Audre Lorde
Audre Lorde
1934 — 1992
États-Unis
Audre Lorde (1934-1992) est une poétesse, essayiste et militante américaine, figure majeure du féminisme noir et des luttes pour les droits civiques. Elle a théorisé l'intersectionnalité avant le terme, défendant les droits des femmes noires, des personnes LGBT et des opprimés.
Citations célèbres
« Il n'y a pas de hiérarchie dans l'oppression. »
« Vos silences ne vous protégeront pas. »
« La poésie n'est pas un luxe. »
Faits marquants
- 1934 : naissance à New York de parents caribéens immigrés de la Grenade
- 1968 : publication de son premier recueil de poèmes, The First Cities
- 1977 : discours fondateur « Poetry Is Not a Luxury » au Modern Language Association
- 1980 : publication de The Cancer Journals, récit de sa lutte contre le cancer du sein
- 1992 : décès à Saint-Croix (îles Vierges américaines) des suites d'un cancer
Œuvres & réalisations
Premier recueil de poèmes d'Audre Lorde, remarqué par sa sobriété lyrique et sa profondeur émotionnelle. Il marque son entrée officielle dans le paysage littéraire afro-américain.
Recueil de poèmes considéré comme son premier grand succès critique national, publié par Norton. Le titre renvoie à sa noirceur assumée — 'I / Is the total black, being spoken' — et à son affirmation identitaire radicale.
Recueil de 68 poèmes puisant dans la mythologie yoruba et les figures de déesses africaines. Unanimement salué comme son chef-d'œuvre poétique, il opère une fusion entre spiritualité africaine et féminisme noir.
Récit autobiographique sur son combat contre le cancer du sein et son refus de dissimuler sa mastectomie. Texte fondateur de la littérature féministe sur le corps, la maladie et la résistance.
Œuvre hybride entre autobiographie et roman, retraçant son enfance à Harlem, sa sexualité et son identité. Lorde invente le terme 'biomythography' pour qualifier ce genre nouveau mêlant histoire personnelle et mythe collectif.
Recueil d'essais et discours fondamentaux du féminisme noir intersectionnel, dont 'The Master's Tools Will Never Dismantle the Master's House'. Texte de référence dans les études de genre, postcoloniales et afro-américaines.
Journal et essais rédigés pendant son combat contre le cancer du foie, prix National Book Award 1989. Témoignage sur la vie, la mort et la résistance, Lorde y poursuit sa réflexion sur le corps politique.
Anecdotes
Audre Lorde est née le 18 février 1934 à New York de parents immigrés de Grenade. Sa mère, qui avait une vue très faible, lui apprit à lire très tôt en lui montrant des mots dans des livres illustrés. Lorde raconta plus tard qu'elle communiquait enfant en récitant des poèmes appris par cœur, faute de trouver ses propres mots.
En 1968, Audre Lorde participa au Negro Writers Conference à Fisk University, où elle rencontra des figures majeures de la littérature afro-américaine. Cet événement la convainquit définitivement que son travail poétique était indissociable de son engagement politique et de son identité de femme noire.
En 1980, Audre Lorde fut diagnostiquée d'un cancer du sein. Plutôt que de dissimuler sa mastectomie derrière une prothèse, elle refusa de le faire et publia 'The Cancer Journals', témoignage poignant sur la maladie, le corps féminin et la résistance. Ce choix militant lui valut de nombreuses critiques, mais aussi une immense admiration.
En 1984, lors d'une conférence en Allemagne de l'Ouest, Audre Lorde rencontra des femmes afro-allemandes qui ignoraient l'existence d'une communauté noire dans leur pays. Elle les encouragea à écrire leurs propres histoires, donnant naissance au mouvement Afro-Deutsch et à l'ouvrage collectif 'Farbe bekennen' (1986).
Audre Lorde fut nommée Poète Lauréate de l'État de New York en 1991, l'une des premières femmes noires à recevoir cet honneur. Elle mourut en 1992 à Saint-Croix (îles Vierges américaines), ayant adopté le nom africain Gamba Adisa — 'Guerrière, celle qui fait clairement entendre sa voix'.
Sources primaires
For the master's tools will never dismantle the master's house. They may allow us temporarily to beat him at his own game, but they will never enable us to bring about genuine change.
I had to examine, in my dreams as well as in my immune-function tests, the devastating effects of overextension. Physically and psychically, the cancer had already begun its battle with me.
I have come to believe over and over again that what is most important to me must be spoken, made verbal and shared, even at the risk of having it bruised or misunderstood.
How do you spell change, like frfringe? It was my first, and I took pride in my ability to sound out words, at four years old.
For women, then, poetry is not a luxury. It is a vital necessity of our existence. It forms the quality of the light within which we predicate our hopes and dreams toward survival and change.
Galerie
Wandmalerei Manteuffelstr 42 (Kreuz) Entdeckung und Eroberung Südamerikas 1998
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — OTFW, Berlin
Mural Manteuffelstr 39 (Kreuz) Berlin not for sale&Pappsatt&2014
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — OTFW, Berlin


