Compositeur et chef de chœur allemand (1758-1832), directeur de la Sing-Akademie zu Berlin et professeur de Felix Mendelssohn. Ami intime de Goethe, il contribua au renouveau de la musique de Bach en Allemagne.
Carl Friedrich Zelter(1758 — 1832)
Carl Friedrich Zelter
royaume de Prusse
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1758 : naissance à Berlin
- 1800 : devient directeur de la Sing-Akademie zu Berlin
- Longue amitié épistolaire avec Goethe (plus de 800 lettres échangées)
- Professeur de Felix Mendelssohn, qu'il initie à l'œuvre de Bach
- 1832 : mort à Berlin, la même année que Goethe
Œuvres & réalisations
Zelter composa plus de deux cents mélodies sur des textes de Goethe, Schiller et d'autres poètes allemands. Ces Lieder, d'une grande simplicité expressive, furent des modèles admirés par Schubert et Mendelssohn.
En trente ans de direction, Zelter transforma la Sing-Akademie en l'une des meilleures institutions chorales d'Europe, portant l'effectif à plus de deux cents chanteurs et inscrivant Bach au cœur du répertoire.
Zelter créa la première Liedertafel, société de chant masculin associant musique, convivialité et patriotisme. Ce modèle essaima dans toute l'Allemagne et fut à l'origine du grand mouvement des sociétés chorales populaires du XIXe siècle.
À l'initiative de Zelter, le roi de Prusse approuva la création du premier conservatoire public de Berlin, destiné à former les musiciens d'église et les professeurs de musique du royaume.
La correspondance entre Zelter et Goethe, publiée après leur mort, constitue un document fondamental sur la vie musicale et intellectuelle de l'Allemagne classique et romantique.
Anecdotes
Avant de devenir musicien de renom, Zelter exerça le métier de maçon, comme son père. Il devint maître maçon et géra son entreprise tout en composant et dirigeant des chœurs à Berlin. Cette double vie d'artisan et de musicien fit de lui un homme respecté dans toutes les couches de la société berlinoise.
Zelter et Goethe entretinrent l'une des correspondances les plus célèbres de la littérature allemande : plus de 800 lettres échangées sur plus de trente ans, de 1796 jusqu'à la mort de Goethe en 1832. Zelter mourut lui-même quelques semaines après son ami, comme si la disparition du poète lui avait été fatale.
C'est Zelter qui reconnut en premier le génie du jeune Felix Mendelssohn, alors âgé d'une dizaine d'années, et le prit sous sa tutelle vers 1819. Il lui enseigna la composition et la direction chorale, puis le présenta personnellement à Goethe lors d'une visite mémorable à Weimar en 1821.
Zelter transmit à Mendelssohn sa passion pour la musique de Johann Sebastian Bach, alors largement oubliée du grand public. C'est en partie grâce à cet enseignement que Mendelssohn dirigea en 1829 la première reprise publique de la Passion selon saint Matthieu, événement considéré comme le point de départ du renouveau bachien en Europe.
En 1809, Zelter fonda la Liedertafel à Berlin, une société chorale masculine qui se réunissait autour d'un repas commun pour chanter, composer et débattre de musique. Ce modèle de table des chanteurs se répandit dans toute l'Allemagne et contribua à populariser le chant choral amateur au XIXe siècle.
Sources primaires
Zelter à Goethe, 22 octobre 1821 : « Il y a ici un garçon de douze ans, Felix Mendelssohn Bartholdy, mon meilleur élève. Si, comme je le pense, il vit et se développe, il deviendra certainement quelque chose de grand. »
« Tu restes pour moi un être unique. Quand je pense à ta façon de travailler, à ce que tu as fait de la Sing-Akademie, à la clarté que tu apportes dans tout ce que tu touches, je comprends pourquoi la musique te ressemble. »
« Sous la direction de M. Zelter, l'académie a réuni cette année plus de deux cents voix et présenté au public berlinois des œuvres de Graun, Haendel et J.-S. Bach dans une exécution digne des plus grandes institutions d'Europe. »
« Mon père était maçon et je le suis devenu aussi, non par contrainte, mais parce que le travail des mains m'a appris ce que l'art seul ne pouvait m'enseigner : la patience, la rigueur et le goût de la chose bien faite. »
« La musique ne peut remplir sa mission morale et civique que si l'État lui fournit les institutions nécessaires à la formation de ses serviteurs. Je sollicite humblement la création d'un institut de musique au service de l'Église et de la nation. »
Lieux clés
Institution chorale que Zelter dirigea de 1800 à sa mort et qu'il transforma en l'un des hauts lieux de la musique chorale européenne. C'est dans ses murs que furent redécouvertes et travaillées les grandes œuvres de Bach.
Zelter se rendit plusieurs fois à Weimar pour rendre visite à son ami Goethe. Ces séjours, ponctués de musique et de longues conversations philosophiques, nourrirent leur extraordinaire correspondance.
Zelter naquit, vécut et mourut à Berlin. Il y dirigea son entreprise de maçonnerie et y fonda la Liedertafel, faisant de la ville un centre du renouveau choral allemand au tournant du XIXe siècle.
École de musique fondée en 1822 à l'initiative de Zelter et avec l'approbation royale, destinée à former les musiciens d'église du royaume de Prusse. Elle constitua le premier établissement public d'enseignement musical à Berlin.
Objets typiques

