Bartolina Sisa est une figure héroïque du peuple aymara, épouse de Túpac Katari. Vers 1781-1782, elle co-dirige le siège de La Paz contre les forces coloniales espagnoles. Capturée, elle est exécutée par les Espagnols en 1782 et est aujourd'hui vénérée comme symbole de la résistance indigène en Bolivie.
Bartolina Sisa(1750 — 1782)
Bartolina Sisa
vice-royauté du Pérou
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1750 : naissance de Bartolina Sisa dans le peuple aymara, en Haute-Pérou (actuelle Bolivie) — date transmise par tradition orale
- 1781 : avec son époux Túpac Katari, elle co-organise et dirige le siège de La Paz contre les autorités coloniales espagnoles
- Janvier-octobre 1781 : le siège dure plusieurs mois et mobilise des dizaines de milliers d'Indiens aymara
- Juillet 1781 : capturée par les Espagnols, elle est emprisonnée et torturée
- 5 septembre 1782 : exécutée publiquement par les autorités coloniales à La Paz
Œuvres & réalisations
Bartolina Sisa co-commande avec Túpac Katari un siège de 109 jours sur la ville coloniale de La Paz, mobilisant jusqu'à 40 000 combattants aymaras. C'est l'un des plus grands soulèvements indigènes de l'histoire coloniale américaine.
Bartolina Sisa structure un réseau de femmes responsables du ravitaillement, du renseignement et de la transmission des messages entre les différents fronts de la rébellion, rôle stratégique essentiel mais longtemps sous-estimé par l'historiographie.
Après l'exécution de son mari, Bartolina Sisa continue à incarner symboliquement la résistance aymara depuis sa prison, refusant de livrer des informations sur les réseaux insurgés malgré les pressions espagnoles.
La Fédération nationale des femmes paysannes indigènes originaires de Bolivie 'Bartolina Sisa' est fondée en son honneur, devenant l'une des plus importantes organisations féminines indigènes d'Amérique latine.
Le 5 septembre, date de son exécution, est adopté comme Journée internationale de la femme indigène lors du IIe Congrès de la CONAIE, faisant de Bartolina Sisa une figure de référence internationale du féminisme autochtone.
Anecdotes
Bartolina Sisa ne se contentait pas d'un rôle secondaire : elle commandait elle-même des troupes lors du siège de La Paz en 1781, organisant les ravitaillements et coordonnant les mouvements des combattants aymaras depuis les hauteurs de l'Altiplano. Les chroniques coloniales espagnoles mentionnent avec étonnement une femme dirigeant des milliers d'hommes au combat.
Capturée par les Espagnols en janvier 1782, Bartolina Sisa fut promenée dans les rues de La Paz vêtue d'une couronne d'épines et de symboles de royauté indigène pour humilier les insurgés. Loin de briser la résistance, ce défilé força la population aymara à se souvenir d'elle comme d'une martyre et d'une reine.
Bartolina Sisa et son mari Túpac Katari formaient un duo de commandement exceptionnel : lui dirigeait les troupes au nord de La Paz, elle tenait le front sud avec ses propres contingents. Cette division tactique permit au soulèvement de maintenir un blocus de plusieurs mois sur la ville coloniale.
Le 5 septembre 1782, Bartolina Sisa fut exécutée dans des conditions particulièrement brutales destinées à terroriser la population indigène. Mais cet acharnement colonial eut l'effet inverse : son nom devint un cri de ralliement pour les mouvements indigènes boliviens, et le 5 septembre est aujourd'hui la Journée internationale de la femme indigène.
Selon la tradition orale aymara, Bartolina Sisa portait lors des combats les vêtements traditionnels de sa communauté — la pollera et le chapeau — et refusait de se déguiser ou de dissimuler son identité indigène. Ce choix conscient de visibilité faisait d'elle un symbole vivant de fierté culturelle autant qu'une cheffe militaire.
Sources primaires
Les anciens des communautés aymaras de La Paz transmettent depuis des générations le souvenir de 'Kurusa Wara' (l'Étoile de la Croix), surnom donné à Bartolina Sisa, qui commandait les troupes avec une sagesse que les esprits de la Pachamama lui auraient accordée.
Las declaraciones de los testigos confirman que la dicha Bartolina, mujer de Julián Apaza alias Túpac Catari, ejercía mando efectivo sobre numerosas partidas de indios alzados en los cerros circundantes a la ciudad de La Paz.
El gobernador Segurola décrit dans ses rapports la double menace que représentait le couple insurgé : Katari au nord, et 'su mujer que governa los yndios del sur' avec une efficacité militaire redoutable pendant les 109 jours de siège.
Les jailli (chants de victoire et de mémoire) évoquent Bartolina comme 'la mère qui a nourri le feu de la rébellion', associant son sacrifice à celui de la Pachamama elle-même.
El Virrey informe que tras la captura y ejecución de Bartolina Sisa, cabecilla femenina de los sublevados, se esperaba el desmoronamiento definitivo de la insurrección aymara, siendo su influencia sobre los naturales considerada de primera magnitud.
Lieux clés
Ville natale présumée de Bartolina Sisa, dans la province d'Aroma sur l'Altiplano bolivien. C'est dans cette région que s'enracinent sa communauté aymara et les réseaux qui rendront possible le soulèvement.
Depuis ces hauteurs dominant la ville coloniale de La Paz, Bartolina Sisa commandait son front militaire lors du double siège de 1781. Ce terrain lui donnait un avantage tactique décisif sur les défenseurs espagnols en contrebas.
C'est sur cette place centrale de La Paz que Bartolina Sisa fut promenée enchaînée puis exécutée publiquement le 5 septembre 1782. Ce lieu de martyre est devenu un site de mémoire pour les mouvements indigènes boliviens.
L'ensemble du plateau andin autour du lac Titicaca constituait le territoire culturel et politique des peuples aymaras. C'est dans cet espace immense que se déployaient les réseaux de résistance et de communication des insurgés.
C'est à Peñas, non loin de La Paz, que Túpac Katari fut capturé et écartelé en novembre 1781. Bartolina Sisa, encore prisonnière, dut apprendre la mort de son mari avant sa propre exécution quelques mois plus tard.
Objets typiques

