Écrivaine et sculptrice salvadorienne, Consuelo Suncín est surtout connue comme l'épouse d'Antoine de Saint-Exupéry. Femme de lettres et artiste, elle inspira le personnage de la Rose dans Le Petit Prince.
Consuelo Suncín
Consuelo Suncín de Sandoval
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1901 à Armenia, au Salvador
- Épouse d'Antoine de Saint-Exupéry à partir de 1931
- Aurait inspiré le personnage de la Rose dans Le Petit Prince (1943)
- Publie ses mémoires Mémoires de la Rose en 2000 (à titre posthume)
- Décède en 1979 à Paris
Œuvres & réalisations
Récit autobiographique de Consuelo sur sa vie avec Saint-Exupéry, publié trente ans après sa mort. Ce témoignage unique éclaire la face intime du couple et la genèse du Petit Prince.
Consuelo pratique la sculpture tout au long de sa vie, notamment des bustes et des formes expressives. Son travail reste peu documenté mais témoigne d'un engagement artistique sincère.
Traduction anglaise de ses mémoires, publiée simultanément en Europe et aux États-Unis, qui révèle au grand public anglophone la personnalité de celle qui inspira la Rose.
Anecdotes
Consuelo Suncín rencontre Antoine de Saint-Exupéry à Buenos Aires en 1930, dans le salon de l'écrivain Benjamin Crémieux. Elle est alors veuve de son premier mari, l'écrivain guatémaltèque Enrique Gómez Carrillo. Saint-Exupéry, ébloui par sa personnalité volcanique et son charme salvadorien, la demande en mariage quelques semaines à peine après leur rencontre.
Leur mariage à Agay, en avril 1931, est aussi passionné que tumultueux. Consuelo est connue pour son tempérament imprévisible, ses colères soudaines et ses réconciliations tout aussi spectaculaires. C'est précisément cette nature capricieuse, exigeante et attachante qui inspire à Saint-Exupéry le personnage de la Rose dans Le Petit Prince, avec sa vanité, ses épines et son amour sincère.
Pendant l'exil new-yorkais du couple durant la Seconde Guerre mondiale (1941-1943), Consuelo fréquente les cercles artistiques et intellectuels de la ville. Elle y pratique la sculpture et tient un salon informel, recevant des peintres, des écrivains et des exilés européens. C'est dans cet appartement de la Beekman Place que Saint-Exupéry écrit et illustre Le Petit Prince.
Après la disparition de Saint-Exupéry le 31 juillet 1944, Consuelo consacre une grande partie de sa vie à préserver sa mémoire et à témoigner de leur histoire commune. Elle rédige ses mémoires, publiés à titre posthume en 2000 sous le titre Mémoires de la Rose, où elle raconte avec sincérité les joies et les déchirures d'un amour impossible à résumer.
Sources primaires
Il m'avait dit : 'Tu es ma Rose. Sans toi je ne suis rien, je ne peux rien écrire, rien vivre.' Et pourtant il partait toujours, vers le ciel, vers la guerre, vers d'autres femmes peut-être.
Tu es ma petite planète à moi. Je tourne autour de toi depuis que je t'ai vue la première fois dans ce salon de Buenos Aires. Je ne sais pas vivre sans te savoir quelque part sur terre.
Je dédie ce livre à Léon Werth quand il était petit garçon. Mais j'ai une excuse : cet adulte-là est le meilleur ami que j'ai dans le monde.
La femme qu'il aimait portait en elle une sorte de désordre lumineux, une façon d'entrer dans une pièce comme une tempête tropicale.
Lieux clés
Ville natale de Consuelo Suncín, dans l'ouest du Salvador. Ce terroir d'Amérique centrale marque profondément sa personnalité solaire et volcanique.
Lieu de la rencontre décisive entre Consuelo et Saint-Exupéry en 1930, dans le salon littéraire de Benjamin Crémieux. La ville est alors un carrefour intellectuel et artistique majeur.
Ville où le couple s'installe après leur mariage et où Consuelo s'intègre aux cercles artistiques de l'entre-deux-guerres, fréquentant peintres, écrivains et sculpteurs.
Lieu de l'exil du couple pendant la Seconde Guerre mondiale (1941-1944). C'est ici que Saint-Exupéry rédige Le Petit Prince et que Consuelo poursuit ses activités artistiques.
Lieu du mariage de Consuelo et Saint-Exupéry en avril 1931. Ce petit village de la Côte d'Azur marque le début officiel de leur union tumultueuse.
Objets typiques

