Count Basie(1904 — 1984)
Count Basie
États-Unis
9 min de lecture
William James Basie, dit Count Basie (1904-1984), est un pianiste, organiste et chef d'orchestre américain. Figure majeure du jazz, il dirige l'un des big bands les plus célèbres de l'histoire, contribuant à l'essor du swing dans les années 1930-1940.
Citations célèbres
« I don't dig that two-beat jive the New Orleans cats play, because it's all stiff and mechanical. »
« You've got to play it like you mean it. »
Faits marquants
- Né en 1904 à Red Bank (New Jersey), mort en 1984 à Hollywood (Floride)
- Fonde le Count Basie Orchestra à Kansas City en 1935
- Enregistre des classiques comme 'One O'Clock Jump' (1937) et 'Jumpin' at the Woodside' (1938)
- Remporte 9 Grammy Awards au cours de sa carrière
- Son orchestre reste l'un des rares big bands à continuer après la fin de l'âge d'or du swing
Œuvres & réalisations
Thème signature de l'orchestre de Count Basie, enregistré chez Decca Records. Ce morceau fondé sur un blues en si bémol devient l'un des titres de jazz les plus connus et les plus interprétés des années 1930-1940.
Composition emblématique du style Kansas City, construite sur des riffs répétitifs et une section rythmique implacable. Elle illustre parfaitement l'art du head arrangement collectif caractéristique de l'orchestre de Basie.
Enregistrement mettant en valeur le ténor Lester Young, considéré comme l'un des sommets de l'improvisation jazz de la fin des années 1930 et document sonore précieux du style Kansas City à son apogée.
Album enregistré pour Verve Records, dont le titre éponyme devient l'un des disques de jazz les plus vendus des années 1950. Basie y revisits un standard de Broadway avec l'élégance caractéristique de son grand orchestre.
Chef-d'œuvre du jazz pour grand orchestre, entièrement arrangé par Neal Hefti. Cet album redéfinit les possibilités du big band à l'ère du bebop et reste une référence incontournable de la discographie jazz.
Enregistrement live au Sands Hotel de Las Vegas, fruit de la collaboration entre Count Basie et Frank Sinatra. Ce disque illustre l'alliance parfaite entre le chant populaire américain et le swing du grand orchestre.
Anecdotes
William Basie reçoit son surnom de « Count » (comte) vers 1936, lorsqu'un animateur radio de Kansas City lui confère un titre de noblesse, à l'instar de Duke Ellington (le duc) et Earl Hines (le comte). Ce geste symbolique visait à élever son statut et à attirer l'attention du public national. Le surnom lui resta pour toute sa carrière.
En 1935, le critique et producteur John Hammond capte par hasard sur sa radio de voiture l'émission diffusée en direct depuis le Reno Club de Kansas City où jouait l'orchestre de Basie. Fasciné par ce son puissant et swinguant, il se rend à Kansas City pour voir le groupe en personne, puis facilite leur signature chez Decca Records en 1937, lançant leur carrière nationale.
Count Basie était célèbre pour son style pianistique minimaliste : là où d'autres pianistes jouaient des cascades de notes, il choisissait quelques notes parfaitement placées, laissant respirer la musique. Les critiques et ses propres musiciens soulignaient que son plus grand talent était de savoir ce qu'il ne fallait pas jouer, créant ainsi un espace où le grand orchestre pouvait s'exprimer pleinement.
Le titre emblématique « One O'Clock Jump » fut créé presque par accident lors d'une émission en direct : un animateur radio demanda à Basie de donner un nom au morceau qu'il improvisait. Regardant l'horloge qui indiquait presque 1 heure du matin, il lança spontanément ce titre. Ce thème devint la signature de l'orchestre et l'un des morceaux de jazz les plus joués des années 1930-1940.
En décembre 1938, l'orchestre de Count Basie se produit au Carnegie Hall de New York dans le cadre du concert « From Spirituals to Swing » organisé par John Hammond. C'est l'une des premières fois que la musique afro-américaine — jazz, blues, gospel — est présentée dans ce temple de la musique classique devant un public mixte. Cet événement marque une étape décisive dans la reconnaissance culturelle du jazz aux États-Unis.
Sources primaires
I had a good band in Kansas City, and we were swinging. I just wanted to keep the music going and keep it honest. When things started moving fast after New York, I tried not to forget where we came from.
Count Basie and his Orchestra, direct from Kansas City, represent the finest flowering of the Kansas City style — a music of riffs, blues, and irresistible swing that belongs on any great stage.
Basie's band represents something entirely new in jazz — a looseness, a swing, a collective blues feeling that no New York band has yet achieved. This orchestra must be heard by the whole country.
The piano is just a tool to help the band. I try to stay out of the way and let the musicians find the music themselves. Less is always more in this business.
Lieux clés
Ville natale de William James Basie, où il naît le 21 août 1904 et reçoit ses premières leçons de musique. La ville honore aujourd'hui sa mémoire avec un musée et une rue à son nom.
Club de jazz où Basie et son orchestre se produisent régulièrement au milieu des années 1930, diffusés en direct à la radio. C'est depuis cette scène modeste que le son Kansas City conquiert l'Amérique.
Temple du swing à New York, où l'orchestre de Basie affronte les meilleurs big bands de l'époque lors de légendaires « battles of the bands », notamment face à l'orchestre de Chick Webb en janvier 1938.
Salle de concert mythique où Basie se produit lors du concert historique « From Spirituals to Swing » en décembre 1938, marquant la reconnaissance du jazz comme musique digne des plus grandes scènes mondiales.
Club de jazz new-yorkais emblématique des années 1950-1960, nommé en hommage à Charlie Parker. Basie et son orchestre reconstitué y jouent régulièrement, confirmant leur place au sommet du jazz mondial.