Zelter exerça le métier de maçon une grande partie de sa vie et géra l'entreprise familiale. Ces outils symbolisent sa double identité d'artisan et d'artiste, rare et admirée à son époque.

Zelter composa des centaines de Lieder pour voix et piano sur des poèmes de Goethe et Schiller. Ses manuscrits, souvent offerts en cadeau, constituent un témoignage direct de l'intimité entre musique et poésie à Berlin.

Indispensable au chef de chœur pour accorder les voix, le diapason était l'outil quotidien de Zelter à la Sing-Akademie. Il permettait d'imposer un accord juste à des centaines de chanteurs amateurs.

Les quelque 800 lettres échangées avec Goethe constituent l'une des correspondances littéraires les plus célèbres d'Allemagne. Chaque lettre, soigneusement cachetée, voyageait par courrier postal entre Berlin et Weimar.

Zelter utilisait le forte-piano pour accompagner ses élèves et mettre en musique les poèmes de ses amis poètes. C'est autour de cet instrument qu'il donna ses leçons au jeune Felix Mendelssohn.

En tant que directeur, Zelter tenait scrupuleusement les registres des chanteurs, des répétitions et des concerts. Ces archives, conservées à Berlin, témoignent de la rigueur administrative qu'il imposa à l'institution.
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Vie quotidienne
Matin
Zelter se levait tôt, habitude héritée de ses années d'artisan. Il commençait sa journée par la lecture et la rédaction de sa volumineuse correspondance, dont ses lettres à Goethe, avant de superviser les affaires courantes de la Sing-Akademie.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions à la Sing-Akademie zu Berlin, où il dirigeait chanteurs amateurs et professionnels avec une rigueur bienveillante. Il donnait également des leçons particulières de composition et de contrepoint, notamment au jeune Felix Mendelssohn.
Soir
Les soirées de Zelter se passaient souvent dans les salons berlinois où musique, philosophie et politique se mêlaient. Il participait régulièrement aux réunions de la Liedertafel, où hommes de lettres et musiciens se retrouvaient pour chanter et débattre autour d'un repas.
Alimentation
Zelter appréciait la cuisine roborative de la Prusse du XVIIIe siècle : viandes mijotées, charcuteries, pains compacts et bières locales. Ses lettres à Goethe mentionnent des repas partagés à Weimar, accompagnés du vin du Rhin que le poète affectionnait.
Vêtements
Zelter s'habillait à la mode bourgeoise berlinoise : redingote sombre, gilet, culotte puis pantalon long à partir des années 1800, cravate nouée haut. Sa tenue de chef de chœur, sobre et sérieuse, reflétait son souci constant d'autorité et de respectabilité.
Habitat
Zelter habitait à Berlin dans une maison confortable de bourgeois aisé, à la fois logement familial et espace de travail où il recevait ses élèves. Son cabinet de travail, bien fourni en partitions, livres et instruments, témoignait de sa vie double d'ancien artisan devenu intellectuel respecté.






