Arsinoé II

Arsinoé II

315 av. J.-C. — 269 av. J.-C.

PolitiqueAvant J.-C.Époque hellénistique, IVe-IIIe siècle av. J.-C., règne des dynasties ptolémaïques en Égypte

Princesse macédonienne, fille de Ptolémée Ier, Arsinoé II devint reine d'Égypte en épousant son frère Ptolémée II (mariage appelé philadelphe). Co-régente influente, elle fut divinisée de son vivant et assimila les traits d'Isis.

Faits marquants

  • Vers 316 av. J.-C. : naissance à Alexandrie, fille de Ptolémée Ier et Bérénice Ire
  • 300 av. J.-C. environ : épouse Lysimaque, roi de Thrace, renforçant les alliances hellénistiques
  • 279-278 av. J.-C. : rentre en Égypte après la mort de Lysimaque et épouse son frère Ptolémée II
  • Vers 272 av. J.-C. : obtient le titre de Philadelphe (« qui aime son frère ») et est associée au culte royal
  • 270 av. J.-C. : mort d'Arsinoé II ; elle est divinisée et assimilée à Isis et Aphrodite

Œuvres & réalisations

Rotonde d'Arsinoé à Samothrace (Vers 288-281 av. J.-C.)

Monument circulaire en marbre blanc offert par Arsinoé au sanctuaire des Cabires à Samothrace, l'un des plus grands édifices circulaires de l'Antiquité grecque. Il témoigne de sa piété et de sa munificence royale.

Institution du culte royal des Theoi Adelphoi (272 av. J.-C.)

Arsinoé et Ptolémée II furent officiellement intégrés au calendrier religieux de l'Égypte comme « dieux frères ». Ce culte fut le premier d'une longue tradition ptolémaïque de divinisation des souverains vivants.

Fondation de l'Arsinoïté (nome du Fayyoum) (Vers 275 av. J.-C.)

La région du Fayyoum fut rebaptisée et largement développée sous son patronage, avec irrigation, colonisation grecque et création de nouvelles cités. Ce projet d'aménagement du territoire augmenta significativement les ressources agricoles de l'Égypte.

Politique navale en Égée (274-271 av. J.-C.)

On attribue à Arsinoé une influence décisive dans la stratégie ptolémaïque de contrôle de la mer Égée, avec la constitution d'une flotte puissante et la mise sous protectorat d'îles comme Délos et Samos. Cette politique fit de l'Égypte la première puissance navale de Méditerranée orientale.

Victoires équestres aux Jeux panhelléniques (Vers 272 av. J.-C.)

Arsinoé remporta des victoires dans des courses de chevaux aux grands jeux grecs (Olympiques, Pythiques, Isthmiques, Néméens) avec ses propres attelages, exploit célébré par le poète Posidippe. Une femme ne pouvait participer en personne, mais la propriétaire des chevaux recevait l'honneur.

Anecdotes

Arsinoé II fut d'abord mariée vers 300 av. J.-C. à Lysimaque, roi vieillissant de Thrace, alors qu'elle n'avait qu'une quinzaine d'années. Elle sut s'imposer comme une reine redoutable dans cette cour barbare, intriguant pour assurer le trône à son propre fils plutôt qu'au fils aîné de Lysimaque, Agathoclès, qu'elle fit exécuter.

Après la mort de Lysimaque à la bataille de Cœupédion (281 av. J.-C.), Arsinoé se retrouva sans protection. Son demi-frère Ptolémée Kéraunos lui proposa le mariage puis, une fois les noces célébrées, fit assassiner ses deux jeunes fils devant elle. Elle s'échappa miraculeusement et dut fuir en exil vers Samothrace avant de rentrer en Égypte.

De retour en Égypte, Arsinoé épousa son propre frère utérin Ptolémée II, une pratique choquante pour les Grecs mais qui s'inscrivait dans la tradition des dieux égyptiens Osiris et Isis. Ce mariage lui valut le surnom de Philadelphe (« qui aime son frère ») et elle partagea ce titre avec son époux. Elle fut ainsi co-régente à part entière, figurant sur les monnaies aux côtés de son frère.

Arsinoé fut divinisée de son vivant — fait exceptionnel pour une femme dans le monde grec. Des temples lui furent consacrés de son vivant sous le nom de Philadelphe. Après sa mort en 269 av. J.-C., elle fut officiellement vénérée comme une déesse, et des prêtresses spéciales, les canéphores, portèrent son nom dans les cérémonies officielles d'Alexandrie.

