Diomède

Diomède

MythologieAvant J.-C.Grèce antique légendaire — âge des héros (épopées homériques, VIIIe siècle av. J.-C.)

Héros de la mythologie grecque, roi d'Argos et fils de Tydée, Diomède est l'un des plus grands guerriers grecs de la guerre de Troie. Célèbre pour sa bravoure exceptionnelle, il osa blesser les dieux Arès et Aphrodite au combat.

Faits marquants

  • Fils de Tydée, l'un des Sept contre Thèbes, et de Deipyle, fille d'Adraste
  • Roi d'Argos, l'une des cités les plus puissantes de la Grèce légendaire
  • Au cours de la guerre de Troie, il blesse Aphrodite et Arès — exploit rarissime pour un mortel (Iliade, chant V)
  • Protégé d'Athéna qui guide sa main et son regard pour lui permettre de voir les dieux
  • Participe avec Ulysse au vol du Palladion (statue sacrée de Troie) et à la mission nocturne contre Rhèsos

Œuvres & réalisations

Iliade (chants V, VI, X, XI) — Homère (VIIIe siècle av. J.-C.)

Source principale sur Diomède : le chant V lui est presque entièrement consacré (aristeia). Il y apparaît comme le plus vaillant des Grecs après Achille, accomplissant l'exploit unique de blesser deux dieux olympiens.

La Petite Iliade — Leschès de Mytilène (fragments) (VIIe siècle av. J.-C.)

Épopée du cycle troyen aujourd'hui perdue dont des résumés antiques attestent qu'elle racontait le vol du Palladion par Diomède et Ulysse, épisode décisif pour la chute de Troie.

Néméennes X — Pindare (Ve siècle av. J.-C.)

Ode triomphale dans laquelle Pindare évoque le destin exceptionnel de Diomède, que certaines traditions présentaient comme rendu immortel par Athéna en récompense de sa piété et de ses exploits.

Énéide, chant XI — Virgile (19 av. J.-C.)

Virgile fait de Diomède un vétéran exilé en Italie qui refuse de reprendre les armes contre les Troyens d'Énée, réconciliant symboliquement Grecs et Troyens dans la fondation de Rome.

Bibliothèque (Épitomé) — Pseudo-Apollodore (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)

Compilation mythologique qui rassemble les traditions sur Diomède : généalogie, exploits à Troie, vol du Palladion, retour difficile et fondation de villes en Grande Grèce.

Anecdotes

Lors de la grande aristeia du chant V de l'Iliade, Diomède accomplit un exploit sans précédent dans toute la mythologie grecque : guidé par la déesse Athéna, il blessa Aphrodite elle-même, qui tentait de protéger Énée, puis attaqua Arès, le dieu de la guerre en personne. Ce double affront aux dieux illustre sa valeur exceptionnelle et la faveur divine dont il bénéficiait.

Lors de la Dolonie, mission nocturne racontée au chant X de l'Iliade, Diomède et Ulysse s'infiltrèrent dans le camp troyen. Ils capturèrent l'espion Dolon, puis massacrèrent Rhésos et ses Thraces dans leur sommeil, dérobant leurs célèbres chevaux blancs — une nuit d'exploit qui restera dans les annales de la guerre.

Diomède et Ulysse s'emparèrent du Palladion, une statue sacrée d'Athéna dont la possession garantissait, dit-on, l'inviolabilité de Troie. Sans cette relique, la ville ne pouvait tomber : leur coup audacieux ouvrit la voie à la chute finale.

Au chant VI de l'Iliade, Diomède rencontre le Lycien Glaucos sur le champ de bataille. Apprenant qu'ils sont liés par un vieux pacte d'hospitalité entre leurs ancêtres, les deux guerriers renoncent au combat et échangent leurs armures — mais Diomède se retrouve avec l'armure de bronze de Glaucos contre son armure en or. Homère commente ironiquement qu'il avait perdu la tête.

Contrairement à beaucoup de héros grecs, Diomède rentra rapidement de Troie mais trouva son royaume d'Argos bouleversé : sa femme lui était infidèle et ses ennemis s'y étaient installés. Il s'exila alors en Apulie (sud de l'Italie actuelle) et fonda plusieurs villes, dont Arpi, devenant ainsi le fondateur légendaire de cette région.

Sources primaires

Iliade, chant V (Aristeia de Diomède) — Homère (VIIIe siècle av. J.-C.)
Alors Pallas Athéna insuffla à Diomède, fils de Tydée, force et audace, afin qu'il se distinguât entre tous les Argiens et couvrît de gloire son nom. Elle fit jaillir de son casque et de son bouclier une flamme infatigable, pareille à l'étoile d'automne qui brille d'un éclat sans pareil après son bain dans l'Océan.
Iliade, chant X (La Dolonie) — Homère (VIIIe siècle av. J.-C.)
Diomède au puissant cri de guerre bondit et trancha la tête de Rhésos ; son sang noir coulait à terre. Ulysse détacha les chevaux et les emmena hors du camp, les frappant de son arc, car il n'avait pas pensé à prendre le fouet brillant.
Iliade, chant VI — Homère (VIIIe siècle av. J.-C.)
Zeus fils de Cronos avait ôté le sens à Glaucos qui échangea avec Diomède, fils de Tydée, une armure d'or contre une armure de bronze, cent bœufs contre neuf.
Énéide, chant XI — Virgile (19 av. J.-C.)
Diomède lui-même, depuis son exil en Apulie, témoigne : 'Nous avons assez payé notre crime d'avoir attaqué les dieux. Priamus lui-même nous plaindrait. Les tempêtes de Pallas nous ont dispersés aux quatre coins du monde.'
Bibliothèque, Épitomé V — Pseudo-Apollodore (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)
Diomède et Ulysse pénétrèrent dans Troie de nuit et emportèrent le Palladion. Certains disent qu'Ulysse complotait pour s'en emparer seul, mais Diomède le devança et rapporta la statue au camp grec.

Lieux clés

Argos (Péloponnèse, Grèce)

Cité dont Diomède est le roi, héritière du trône de son père Tydée. C'est de là qu'il part rejoindre la coalition grecque, et c'est là qu'il revient après Troie, pour trouver son royaume usurpé.

Troie (Hisarlik, Turquie actuelle)

Cité forteresse en Asie Mineure, théâtre principal des exploits de Diomède. C'est sous ses remparts qu'il accomplit son aristeia légendaire, blesse deux dieux et s'infiltre de nuit pour voler le Palladion.

Plaine du Scamandre (devant Troie)

La plaine traversée par le fleuve Scamandre, au pied des remparts troyens, est le champ de bataille où Diomède accomplit ses plus grands exploits, blessant Arès et Aphrodite face aux guerriers troyens.

Arpi / Argyripa (Apulie, Italie)

Ville fondée selon la légende par Diomède en exil dans le sud de l'Italie actuelle. Son culte héroïque y était très vivace dans l'Antiquité, et plusieurs cités de la région revendiquaient sa fondation.

L'Olympe (montagne mythique)

Séjour des dieux grecs, l'Olympe est indirectement lié à Diomède : il fut le seul mortel de l'Iliade à blesser deux divinités olympiennes, s'attirant la terreur et l'admiration de tout l'Olympe.

Voir aussi