plus profondes, là où aucune lumière divine ne pénètre jamais, attendant que la barque solaire se risque sur son territoire chaque nuit pour tenter de l'anéantir.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Inspiré des peintures tombales du Nouvel Empire, le style visuel d'Apophis joue sur les contrastes entre les ténèbres abyssales de la Douat et l'éclat doré de la barque solaire, avec la rigueur géométrique et la frontalité caractéristiques de l'art égyptien antique.
Ambiance sonore
L'environnement sonore d'Apophis est celui de la Douat nocturne : un silence oppressant traversé par des sifflements caverneux, le crépitement des rituels magiques et le grondement sourd du chaos cosmique qui cherche à engloutir la lumière.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Amdouat — Livre de ce qu'il y a dans la Douat
vers 1500 av. J.-C.
Livre des Morts — Chapitre 39
à partir de 1550 av. J.-C.
Livre des Portes
vers 1300 av. J.-C.
Livre des Cavernes
vers 1200 av. J.-C.
Papyrus Bremner-Rhind — Livre d'Apophis
vers 310 av. J.-C.






