Homme politique et général romain du Ier siècle av. J.-C., Crassus fut l'homme le plus riche de Rome. Il forma avec César et Pompée le premier triumvirat en 60 av. J.-C. Il mourut lors de la désastreuse bataille de Carrhes contre les Parthes.
Crassus(114 av. J.-C. — 52 av. J.-C.)
Crassus
Rome antique
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 115 av. J.-C. : naissance dans une famille patricienne romaine
- 73-71 av. J.-C. : écrase la révolte de Spartacus avec son armée privée
- 60 av. J.-C. : forme le premier triumvirat avec Jules César et Pompée
- 55 av. J.-C. : nommé consul puis gouverneur de Syrie
- 53 av. J.-C. : meurt lors de la bataille de Carrhes, défaite majeure contre les Parthes
Œuvres & réalisations
Crassus prit le commandement de la guerre servile et encercla l'armée de Spartacus en Lucanie grâce à un fossé stratégique de 55 km. Sa victoire mit fin à la plus grande rébellion d'esclaves de l'histoire romaine.
Exercé aux côtés de Pompée, ce consulat vit le rétablissement des pouvoirs du tribunat abolis par Sulla. Il renforça l'image de Crassus comme homme d'État capable d'équilibrer ses intérêts privés et le bien public.
Alliance politique secrète formée avec César et Pompée pour contrôler les institutions de la République romaine. Ce pacte inaugura une ère de domination personnelle qui mena inexorablement à la fin de la République.
Réunion secrète des triumvirs en Étrurie qui renouvela leur pacte et distribua les provinces impériales. Crassus y obtint la Syrie, tremplin de ses ambitions parthiques et de ses espoirs de gloire militaire.
Expédition militaire contre le royaume parthe, entreprise pour rivaliser en gloire avec César et Pompée. Elle se solda par le désastre de Carrhes, la capture des enseignes légionnaires et la mort de Crassus.
Anecdotes
Crassus possédait une brigade privée de 500 esclaves pompiers. Mais lorsqu'un incendie éclatait à Rome, il ne dépêchait ses hommes qu'après avoir négocié l'achat de la maison en flammes à un prix dérisoire. Grâce à ce procédé cynique, il finit par posséder une grande partie de l'immobilier romain.
Pour écraser la révolte de Spartacus en 71 av. J.-C., Crassus fit crucifier 6 000 esclaves capturés tout le long de la Via Appia, entre Capoue et Rome — soit un corps tous les trente mètres sur près de 200 kilomètres. Ce spectacle macabre visait à dissuader toute future rébellion servile.
Jaloux de la gloire militaire de Pompée et de César, Crassus voulut à tout prix remporter une grande victoire contre les Parthes. À la bataille de Carrhes en 53 av. J.-C., son armée fut anéantie par la cavalerie parthe et ses redoutables archers. Crassus fut tué lors des pourparlers qui suivirent, victime de sa propre ambition.
Selon la légende rapportée par Dion Cassius, les Parthes auraient versé de l'or fondu dans la gorge du cadavre de Crassus, raillant ainsi sa soif insatiable de richesses. Si l'anecdote est probablement apocryphe, elle illustre parfaitement la réputation d'avarice qui lui collait à la peau de son vivant.
Crassus était célèbre pour ses banquets fastueux où il invitait des milliers de Romains. Il distribua un jour du blé pour trois mois à chaque famille de la plèbe et offrit des festins publics en son honneur. Ces largesses calculées n'étaient pas désintéressées : elles lui garantissaient une clientèle politique immense.
Sources primaires
Crassus entretenait de nombreux esclaves architectes et maçons, si bien qu'à Rome il achetait les maisons brûlées et celles qui touchaient aux maisons en feu, parce que leurs propriétaires, effrayés, les cédaient à bas prix.
Crassus fit crucifier les prisonniers de Spartacus le long de la voie Appienne, depuis Capoue jusqu'à Rome, au nombre de six mille.
Surena, après avoir coupé la tête et la main droite de Crassus, les envoya à Hyrodes. On dit que les Parthes lui versèrent de l'or fondu dans la bouche, en se moquant de son amour des richesses.
Crassus est immensément riche et tout aussi ambitieux ; il cherche par tous les moyens à égaler la gloire de Pompée et à étendre son influence sur les provinces orientales.
Lieux clés
Cœur politique et juridique de Rome, où Crassus exerça ses fonctions de consul et de censeur. C'est là qu'il nouait ses alliances, plaidait ses causes et consolidait son influence sur le Sénat.
Grande voie romaine le long de laquelle Crassus fit crucifier 6 000 esclaves rescapés de la révolte de Spartacus en 71 av. J.-C. Ce geste brutal imposa sa marque dans la mémoire collective romaine.
Ville de Haute-Mésopotamie (actuelle Turquie du sud-est) où Crassus subit sa défaite fatale contre les Parthes en 53 av. J.-C. La bataille de Carrhes reste l'une des pires catastrophes militaires de Rome.
Ville italienne où débuta la révolte de Spartacus dans une école de gladiateurs. Crassus y concentra ses légions avant d'encercler et d'écraser les insurgés dans la plaine de Lucanie.
Capitale de la province romaine de Syrie et base arrière de Crassus lors de sa préparation à la guerre parthique. Il y rassembla ses légions et ses ressources financières pour l'expédition qui lui coûta la vie.
Objets typiques

