Aspasie(469 av. J.-C. — 399 av. J.-C.)

Aspasie

7 min de lecture

LettresPhilosophiePhilosopheAvant J.-C.Grèce antique classique (Ve siècle av. J.-C.), âge d'or d'Athènes sous Périclès

Née à Milet vers 470 av. J.-C., Aspasie fut la compagne de Périclès et une figure intellectuelle majeure d'Athènes. Reconnue pour son éloquence et sa maîtrise de la rhétorique, elle tint un salon philosophique fréquenté par Socrate, Platon et les grands esprits de son époque.

Questions fréquentes

Aspasie (vers 470-399 av. J.-C.) était une étrangère de Milet, compagne de Périclès, le stratège qui a fait d'Athènes la cité la plus puissante de Grèce. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle n'était pas une simple épouse : reconnue pour sa maîtrise de la rhétorique et de la philosophie, elle tenait un salon intellectuel où se pressaient Socrate, Phidias et les grands esprits de l'époque. Moins une femme d'influence qu'une véritable actrice de la vie politique et culturelle, elle a marqué son temps par son intelligence et son éloquence, comme le rapporte Plutarque.

Faits marquants

  • Née vers 470 av. J.-C. à Milet, cité grecque d'Ionie
  • Compagne de Périclès, homme d'État athénien, à partir des années 450 av. J.-C.
  • Tint un salon intellectuel fréquenté par Socrate, Anaxagore et d'autres philosophes
  • Citée par Platon dans le Ménexène comme maîtresse en rhétorique de Socrate
  • Statut d'étrangère (métoïque) à Athènes, lui interdisant les droits civiques réservés aux citoyens

Œuvres & réalisations

Oraison funèbre (attribuée par Platon) (431 av. J.-C.)

Dans le 'Ménexène', Platon fait dire à Socrate qu'Aspasie aurait composé l'oraison funèbre prononcée par Périclès au début de la guerre du Péloponnèse. Ce discours, chef-d'œuvre de la rhétorique antique, célèbre les vertus de la démocratie athénienne.

Salon philosophique d'Aspasie (vers 445-429 av. J.-C.)

Aspasie anima pendant deux décennies un espace de discussion intellectuelle unique, réunissant Socrate, Anaxagore, Phidias et les sophistes. Ce salon fut un lieu fondateur de la pensée philosophique et rhétorique occidentale.

Traité de rhétorique (perdu) (Ve siècle av. J.-C.)

Plusieurs auteurs antiques évoquent des écrits d'Aspasie sur la rhétorique et l'art de persuader. Ces œuvres sont perdues, mais leur influence transparaît dans les dialogues de Platon et les témoignages de Xénophon.

Enseignement de la dialectique à Socrate (vers 440-429 av. J.-C.)

Xénophon rapporte que Socrate lui-même recommandait Aspasie comme conseillère en matière politique et oratoire. Cette transmission intellectuelle de femme à homme constitue un fait exceptionnel dans l'Antiquité grecque.

Anecdotes

Aspasie fut la seule femme d'Athènes à être citée par Socrate comme l'une de ses maîtresses en rhétorique. Dans le dialogue 'Ménexène' de Platon, Socrate attribue à Aspasie la composition de l'oraison funèbre que Périclès prononça pour les soldats morts à la guerre — un texte considéré comme l'un des plus grands discours de l'Antiquité.

En 432 av. J.-C., Aspasie fut traînée devant les tribunaux athéniens, accusée d'impiété (asebeia) par les ennemis politiques de Périclès. Selon Plutarque, Périclès plaida lui-même sa cause avec une émotion si rare qu'il en versa des larmes devant les juges — attitude inhabituelle pour un homme politique de son rang. Elle fut finalement acquittée.

Bien qu'étrangère (metic de Milet), Aspasie tenait à Athènes un salon intellectuel où se réunissaient Socrate, Phidias et les plus grands esprits de l'époque. Cette anomalie sociale — une femme dirigeant des discussions philosophiques avec les hommes les plus puissants de la cité — fit scandale et inspira plusieurs comédies satiriques, notamment d'Aristophane.

Aspasie et Périclès ne pouvaient pas se marier légalement : une loi de 451 av. J.-C., que Périclès lui-même avait fait voter, réservait la citoyenneté athénienne aux enfants nés de deux parents citoyens. Leur fils, Périclès le Jeune, fut déclaré illégitime avant qu'une exception spéciale soit accordée par l'Assemblée après la mort des fils légitimes de Périclès pendant l'épidémie de peste.

Sources primaires

Ménexène — Platon (vers 386 av. J.-C.)
C'est Aspasie de Milet qui me l'a enseigné. Elle m'a composé bien des discours de ce genre, et notamment celui qu'elle prépara pour Périclès, quand elle crut qu'il aurait à en prononcer un.
Vie de Périclès — Plutarque (vers 100 ap. J.-C.)
Aspasie fut, dit-on, fort estimée de Périclès pour sa sagesse et son habileté politique. Socrate venait quelquefois la voir avec ses disciples, et ses intimes amenaient leurs femmes pour l'entendre, quoiqu'elle exerçât un métier qui n'était ni honnête ni décent.
Mémorables — Xénophon (vers 370 av. J.-C.)
Socrate dit : 'Je connais une femme, Aspasie, qui te donnera de meilleurs conseils que moi sur ce sujet.' [...] Elle comprenait mieux que bien des hommes les affaires politiques.
Acharniens — Aristophane (425 av. J.-C.)
Ce sont des jeunes gens ivres qui, allant à Mégare, enlèvent la courtisane Simétha. Les Mégariens, piqués au vif, enlèvent à leur tour deux filles d'Aspasie. C'est de là que naquit la guerre pour trois catins.

Lieux clés

Milet (Ionie, Turquie actuelle)

Ville natale d'Aspasie, Milet était une cité grecque d'Asie Mineure réputée pour sa culture et son ouverture intellectuelle. C'est là qu'Aspasie reçut une éducation exceptionnelle pour une femme de son époque.

Athènes — Agora

Cœur politique et commercial d'Athènes, l'Agora était l'espace où se déroulaient les débats publics. Socrate y enseignait, et les idées discutées dans le salon d'Aspasie y trouvaient un écho direct.

Maison d'Aspasie et Périclès — Athènes

Résidence de Périclès et d'Aspasie dans Athènes, lieu de son célèbre salon philosophique où se réunissaient Socrate, Phidias, Anaxagore et les grands esprits de l'âge d'or athénien.

Acropole d'Athènes

Symbole de la puissance athénienne sous Périclès, l'Acropole fut réaménagée avec le Parthénon durant la vie d'Aspasie. Phidias, l'architecte du Parthénon, était un intime de son cercle intellectuel.

Tribunal populaire d'Athènes (Héliée)

C'est devant ce tribunal que fut jugée Aspasie en 432 av. J.-C., accusée d'impiété. Son procès illustre les tensions entre liberté intellectuelle et conservatisme politique dans la démocratie athénienne.

Voir aussi