Arsinoé joua un rôle décisif dans la politique navale ptolémaïque en Égée. On lui attribue l'impulsion donnée pour renforcer la flotte et étendre l'influence ptolémaïque sur les îles grecques, notamment lors de la première guerre de Syrie. Elle patronna également les poètes de la cour d'Alexandrie, dont Callimaque et Théocrite lui dédièrent des œuvres célèbres.

Sources primaires

Théocrite, Idylle XVII (Éloge de Ptolémée) (Vers 270 av. J.-C.)
« Il honore sa noble épouse plus qu'aucun autre homme n'a honoré la sienne ; elle aussi l'aime de tout son cœur, son frère et son époux. »
Callimaque, La Déification d'Arsinoé (fragment 228 Pfeiffer) (Vers 268-265 av. J.-C.)
Callimaque décrit l'apothéose d'Arsinoé, emportée au ciel par les Dioscures, et évoque la flamme sacrée qui brûla sur son bûcher funéraire.
Posidippe de Pella, Épigrammes (Papyrus de Milan, P.Mil.Vogl. VIII 309) (Vers 275-265 av. J.-C.)
Plusieurs épigrammes célèbrent Arsinoé comme protectrice des marins et des jeux équestres, vainqueure à Olympie avec ses chevaux.
Décret de Chremonidès (IG II² 686–687) (267/266 av. J.-C.)
Inscription athénienne mentionnant l'alliance entre Athènes et les Ptolémées, dans laquelle le rôle d'Arsinoé est sous-jacent à la politique ptolémaïque en Égée.

Galerie

Клеопатра VII

Клеопатра VII

Wikimedia Commons, Public domain — George Shuklin

AfroditaArsinoeIISigloIIIAC

AfroditaArsinoeIISigloIIIAC

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Rowanwindwhistler

Bronze head of a woman (Boston MFA 96.712) 01

Bronze head of a woman (Boston MFA 96.712) 01

Wikimedia Commons, CC BY 4.0 — Mark Landon

Bronze head of a woman (Boston MFA 96.712).

Bronze head of a woman (Boston MFA 96.712).

Wikimedia Commons, CC BY 4.0 — Mark Landon

Grandiorite Statue of Arsinoe II from Canopus

Grandiorite Statue of Arsinoe II from Canopus

Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Jean-Pierre Dalbéra

Macedonier und Ptolemäer (NYPL b14291191-44017)

Macedonier und Ptolemäer (NYPL b14291191-44017)

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Macedonier und Ptolemäer (NYPL b14291191-44017)

Macedonier und Ptolemäer (NYPL b14291191-44017)

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Fig. 65. Alessandro (Alexander the Great). Fig. 66. Filippo-Arrideo(Philip Arrhidaeus). Fig. 67. Tolomeo-Filadelfo (Ptolemy II Philadelphus). Fig. 68. Arsinoe. Fig. 69. Erkamon (Arqamani). (NYPL b1429

Fig. 65. Alessandro (Alexander the Great). Fig. 66. Filippo-Arrideo(Philip Arrhidaeus). Fig. 67. Tolomeo-Filadelfo (Ptolemy II Philadelphus). Fig. 68. Arsinoe. Fig. 69. Erkamon (Arqamani). (NYPL b1429

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Fig. 65. Alessandro (Alexander the Great). Fig. 66. Filippo-Arrideo(Philip Arrhidaeus). Fig. 67. Tolomeo-Filadelfo (Ptolemy II Philadelphus). Fig. 68. Arsinoe. Fig. 69. Erkamon (Arqamani). (NYPL b1429

Fig. 65. Alessandro (Alexander the Great). Fig. 66. Filippo-Arrideo(Philip Arrhidaeus). Fig. 67. Tolomeo-Filadelfo (Ptolemy II Philadelphus). Fig. 68. Arsinoe. Fig. 69. Erkamon (Arqamani). (NYPL b1429

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Arsinoe II Philadelphos Deified as Goddess Isis-Selene, Egyptian Marble, 3rd c. BC (27684719553)

Arsinoe II Philadelphos Deified as Goddess Isis-Selene, Egyptian Marble, 3rd c. BC (27684719553)

Wikimedia Commons, CC0 — Gary Todd from Xinzheng, China

Voir aussi