Tablettes en bois recouvertes de cire, utilisées pour noter contrats, comptes et messages. Crassus s'en servait quotidiennement pour gérer ses innombrables transactions immobilières et financières.

Petite sacoche portée à la ceinture, contenant monnaies d'argent et deniers. Pour Crassus, symbole de sa richesse légendaire et instrument de ses spéculations permanentes.

Toge blanche bordée de pourpre, réservée aux magistrats romains de haut rang. Crassus la portait lors de ses consulats, affichant publiquement sa puissance politique autant qu'économique.

Cuirasse en bronze moulée en forme de torse musculaire, portée par les généraux romains. Crassus l'endossa lors de sa désastreuse campagne parthique en 53 av. J.-C.

Faisceaux de verges liées autour d'une hache, portés par les licteurs escortant les magistrats. Symbole de l'imperium consulaire, ils accompagnaient Crassus dans tous ses déplacements officiels.

Document notariant la cession d'un bien immobilier, rédigé sur papyrus ou tablettes de bois. Crassus en accumulait des centaines, achetant les immeubles romains ravagés par les incendies.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Crassus se levait à l'aube et recevait ses clients (clientela) dans l'atrium de sa domus palatine, accordant faveurs, conseils juridiques et prêts d'argent en échange de soutien politique. Il supervisait ensuite avec ses intendants les comptes de ses propriétés, exploitations minières et prêts en cours.
Après-midi
Le milieu de journée était consacré aux affaires publiques : le Forum, le Sénat, les tribunaux. Crassus y retrouvait César et Pompée, négociait des alliances, plaidait des causes ou supervisait les ventes aux enchères de biens immobiliers récupérés après incendies. Plutarque note qu'il n'était jamais inoccupé.
Soir
Le soir, Crassus organisait ou assistait à des banquets (convivia) dans sa villa, recevant sénateurs, chevaliers et hommes de lettres. Ces repas fastueux, arrosés de vins campaniens, étaient autant d'occasions de consolider son réseau d'influence tout en affichant ostensiblement sa munificence.
Alimentation
La table de Crassus reflétait son rang : poissons de mer, huîtres d'Italie, volailles farcies, pains fins, légumes marinés, fruits frais et gâteaux au miel. Le tout arrosé de vins grecs ou italiens coupés d'eau selon la coutume romaine. Les banquets publics qu'il offrait pouvaient rassembler des milliers de convives.
Vêtements
Dans la vie publique, Crassus portait la toga praetexta blanche bordée de pourpre lors de ses fonctions consulaires, sur une tunique de lin fin serrée à la taille. En campagne militaire, il revêtait la cuirasse de bronze (lorica musculata) et le manteau rouge de commandant (paludamentum).
Habitat
Crassus habitait une domus patricienne sur le Palatin, richement décorée de marbres, fresques et mosaïques avec jardin intérieur et bassin. Il possédait également des villae de villégiature en Campanie et de vastes domaines agricoles. Plutarque rapporte qu'il critiquait pourtant le luxe excessif de son contemporain Lucullus.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Esthétique de la Rome républicaine tardive : marbre blanc et mosaïques dorées côtoient les paysages désertiques de Syrie, avec la toge pourpre des grands patriciens et l'éclat brutal des armures légionnaires.
Ambiance sonore
Une Rome républicaine tardive bruyante et fiévreuse : les cris du forum, les transactions financières au comptoir, le fracas militaire des légions et les incendies nocturnes qui enrichissent Crassus.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Répression de la révolte de Spartacus
73-71 av. J.-C.
Premier consulat (avec Pompée)
70 av. J.-C.
Premier triumvirat
60 av. J.-C.
Conférence de Lucques
56 av. J.-C.
Campagne de Parthie
55-53 av. J.-C.






