Aspasie
Aspasie
469 av. J.-C. — 399 av. J.-C.
Née à Milet vers 470 av. J.-C., Aspasie fut la compagne de Périclès et une figure intellectuelle majeure d'Athènes. Reconnue pour son éloquence et sa maîtrise de la rhétorique, elle tint un salon philosophique fréquenté par Socrate, Platon et les grands esprits de son époque.
Faits marquants
- Née vers 470 av. J.-C. à Milet, cité grecque d'Ionie
- Compagne de Périclès, homme d'État athénien, à partir des années 450 av. J.-C.
- Tint un salon intellectuel fréquenté par Socrate, Anaxagore et d'autres philosophes
- Citée par Platon dans le Ménexène comme maîtresse en rhétorique de Socrate
- Statut d'étrangère (métoïque) à Athènes, lui interdisant les droits civiques réservés aux citoyens
Œuvres & réalisations
Dans le 'Ménexène', Platon fait dire à Socrate qu'Aspasie aurait composé l'oraison funèbre prononcée par Périclès au début de la guerre du Péloponnèse. Ce discours, chef-d'œuvre de la rhétorique antique, célèbre les vertus de la démocratie athénienne.
Aspasie anima pendant deux décennies un espace de discussion intellectuelle unique, réunissant Socrate, Anaxagore, Phidias et les sophistes. Ce salon fut un lieu fondateur de la pensée philosophique et rhétorique occidentale.
Plusieurs auteurs antiques évoquent des écrits d'Aspasie sur la rhétorique et l'art de persuader. Ces œuvres sont perdues, mais leur influence transparaît dans les dialogues de Platon et les témoignages de Xénophon.
Xénophon rapporte que Socrate lui-même recommandait Aspasie comme conseillère en matière politique et oratoire. Cette transmission intellectuelle de femme à homme constitue un fait exceptionnel dans l'Antiquité grecque.
Anecdotes
Aspasie fut la seule femme d'Athènes à être citée par Socrate comme l'une de ses maîtresses en rhétorique. Dans le dialogue 'Ménexène' de Platon, Socrate attribue à Aspasie la composition de l'oraison funèbre que Périclès prononça pour les soldats morts à la guerre — un texte considéré comme l'un des plus grands discours de l'Antiquité.
En 432 av. J.-C., Aspasie fut traînée devant les tribunaux athéniens, accusée d'impiété (asebeia) par les ennemis politiques de Périclès. Selon Plutarque, Périclès plaida lui-même sa cause avec une émotion si rare qu'il en versa des larmes devant les juges — attitude inhabituelle pour un homme politique de son rang. Elle fut finalement acquittée.
Bien qu'étrangère (metic de Milet), Aspasie tenait à Athènes un salon intellectuel où se réunissaient Socrate, Phidias et les plus grands esprits de l'époque. Cette anomalie sociale — une femme dirigeant des discussions philosophiques avec les hommes les plus puissants de la cité — fit scandale et inspira plusieurs comédies satiriques, notamment d'Aristophane.
Aspasie et Périclès ne pouvaient pas se marier légalement : une loi de 451 av. J.-C., que Périclès lui-même avait fait voter, réservait la citoyenneté athénienne aux enfants nés de deux parents citoyens. Leur fils, Périclès le Jeune, fut déclaré illégitime avant qu'une exception spéciale soit accordée par l'Assemblée après la mort des fils légitimes de Périclès pendant l'épidémie de peste.
Sources primaires
C'est Aspasie de Milet qui me l'a enseigné. Elle m'a composé bien des discours de ce genre, et notamment celui qu'elle prépara pour Périclès, quand elle crut qu'il aurait à en prononcer un.
Aspasie fut, dit-on, fort estimée de Périclès pour sa sagesse et son habileté politique. Socrate venait quelquefois la voir avec ses disciples, et ses intimes amenaient leurs femmes pour l'entendre, quoiqu'elle exerçât un métier qui n'était ni honnête ni décent.
Socrate dit : 'Je connais une femme, Aspasie, qui te donnera de meilleurs conseils que moi sur ce sujet.' [...] Elle comprenait mieux que bien des hommes les affaires politiques.
Ce sont des jeunes gens ivres qui, allant à Mégare, enlèvent la courtisane Simétha. Les Mégariens, piqués au vif, enlèvent à leur tour deux filles d'Aspasie. C'est de là que naquit la guerre pour trois catins.
Galerie

Aviat - Portrait de Madame Aspasie Caron (1893)
Wikimedia Commons, Public domain — Jules-Charles Aviat

French: Portrait de jeune femme assise sur un sofa violetlabel QS:Lfr,"Portrait de jeune femme assise sur un sofa violet"
Wikimedia Commons, Public domain — Attributed to Antoine Vestier / Formerly attributed to Jean-Laurent Mosnier

French: Portrait de jeune femme debout, à mi-corpslabel QS:Lfr,"Portrait de jeune femme debout, à mi-corps"
Wikimedia Commons, Public domain — Attributed to Antoine Vestier

French: Portrait d'un prince de la Maison de Bourbon, en bustelabel QS:Lfr,"Portrait d'un prince de la Maison de Bourbon, en buste"
Wikimedia Commons, Public domain — Unidentified painter

1Alcibiade 2 Pericles 3 Alexandre 4 Aspasie - Pouqueville François Charles Hugues Laurent - 1835
Wikimedia Commons, Public domain — François Pouqueville
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivans
Wikimedia Commons, Public domain — Société des artistes français. Salon Académie royale de peinture et de sculpture (France) Salon (Exhibition : Paris
