Catulle
Catulle
83 av. J.-C. — 53 av. J.-C.
Rome antique
Catulle est un poète lyrique latin de la République romaine, né vers 83 av. J.-C. à Vérone. Contemporain de César et Cicéron, il est l'auteur d'un recueil de 116 poèmes mêlant passion amoureuse, amitié et satire politique.
Citations célèbres
« Odi et amo. Quare id faciam, fortasse requiris. Nescio, sed fieri sentio et excrucior. »
« Da mi basia mille, deinde centum. »
« Vivamus, mea Lesbia, atque amemus. »
Faits marquants
- Né vers 83 av. J.-C. à Vérone (Gaule cisalpine), mort vers 53 av. J.-C.
- Auteur d'un recueil de 116 poèmes (carmina) transmis par un seul manuscrit médiéval
- Sa muse et passion, Clodia Metelli, est immortalisée sous le pseudonyme poétique 'Lesbie'
- Contemporain et adversaire poétique de César, qu'il attaque dans plusieurs épigrammes
- Introduit en latin des formes métriques grecques, notamment le mètre hendécasyllabe
Œuvres & réalisations
L'œuvre intégrale de Catulle telle que nous la connaissons, rassemblant poèmes lyriques brefs, épyllia mythologiques et épigrammes. Ce recueil, transmis par un seul manuscrit médiéval découvert à Vérone, est le fondement de toute la lyrique latine.
Cycle amoureux consacré à 'Lesbie', nom poétique de Clodia Metella. Ces poèmes tracent l'arc complet d'une passion : émerveillement, bonheur, trahison, rupture et désillusion.
Deux longs chants de mariage composés pour des cérémonies de l'aristocratie romaine, imitant la tradition grecque. Ils témoignent de la maîtrise de Catulle dans les formes poétiques longues et solennelles.
Épyllion mythologique de 408 vers, considéré comme le chef-d'œuvre de Catulle dans le grand genre. Il narre les noces du héros Pélée avec la déesse Thétis, avec une longue ekphrasis sur l'abandon d'Ariane par Thésée.
Poème frénétique en mètres galliambiques sur le mythe de Cybèle et de son prêtre Attis qui se mutile dans un accès de folie mystique. Œuvre unique par son rythme haletant et son intensité émotionnelle.
Série de poèmes mordants attaquant César, Mamurra et d'autres figures politiques de l'époque. Ils témoignent de la liberté de ton et du courage politique du poète face aux puissants.
Anecdotes
Catulle était éperdument amoureux d'une femme qu'il appelait 'Lesbie' dans ses poèmes — en réalité Clodia Metella, l'épouse d'un gouverneur romain. Leur relation tumultueuse et douloureuse lui inspira ses vers les plus célèbres, oscillant entre adoration absolue et haine brûlante.
Catulle n'hésitait pas à s'attaquer aux puissants de Rome dans ses épigrammes satiriques. Il railla Jules César lui-même dans plusieurs poèmes mordants — et César, loin de s'en offusquer durablement, aurait invité le poète à dîner pour se réconcilier avec lui.
Le poème le plus court et le plus célèbre de Catulle tient en deux vers latins : 'Odi et amo' ('Je hais et j'aime'). Cette formule paradoxale, qui exprime l'ambivalence des sentiments amoureux, est restée une des citations latines les plus connues de toute la littérature occidentale.
Catulle fit le voyage jusqu'en Bithynie (actuelle Turquie) dans la suite du gouverneur Memmius, espérant y faire fortune. Il en revint les mains vides, mais rapporta un poème sur son retour en barque jusqu'à sa villa de Sirmione, au bord du lac de Garde.
À la mort de son frère bien-aimé, décédé en Asie Mineure, Catulle écrivit l'un des poèmes funèbres les plus touchants de l'Antiquité. Il y évoque son voyage jusqu'à la tombe pour offrir les rites funèbres et lui dire un dernier adieu : 'Ave atque vale' ('Salut et adieu').
Sources primaires
Vivamus, mea Lesbia, atque amemus, / rumoresque senum severiorum / omnes unius aestimemus assis. ('Vivons, ma Lesbie, et aimons-nous, / et tous les murmures des vieillards trop sévères / n'en estimons qu'un sou.')
Odi et amo. Quare id faciam, fortasse requiris. / Nescio, sed fieri sentio et excrucior. ('Je hais et j'aime. Pourquoi ? tu me le demandes peut-être. / Je ne sais, mais je le sens ainsi et je souffre.')
Multas per gentes et multa per aequora vectus / advenio has miseras, frater, ad inferias. ('Porté à travers tant de peuples et tant de mers, / je viens, mon frère, pour ce triste office funèbre.')
Ille mi par esse deo videtur, / ille, si fas est, superare divos, / qui sedens adversus identidem te / spectat et audit. ('Il me semble l'égal d'un dieu, cet homme, / il surpasse les dieux si cela est permis, / lui qui, assis en face de toi, te regarde / et t'entend sans cesse.')
Lieux clés
Ville natale de Catulle en Gaule cisalpine, alors province romaine du nord de l'Italie. Il y possédait une propriété familiale et y retourna probablement plusieurs fois au cours de sa vie.
Villa familiale de Catulle sur une presqu'île du lac de Garde, célébrée dans le poème 31 comme 'gemme de presqu'îles et d'îles'. Des ruines romaines dites 'Grottes de Catulle' y sont encore visibles aujourd'hui.
Catulle vécut à Rome, fréquentant les cercles littéraires et mondains, les tavernes du Subure et les demeures aristocratiques du Palatin où vivait Clodia, son 'Lesbie'. C'est là qu'il composa la majeure partie de son œuvre.
Province romaine correspondant au nord-ouest de l'actuelle Turquie. Catulle y accompagna le gouverneur Memmius vers 57 av. J.-C., espérant s'enrichir ; il en revint déçu mais y visita la tombe de son frère décédé en Troade.
Région côtière d'Asie Mineure où mourut le frère de Catulle. C'est là que le poète se rendit pour accomplir les rites funèbres et prononcer son fameux 'Ave atque vale' (poème 101).
