Crassus(114 av. J.-C. — 52 av. J.-C.)

Crassus

Rome antique

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LettresPhilosophiePolitiqueMilitaireAvant J.-C.République romaine tardive, période des guerres civiles

Homme politique et général romain du Ier siècle av. J.-C., Crassus fut l'homme le plus riche de Rome. Il forma avec César et Pompée le premier triumvirat en 60 av. J.-C. Il mourut lors de la désastreuse bataille de Carrhes contre les Parthes.

Faits marquants

  • Vers 115 av. J.-C. : naissance dans une famille patricienne romaine
  • 73-71 av. J.-C. : écrase la révolte de Spartacus avec son armée privée
  • 60 av. J.-C. : forme le premier triumvirat avec Jules César et Pompée
  • 55 av. J.-C. : nommé consul puis gouverneur de Syrie
  • 53 av. J.-C. : meurt lors de la bataille de Carrhes, défaite majeure contre les Parthes

Œuvres & réalisations

Répression de la révolte de Spartacus (73-71 av. J.-C.)

Crassus prit le commandement de la guerre servile et encercla l'armée de Spartacus en Lucanie grâce à un fossé stratégique de 55 km. Sa victoire mit fin à la plus grande rébellion d'esclaves de l'histoire romaine.

Premier consulat (avec Pompée) (70 av. J.-C.)

Exercé aux côtés de Pompée, ce consulat vit le rétablissement des pouvoirs du tribunat abolis par Sulla. Il renforça l'image de Crassus comme homme d'État capable d'équilibrer ses intérêts privés et le bien public.

Premier triumvirat (60 av. J.-C.)

Alliance politique secrète formée avec César et Pompée pour contrôler les institutions de la République romaine. Ce pacte inaugura une ère de domination personnelle qui mena inexorablement à la fin de la République.

Conférence de Lucques (56 av. J.-C.)

Réunion secrète des triumvirs en Étrurie qui renouvela leur pacte et distribua les provinces impériales. Crassus y obtint la Syrie, tremplin de ses ambitions parthiques et de ses espoirs de gloire militaire.

Campagne de Parthie (55-53 av. J.-C.)

Expédition militaire contre le royaume parthe, entreprise pour rivaliser en gloire avec César et Pompée. Elle se solda par le désastre de Carrhes, la capture des enseignes légionnaires et la mort de Crassus.

Anecdotes

Crassus possédait une brigade privée de 500 esclaves pompiers. Mais lorsqu'un incendie éclatait à Rome, il ne dépêchait ses hommes qu'après avoir négocié l'achat de la maison en flammes à un prix dérisoire. Grâce à ce procédé cynique, il finit par posséder une grande partie de l'immobilier romain.

Pour écraser la révolte de Spartacus en 71 av. J.-C., Crassus fit crucifier 6 000 esclaves capturés tout le long de la Via Appia, entre Capoue et Rome — soit un corps tous les trente mètres sur près de 200 kilomètres. Ce spectacle macabre visait à dissuader toute future rébellion servile.

Jaloux de la gloire militaire de Pompée et de César, Crassus voulut à tout prix remporter une grande victoire contre les Parthes. À la bataille de Carrhes en 53 av. J.-C., son armée fut anéantie par la cavalerie parthe et ses redoutables archers. Crassus fut tué lors des pourparlers qui suivirent, victime de sa propre ambition.

Selon la légende rapportée par Dion Cassius, les Parthes auraient versé de l'or fondu dans la gorge du cadavre de Crassus, raillant ainsi sa soif insatiable de richesses. Si l'anecdote est probablement apocryphe, elle illustre parfaitement la réputation d'avarice qui lui collait à la peau de son vivant.

Crassus était célèbre pour ses banquets fastueux où il invitait des milliers de Romains. Il distribua un jour du blé pour trois mois à chaque famille de la plèbe et offrit des festins publics en son honneur. Ces largesses calculées n'étaient pas désintéressées : elles lui garantissaient une clientèle politique immense.

Sources primaires

Vie de Crassus — Plutarque (vers 100 apr. J.-C.)
Crassus entretenait de nombreux esclaves architectes et maçons, si bien qu'à Rome il achetait les maisons brûlées et celles qui touchaient aux maisons en feu, parce que leurs propriétaires, effrayés, les cédaient à bas prix.
Guerres civiles — Appien d'Alexandrie (vers 150 apr. J.-C.)
Crassus fit crucifier les prisonniers de Spartacus le long de la voie Appienne, depuis Capoue jusqu'à Rome, au nombre de six mille.
Histoire romaine — Dion Cassius (vers 220 apr. J.-C.)
Surena, après avoir coupé la tête et la main droite de Crassus, les envoya à Hyrodes. On dit que les Parthes lui versèrent de l'or fondu dans la bouche, en se moquant de son amour des richesses.
Lettres à Atticus — Cicéron (entre 68 et 44 av. J.-C.)
Crassus est immensément riche et tout aussi ambitieux ; il cherche par tous les moyens à égaler la gloire de Pompée et à étendre son influence sur les provinces orientales.

Lieux clés

Forum Romanum, Rome

Cœur politique et juridique de Rome, où Crassus exerça ses fonctions de consul et de censeur. C'est là qu'il nouait ses alliances, plaidait ses causes et consolidait son influence sur le Sénat.

Via Appia, entre Capoue et Rome

Grande voie romaine le long de laquelle Crassus fit crucifier 6 000 esclaves rescapés de la révolte de Spartacus en 71 av. J.-C. Ce geste brutal imposa sa marque dans la mémoire collective romaine.

Carrhes (Harran), Mésopotamie

Ville de Haute-Mésopotamie (actuelle Turquie du sud-est) où Crassus subit sa défaite fatale contre les Parthes en 53 av. J.-C. La bataille de Carrhes reste l'une des pires catastrophes militaires de Rome.

Capoue, Campanie

Ville italienne où débuta la révolte de Spartacus dans une école de gladiateurs. Crassus y concentra ses légions avant d'encercler et d'écraser les insurgés dans la plaine de Lucanie.

Antioche de Syrie (Antakya)

Capitale de la province romaine de Syrie et base arrière de Crassus lors de sa préparation à la guerre parthique. Il y rassembla ses légions et ses ressources financières pour l'expédition qui lui coûta la vie.

Voir aussi