Baldr

Baldr

MythologieMoyen ÂgeMythologie nordique, transmise oralement par les peuples scandinaves puis fixée par écrit aux XIIe-XIIIe siècles (Eddas islandaises)

Dieu nordique de la lumière et de la bonté, fils d'Odin et de Frigg. Sa mort tragique, orchestrée par Loki à l'aide d'une flèche de gui, annonce le Ragnarök. Il incarne l'innocence sacrifiée et la promesse d'un monde renouvelé.

Faits marquants

  • Fils d'Odin et de Frigg, Baldr est le dieu le plus beau et le plus aimé d'Asgard
  • Frigg fit jurer à tous les êtres de ne jamais blesser Baldr, oubliant le gui
  • Loki guida la main de l'aveugle Höðr qui lança une flèche de gui, tuant Baldr
  • Sa mort précipite la descente aux enfers (Hel) et annonce le Ragnarök
  • Les prophéties des Eddas promettent son retour pour régner sur un monde régénéré après le Ragnarök

Œuvres & réalisations

Völuspá (La prophétie de la voyante) (vers Xe-XIe siècle)

Poème eddique majeur qui inclut la prophétie de la mort de Baldr comme signe annonciateur du Ragnarök. C'est l'une des sources les plus anciennes et les plus poétiques sur ce dieu.

Baldrs draumar (Les rêves de Baldr) (vers Xe-XIe siècle)

Court poème eddique dans lequel Odin interroge une völva morte pour connaître la signification des rêves troublants de son fils, révélant sa mort prochaine orchestrée par Loki.

Gylfaginning — Edda en prose (Snorri Sturluson) (vers 1220)

Version la plus complète et la plus connue du mythe de Baldr, racontant en détail sa vie, sa mort et ses funérailles grandioses sur le navire Hringhorni.

Gesta Danorum (Saxo Grammaticus) (vers 1200)

Version latine et eurhémérisée du mythe, présentant Baldr comme un prince guerrier danois. Offre une lecture alternative influencée par la culture chevaleresque médiévale.

Lokasenna (La querelle de Loki) (vers XIe-XIIe siècle)

Poème eddique où Loki raille les dieux lors d'un banquet et évoque sa responsabilité dans la mort de Baldr. Source précieuse sur les relations conflictuelles au sein du panthéon nordique.

Ynglinga saga (Snorri Sturluson) (vers 1230)

Texte en prose reprenant la généalogie des dieux nordiques et mentionnant Baldr parmi les Ases. Complète le tableau mythologique de la famille d'Odin et de leur destin tragique.

Anecdotes

Frigg, la mère de Baldr, terrifiée par les rêves prémonitoires de son fils, parcourut le monde entier pour obtenir le serment de chaque être, chaque plante et chaque minéral de ne jamais blesser Baldr. Elle oublia le gui, jugé trop jeune et inoffensif. Ce détail anodin allait sceller le destin du dieu de la lumière.

Après que Baldr fut déclaré invulnérable, les dieux s'amusèrent à lui lancer toutes sortes de projectiles lors de fêtes à Asgard : lances, épées et pierres ricochaient sur lui sans lui causer le moindre mal. Ce jeu devint un divertissement favori des Ases, jusqu'au jour fatal où Loki s'en mêla.

Loki, le dieu rusé et malveillant, découvrit le secret du gui en se déguisant en vieille femme auprès de Frigg. Il tailla une flèche de gui et la donna à Höðr, le dieu aveugle, en guidant son bras pour qu'il la lance vers Baldr. Baldr tomba mort sur-le-champ, plongeant Asgard dans un deuil immense.

Pour ramener Baldr des Enfers, le dieu Hermóðr monta Sleipnir, le cheval à huit pattes d'Odin, et chevaucha neuf jours et neuf nuits à travers des vallées sombres pour atteindre le royaume de Hel. La déesse des morts accepta de libérer Baldr à une seule condition : que toutes les créatures du monde pleurent sa mort.

Toutes les créatures, tous les arbres et toutes les pierres se mirent à pleurer pour Baldr — sauf une géante nommée Þökk, qui refusa en disant qu'il ne lui avait jamais rien apporté. C'était Loki déguisé. Ainsi Baldr demeura aux Enfers jusqu'après le Ragnarök, quand il reviendrait régner sur un monde renouvelé.

Sources primaires

Edda en prose — Gylfaginning (La mystification de Gylfi), Snorri Sturluson (vers 1220)
Baldr le bon est le meilleur de tous, et tous le louent. Il est si beau et si brillant qu'une lumière rayonne de lui. Il est le plus sage des Ases, le plus éloquent et le plus miséricordieux, et sa nature est telle que rien d'impur ne peut subsister en lui.
Völuspá (La prophétie de la voyante), Edda poétique (vers Xe-XIe siècle, compilé vers 1270 (Codex Regius))
J'ai vu pour Baldr, le dieu sanglant, le fils d'Odin, son destin fixé : plus haut que les plaines dressait le gui, svelte et beau, qui devint une arme dangereuse.
Baldrs draumar (Les rêves de Baldr), Edda poétique (vers Xe-XIe siècle)
Les Ases se rassemblèrent en conseil, et les Asynjur tinrent leurs assemblées, pour décider pourquoi Baldr avait des rêves si lourds de présages funestes.
Gesta Danorum (Les Actes des Danois), Saxo Grammaticus (vers 1200)
Balderus et Høtherus, rivaux pour la belle Nanna, s'affrontèrent dans de nombreuses batailles. Høtherus finit par blesser mortellement Balderus avec une épée magique dérobée à un être surnaturel.

Lieux clés

Breiðablik — Demeure de Baldr (Asgard, mythique)

Palais céleste de Baldr dans le royaume des dieux, décrit comme le plus lumineux et le plus pur d'Asgard. Selon l'Edda, aucune chose souillée ne peut en franchir le seuil.

Hel — Royaume des morts (monde souterrain, mythique)

Après sa mort, Baldr fut conduit au royaume de Hel, gouverné par la déesse éponyme fille de Loki. C'est depuis ce lieu qu'il attend le Ragnarök pour revenir régner sur un monde renouvelé.

Uppsala, Suède

Grand centre religieux de la Scandinavie médiévale où s'effectuaient des sacrifices aux dieux nordiques. Le temple décrit par Adam de Brême vers 1070 témoigne de la vivacité du culte des Ases dont Baldr faisait partie.

Reykholt, Islande

Ferme islandaise de Snorri Sturluson où fut rédigée l'Edda en prose vers 1220, principale source du mythe de Baldr. Aujourd'hui centre de recherche sur la culture médiévale nordique.

Gjallarbru — Le pont vers Hel (mythique)

Pont que Hermóðr franchit à dos de Sleipnir pour rejoindre le royaume des morts et plaider la cause de Baldr auprès de la déesse Hel. Il est gardé par la géante Móðguðr.

Voir aussi