Pianiste et chef d'orchestre né à Buenos Aires en 1942, Daniel Barenboïm est l'une des figures majeures de la musique classique mondiale. Directeur musical de l'Opéra de Berlin et cofondateur de l'Orchestre du Divan occidental-oriental, il est aussi un militant pour la paix au Proche-Orient.
Daniel Barenboïm(1942 — ?)
Daniel Barenboim
Espagne, Argentine, Israël, État de Palestine
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La musique est la seule chose qui peut unir des peuples qui ne se parlent pas.»
« Jouer de la musique ensemble, c'est apprendre à s'écouter.»
Faits marquants
- Né le 15 novembre 1942 à Buenos Aires, Argentine
- Donne son premier récital public à l'âge de 7 ans
- Cofonde en 1999 avec Edward Said l'Orchestre du Divan occidental-oriental, réunissant musiciens israéliens et arabes
- Directeur musical de l'Opéra d'État de Berlin (Staatsoper) depuis 1992
- Reçoit la citoyenneté palestinienne en 2008, symbole de son engagement pour la paix
Œuvres & réalisations
Fondé avec l'intellectuel palestinien Edward Said, cet orchestre rassemble de jeunes musiciens israéliens, palestiniens et arabes. Il est devenu un symbole mondial du dialogue interculturel par la musique.
Enregistrement de référence des neuf symphonies de Beethoven, salué pour sa profondeur et sa cohérence interprétative. Barenboïm a réalisé plusieurs cycles Beethoven tout au long de sa carrière.
L'une des interprétations de référence des 32 sonates de Beethoven, révélant à la fois leur rigueur architecturale et leur profondeur émotionnelle.
Barenboïm est l'un des grands interprètes wagnériens de sa génération. Ses représentations de la Tétralogie à Bayreuth et à Berlin font autorité dans le monde de l'opéra.
Recueil de conversations sur les rapports entre musique, société et politique. Traduit dans de nombreuses langues, ce livre est une référence sur l'engagement de l'artiste dans la cité.
Série de cinq conférences radiodiffusées dans lesquelles Barenboïm développe sa philosophie musicale et son rapport au monde, accessibles au grand public.
Institution académique fondée à Berlin pour former de jeunes musiciens du Proche-Orient et de la Méditerranée. Elle incarne l'héritage des idéaux du Divan occidental-oriental et constitue un legs durable de Barenboïm.
Anecdotes
À sept ans seulement, Daniel Barenboïm donne son premier récital public à Buenos Aires en 1950. Son talent est si évident que sa famille déménage en Israël en 1952 pour lui permettre de bénéficier d'une formation musicale de haut niveau. Il est rapidement reconnu comme l'un des plus grands enfants prodiges de sa génération.
En 1954, à douze ans, Barenboïm rencontre le légendaire violoncelliste Pablo Casals en Italie. Cette rencontre est fondatrice : Casals, exilé en protestation contre le régime franquiste, transmet au jeune pianiste l'idée que la musique est indissociable de la responsabilité morale. Cette leçon guidera toute sa carrière.
En 2001, lors d'un concert avec la Staatskapelle de Berlin en Israël, Barenboïm propose de jouer une œuvre de Richard Wagner en bis — compositeur dont la musique est informellement bannie en Israël en raison de son antisémitisme et de sa récupération par les nazis. Une partie du public s'y oppose vivement, mais ceux qui souhaitent rester entendent le prélude de Tristan et Isolde, déclenchant un débat national sur la mémoire, la censure et l'art.
En 1999, à Weimar en Allemagne, Barenboïm cofonde avec l'intellectuel palestinien Edward Said l'Orchestre du Divan occidental-oriental, rassemblant des jeunes musiciens israéliens, palestiniens et arabes autour de la musique classique. Le nom est emprunté au recueil de poèmes de Goethe et symbolise le dialogue entre Occident et Orient. Cet acte artistique et politique est salué dans le monde entier.
En 2004, lors de la remise du Prix Wolf à la Knesset, Barenboïm prononce un discours courageux dans lequel il interroge les contradictions de l'État israélien face à sa propre Déclaration d'indépendance de 1948. Ce texte, lu publiquement devant les parlementaires, lui vaut à la fois des critiques sévères et une grande admiration internationale.
Sources primaires
La musique n'est pas une fuite de la réalité mais, bien au contraire, une pénétration plus profonde dans celle-ci. Elle nous permet de comprendre ce qui ne peut être dit avec des mots.
Nous croyons que la coexistence est possible, non pas parce qu'elle est facile, mais parce qu'elle est nécessaire. L'orchestre est une métaphore : des individus différents qui apprennent à s'écouter.
Je voudrais vous demander aujourd'hui : est-il possible de concilier le désir juif d'une patrie avec l'égalité et les droits de la minorité arabe ? La Déclaration d'indépendance de 1948 le promet, mais la réalité est toute autre.
Je ne cherchais pas à blesser quiconque. Je pensais que nous pouvions commencer une conversation sur ce que signifie la mémoire, et sur ce que signifie la musique pour une société.
Lieux clés
Ville natale de Daniel Barenboïm, où il donne son premier récital public à sept ans en 1950. Elle incarne ses racines culturelles latino-américaines et juives.
Ville où la famille Barenboïm s'installe en 1952. Barenboïm y développe sa formation musicale et y conserve toute sa vie un lien fort avec la scène musicale israélienne.
Barenboïm en est le directeur musical depuis 1992. Cette institution berlinoise, l'une des plus prestigieuses d'Europe, est le cœur de son activité de chef d'orchestre.
Ville symbolique de la culture allemande (Goethe, Schiller) où est fondé en 1999 l'Orchestre du Divan occidental-oriental. Le choix n'est pas anodin : Weimar incarne à la fois l'humanisme européen et la mémoire du nazisme (camp de Buchenwald tout proche).
Barenboïm y donne un concert historique en 2003, en pleine Seconde Intifada, démontrant par l'acte son engagement pour la paix et le dialogue culturel israélo-palestinien.
Académie fondée en 2015 et inaugurée en 2019, dédiée à la formation de jeunes musiciens du Proche-Orient et de la Méditerranée dans l'esprit de dialogue prôné par Barenboïm et Edward Said.