Consuelo pratique la sculpture tout au long de sa vie ; ses ciseaux, ébauchoirs et spatules en terre sont ses compagnons de création, notamment lors de l'exil new-yorkais.

Comme beaucoup d'écrivains de son époque, Consuelo consigne ses pensées, ses impressions et les fragments de sa relation avec Saint-Exupéry dans des carnets qu'elle conserve précieusement.

La rose est le symbole intime du couple ; Saint-Exupéry l'immortalise dans Le Petit Prince comme métaphore de Consuelo, avec ses épines et sa beauté fragile.

Le courrier aérien est le lien vital entre Consuelo et Saint-Exupéry lors de leurs séparations fréquentes ; leurs lettres traversent l'Atlantique par avion, symbole de modernité à l'époque.

Consuelo fréquente les milieux artistiques parisiens et new-yorkais et peint ; un chevalet de peintre est un objet courant dans ses ateliers successifs.

Buenos Aires, lieu de leur rencontre, est la capitale du tango dans les années 1930 ; la musique latino-américaine accompagne les soirées animées que Consuelo organise.
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Vie quotidienne
Matin
Consuelo se lève tard, fidèle à la tradition des artistes et des intellectuels de son époque. Elle débute sa matinée par un café fort, parfois accompagné de fruits, et parcourt la correspondance arrivée la nuit — notamment les lettres de Saint-Exupéry lorsqu'il est en déplacement ou en mission.
Après-midi
Les après-midis sont consacrés à la création : la sculpture dans son atelier, quelques heures d'écriture dans ses carnets, ou la réception d'amis artistes et écrivains. À Paris comme à New York, elle anime des cercles informels où s'échangent idées, projets et nouvelles du front pendant la guerre.
Soir
Les soirées de Consuelo sont souvent animées et festives ; elle reçoit volontiers, adore la musique — tangos, jazz, mélodies latino-américaines — et les conversations tardives autour d'un verre. Lorsque Saint-Exupéry est présent, leurs dîners oscillent entre tendresse et disputes passionnées, jamais ordinaires.
Alimentation
Sa cuisine mêle les influences salvadoriennes de son enfance (haricots, maïs, fruits tropicaux) et la gastronomie française qu'elle adopte après son installation à Paris. Elle aime les repas conviviaux et généreux, arrosés de vin pour les soirées parisiennes.
Vêtements
Consuelo s'habille avec une élégance artistique et un peu fantaisiste, typique des femmes des milieux intellectuels parisiens des années 1930 : robes en soie ou en crêpe, châles colorés rappelant ses origines latines, bijoux artisanaux. Elle n'est jamais vraiment strictement à la mode, mais toujours remarquable.
Habitat
À Paris, le couple occupe divers appartements et hôtels particuliers dans les quartiers artistiques (Montparnasse, Saint-Germain). À New York, ils vivent dans un appartement de Beekman Place, élégant mais encombré de manuscrits, de blocs de terre à modeler et de dessins. L'espace de vie de Consuelo est toujours un mélange de désordre créatif et de charme Latin.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Un style Art déco teinté de surréalisme, mêlant la chaleur tropicale de l'Amérique centrale aux teintes argentées de Paris et de New York des années 1930-1940.
Ambiance sonore
Une atmosphère mêlant les salons littéraires parisiens de l'entre-deux-guerres, l'exil new-yorkais des années 1940 et les souvenirs de l'Amérique latine tropicale.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mémoires de la Rose
rédigé dans les années 1940-1970, publié posthume en 2000
Sculptures (œuvres non titrées)
années 1930-1970
The Tale of the Rose (version anglaise des Mémoires)
2000