La robe traditionnelle aymara à larges jupons superposés et le châle coloré constituaient la tenue quotidienne de Bartolina. Elle refusait de les abandonner même au combat, faisant de ses vêtements un acte de résistance identitaire.

La chuspa est un petit sac tissé servant à transporter les feuilles de coca, essentielles dans la culture aymara pour les rituels, la résistance à l'altitude et les échanges commerciaux. La famille de Bartolina était commerçante de coca.

La fronde, arme ancestrale des Andes, était l'une des armes principales des combattants aymaras lors du siège de La Paz. Les femmes comme les hommes l'utilisaient pour lancer des pierres sur les forces espagnoles depuis les hauteurs.

Le drapeau aux couleurs en damier représentant les peuples andins était l'étendard sous lequel combattaient les troupes de Bartolina Sisa et Túpac Katari. Il est aujourd'hui drapeau officiel de l'État plurinational de Bolivie.

Avant les combats, des offrandes étaient déposées à la Pachamama (Terre-Mère) pour demander protection et victoire. Bartolina, en tant que cheffe, présidait ces rituels qui soudaient spirituellement les combattants.

Bartolina et son mari utilisaient leur réseau de commerce de feuilles de coca comme couverture pour organiser la résistance, transmettre des messages et financer le soulèvement à travers l'Altiplano.
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Vie quotidienne
Matin
Bartolina se lève avant l'aube dans le froid de l'Altiplano (3 600 m d'altitude), effectue une brève prière à la Pachamama et mâche des feuilles de coca pour combattre l'altitude et le froid. Elle supervise l'organisation des contingents féminins chargés du ravitaillement en vivres et en eau avant que les combattants ne prennent leurs positions.
Après-midi
Elle parcourt à pied ou à dos de lama les positions de son front sud, échangeant des informations avec les responsables de secteur en langue aymara. Elle dirige les assemblées (ayllus) où les décisions collectives sont prises selon la tradition communautaire andine, et transmet les ordres coordonnés avec le front de Túpac Katari au nord.
Soir
Le soir, au bivouac sur les hauteurs dominant La Paz, Bartolina préside les rituels collectifs d'offrande à la Pachamama pour demander protection et victoire. Elle écoute les rapports des éclaireurs et planifie les mouvements du lendemain à la lueur des feux de camp, veillant aussi sur les blessés soignés par les femmes de la communauté.
Alimentation
L'alimentation de base est celle de l'Altiplano : chuño (pommes de terre lyophilisées au gel andin), quinoa et kiwicha en bouillie, viande de lama séchée (charqui), herbes aromatiques andines et feuilles de coca mastiquées en permanence pour résister à l'altitude et à l'effort physique. Pendant le siège, les vivres se raréfient et la résistance souffre des mêmes pénuries que la ville assiégée.
Vêtements
Bartolina porte les vêtements traditionnels aymaras au quotidien : une pollera (jupe ample à plusieurs couches superposées) en laine de lama aux couleurs vives, une manta (châle carré) fixée d'une épingle sur la poitrine, et un chapeau à bords plats. Ses pieds sont chaussés de sandales en cuir (ushutas) adaptées au terrain rocheux de l'Altiplano.
Habitat
Pendant le siège, Bartolina vit dans des abris de campagne sur les crêtes entourant La Paz — tentes en laine de lama ou huttes de pierres sèches provisoires. En temps normal, l'habitat aymara est une maison basse en adobe (briques de terre crue séchée) à toit de chaume, organisée autour d'un espace collectif communautaire (ayllu).
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style épique mêlant l'iconographie textile aymara traditionnelle (wiphala, couleurs vives des tisserandes) à la peinture murale latino-américaine, avec une femme indigène fière sur fond d'Altiplano dramatique.
Ambiance sonore
Ambiance de l'Altiplano bolivien pendant le siège : vents andins, tambours de guerre aymaras, pututos cérémoniels et rumeur des camps insurgés sur les hauteurs entourant La Paz coloniale.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Co-direction du siège de La Paz (1781)
Mars — Octobre 1781
Organisation du réseau de résistance féminin aymara
1780-1782
Maintien de la résistance après la capture de Túpac Katari
Novembre 1781 — Janvier 1782
Héritage : création de la Fédération Bartolina Sisa
1980
Héritage : Journée internationale de la femme indigène
1983






