Compositeur français né à Aix-en-Provence en 1892, membre du Groupe des Six. Il a développé la polytonalité et s'est inspiré du jazz américain et des musiques d'Amérique latine pour créer une œuvre prolixe de plus de 400 opus.
Darius Milhaud(1892 — 1974)
Darius Milhaud
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« La musique doit être de la nourriture quotidienne, comme le pain.»
« Je suis un compositeur français, provençal et juif.»
Faits marquants
- Né le 4 septembre 1892 à Aix-en-Provence.
- Membre fondateur du Groupe des Six avec Honegger, Poulenc et Auric (1920).
- Compose 'La Création du monde' (1923), premier ballet jazz de la musique classique.
- S'exile aux États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale (1940-1947), enseigne au Mills College.
- Décède le 22 juin 1974 à Genève, laissant plus de 440 œuvres numérotées.
Œuvres & réalisations
Ballet-pantomime aux accents brésiliens et jazz, composé sur un collage de tangos et de maxixes, créé par Jean Cocteau. Pièce emblématique des Années folles, elle illustre la légèreté provocatrice du Groupe des Six.
Suite de douze danses pour piano inspirées des quartiers de Rio de Janeiro, reflets mélancoliques et rythmés du séjour brésilien. L'une des œuvres les plus jouées de Milhaud, souvent orchestrée.
Ballet en un acte sur un livret de Blaise Cendrars et des décors de Fernand Léger, racontant la création du monde selon les mythes africains. Première œuvre de la musique savante française à intégrer pleinement le jazz.
Œuvre pour orchestre, chœurs et récitants sur un texte d'Eschyle adapté par Paul Claudel. Pièce ambitieuse illustrant la violence et la tragédie grecque avec un langage harmonique déjà très personnel.
Grand opéra en deux parties sur un livret de Paul Claudel, mêlant cinéma, chœurs et orchestre. Œuvre monumentale symbolisant l'ambition musicale de Milhaud et sa collaboration avec le poète-diplomate.
Suite orchestrale en huit mouvements fondée sur des mélodies populaires de l'Ancien Régime provençal, collectées par André Campra. Hommage à ses racines méridionales, teintée de nostalgie et de couleurs locales.
Milhaud est l'auteur de dix-huit quatuors à cordes, record dans la musique du XXe siècle. Certains sont conçus pour être joués séparément ou simultanément, illustrant son goût pour la polyrythmie et l'expérimentation.
Anecdotes
En 1917, Milhaud part au Brésil comme secrétaire de l'ambassadeur Paul Claudel. Dans les rues et les cafés de Rio de Janeiro, il découvre le choro et le maxixe, des musiques populaires brésiliennes aux rythmes syncopés envoûtants. Cette expérience transforme radicalement son écriture : il en tirera les Saudades do Brasil et le ballet Le Bœuf sur le Toit, pièce joyeuse et décalée qui fera scandale à Paris en 1920.
En 1922, lors d'un voyage aux États-Unis, Milhaud et Jean Cocteau passent leurs nuits à Harlem pour écouter du jazz dans les clubs afro-américains. Milhaud est fasciné par ce son brut, improvisé, polyrythmique. Un an plus tard, il compose La Création du Monde : pour la première fois dans l'histoire, un ballet de concert français intègre le saxophone, la trompette bouchée et les syncopes jazz dans un cadre symphonique savant.
Le critique Henri Collet publie en janvier 1920, dans la revue Comoedia, un article intitulé « Les Cinq Russes, les Six Français et Erik Satie ». Du jour au lendemain, Milhaud, Poulenc, Honegger, Auric, Durey et Tailleferre se retrouvent baptisés « Groupe des Six » sans l'avoir demandé. Réunis autour de Cocteau, ils partagent un goût pour la musique légère, l'humour et le rejet du wagnérisme et du debussysme.
Dès les années 1930, Milhaud est frappé par un rhumatisme articulaire chronique qui l'oblige à composer et à diriger en fauteuil roulant. Loin de ralentir sa créativité, il continue de produire avec une énergie stupéfiante : il compose dans le train, dans les avions, dans sa chambre d'hôtel, accumulant plus de 400 opus sur toute sa carrière.
Lorsque la France est occupée en 1940, Milhaud, qui est juif, fuit aux États-Unis avec sa famille. Il enseigne alors à Mills College, à Oakland en Californie, où il forme toute une génération de compositeurs américains, dont Dave Brubeck, le futur jazzman. Après la guerre, il partagera sa vie entre Paris et Oakland, enseignant dans les deux pays simultanément.
Sources primaires
J'ai toujours composé avec facilité et rapidité. La musique est pour moi comme une nécessité physique. Je ne pourrais pas vivre sans composer chaque jour.
À Rio, j'entendis pour la première fois le vrai jazz, non celui des dancing européens, mais celui joué par des musiciens noirs. Il me semblait qu'une porte s'ouvrait sur un monde musical inconnu.
La musique brésilienne m'a profondément marqué. Ce mélange de mélancolie et de gaîté, ces rythmes si particuliers, je sens qu'ils vont nourrir mon œuvre pendant longtemps.
La polytonalité n'est pas un procédé artificiel. Elle est l'aboutissement logique d'une écriture harmonique qui cherche à superposer plusieurs plans sonores indépendants, comme on superposerait des couches de couleurs en peinture.
Lieux clés
Ville natale de Milhaud, dont il gardera toute sa vie une attachement profond. Les paysages provençaux nourriront plusieurs de ses œuvres, dont la Suite provençale (1936).
Milhaud y entre en 1909 et y est formé par les plus grands maîtres français de l'époque. Il y enseignera lui-même à son retour d'exil américain, de 1947 à 1971.
Séjour décisif de 1917-1918 en compagnie de Paul Claudel : Milhaud y découvre le choro, le maxixe et les rythmes afro-brésiliens qui marqueront durablement son langage musical.
Lors de son voyage américain de 1922, Milhaud passe ses nuits à écouter le jazz des clubs de Harlem. Cette expérience est la source directe de La Création du Monde, premier ballet jazz de la musique savante française.
Lieu d'exil américain pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1947), où Milhaud enseigne et forme une génération de compositeurs américains, dont le jazzman Dave Brubeck.
Ville où Milhaud s'installe dans ses dernières années, où il meurt le 22 juin 1974. Ses restes sont rapatriés et inhumés à Aix-en-Provence.
Objets typiques

Milhaud composait avec une rapidité et une abondance légendaires, couvrant des dizaines de feuilles par jour. Son papier à musique, toujours à portée de main, était le témoin de sa créativité inépuisable.

Instrument indispensable à son travail de composition, Milhaud utilisait le piano pour tester ses harmonies polytonales avant de les orchestrer, même si ses œuvres étaient conçues pour de grands ensembles.

Dans les années 1920, le phonographe permettait d'écouter des enregistrements de jazz américain importés d'outre-Atlantique. Milhaud s'en servait pour étudier les rythmes et les timbres du jazz qui allaient influencer La Création du Monde.

Frappé par un rhumatisme articulaire dès les années 1930, Milhaud composa et dirigea l'essentiel de sa carrière en fauteuil roulant. Il en fit un symbole de sa résistance créatrice et ne laissa jamais la maladie interrompre son travail.

Référence absolue de son œuvre, cette partition mêle saxophone alto, trombone, trompette bouchée et contrebasse jazz à l'écriture savante. Elle circule entre Milhaud, le librettiste Blaise Cendrars et le chorégraphe pour préparer le ballet de 1923.

Milhaud fut l'un des compositeurs les plus voyageurs de son époque : Brésil, États-Unis, Europe. Sa valise accompagnait ses papiers à musique, lui permettant de composer dans les trains et les bateaux transatlantiques.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Milhaud se levait tôt et commençait à composer dès les premières heures de la matinée, considérant que c'était le moment où son esprit était le plus clair. Il travaillait à son bureau ou au piano, couvrant rapidement plusieurs feuillets de papier à musique, parfois une pièce entière avant le déjeuner.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux répétitions, aux rencontres avec des interprètes, des librettistes ou des peintres, et aux discussions animées dans les cafés parisiens avec Cocteau, Satie ou les autres membres des Six. À partir des années 1930, son arthrite le contraint à se déplacer en fauteuil roulant, mais il continue à diriger des orchestres depuis sa chaise.
Soir
Les soirées étaient souvent musicales et mondaines : création de ballets, concerts, vernissages. Milhaud fréquentait assidûment les salles de concert et les salons littéraires. Pendant son exil américain, il écoutait également des émissions de jazz à la radio, restant en veille sur les évolutions de la musique populaire.
Alimentation
Issu d'une famille bourgeoise provençale, Milhaud appréciait la cuisine du Midi : olives, herbes de Provence, plats mijotés. Lors de ses séjours à Paris et à l'étranger, il découvrit les cuisines brésilienne et américaine, mais la table provençale resta pour lui un lien affectif avec son enfance.
Vêtements
Dans la tradition des compositeurs et artistes parisiens de l'entre-deux-guerres, Milhaud portait costume trois pièces, cravate et chapeau dans les occasions officielles. Sa silhouette corpulente et son visage jovial en faisaient une figure reconnaissable dans les coulisses des théâtres et salles de concert.
Habitat
Milhaud vécut longtemps dans un appartement parisien, au cœur d'un quartier artistique où se retrouvaient peintres, poètes et musiciens. Pendant son exil américain, il habita un logement de fonction à Mills College. Ses dernières années se passèrent dans un appartement genevois, avant que ses cendres ne rejoignent la Provence natale.






