Edward FitzGerald
Edward FitzGerald
1809 — 1883
Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Poète et traducteur britannique du XIXe siècle, célèbre pour sa traduction libre des Rubaiyat d'Omar Khayyam (1859), qui connut un succès considérable en Europe et contribua à faire découvrir la poésie persane en Occident.
Citations célèbres
« A Book of Verses underneath the Bough, / A Jug of Wine, a Loaf of Bread—and Thou. »
« The Moving Finger writes; and, having writ, / Moves on. »
Faits marquants
- Né en 1809 à Bredfield (Suffolk, Angleterre), mort en 1883
- Publication anonyme de sa traduction des Rubaiyat d'Omar Khayyam en 1859
- Sa traduction, d'abord ignorée, fut redécouverte par Dante Gabriel Rossetti et les préraphaélites
- Ami de Tennyson et de Thackeray, figure des cercles littéraires victoriens
- Traduisit également des pièces de Calderon et des œuvres grecques antiques
Œuvres & réalisations
Traduction libre des quatrains du poète persan Omar Khayyam. Initialement ignorée, l'œuvre devint un best-seller mondial après sa redécouverte par les préraphaélites et influença profondément la littérature anglophone de la fin du XIXe siècle.
Dialogue philosophique inspiré des dialogues platoniciens, explorant les questions de l'éducation, de la jeunesse et du caractère national anglais. Révèle la solide formation classique de FitzGerald et son goût pour la réflexion morale.
Anthologie de maximes et de proverbes empruntés à divers auteurs, reflétant la sagesse pratique que FitzGerald admirait. Témoigne de sa vaste culture et de son goût pour la littérature aphoristique.
Traductions libres de six pièces du grand dramaturge espagnol Pedro Calderón de la Barca. Ces adaptations révèlent le talent de FitzGerald pour s'approprier des textes étrangers et les faire vivre dans la langue anglaise.
Traduction du poème allégorique persan de Jami, premier grand travail de FitzGerald sur la littérature persane avant les Rubaiyat. Témoigne de son apprentissage du persan et de sa fascination croissante pour la poésie orientale.
Traduction libre de la célèbre tragédie grecque, montrant la persistance de l'intérêt de FitzGerald pour les textes classiques tout au long de sa carrière, en parallèle de son travail sur la poésie orientale.
Recueil de la correspondance de FitzGerald avec Tennyson, Thackeray, Cowell et d'autres. Considérées comme un chef-d'œuvre de la prose épistolaire victorienne, elles révèlent une personnalité attachante et un observateur lucide de son époque.
Anecdotes
Lorsque FitzGerald publia sa traduction des Rubaiyat d'Omar Khayyam en 1859, le livre passa totalement inaperçu. L'éditeur Bernard Quaritch finit par brader les invendus à un penny l'exemplaire chez un bouquiniste. C'est ainsi que le poète préraphaélite Dante Gabriel Rossetti le découvrit par hasard et, enthousiasmé, le fit circuler dans les cercles littéraires londoniens, lançant une véritable mode orientaliste en Angleterre.
FitzGerald était un homme d'une timidité maladive qui fuyait la vie mondaine. Il vivait à Woodbridge, dans le Suffolk, et passait des journées entières à naviguer sur son bateau en compagnie de marins locaux dont il appréciait la franchise. Ce mode de vie rustique contrastait singulièrement avec son éducation aristocratique et son amitié avec des célébrités comme Tennyson ou Thackeray.
En 1856, FitzGerald épousa Lucy Barton, fille de son ami le poète quaker Bernard Barton, par sens du devoir envers la famille de ce dernier récemment décédé. Ce mariage fut un désastre complet : les époux se séparèrent après quelques mois à peine. FitzGerald reconnut lui-même dans ses lettres avoir été un mari détestable, avec une autodérision typiquement britannique.
C'est le professeur Edward Cowell qui révéla à FitzGerald la poésie persane en lui enseignant la langue et en lui montrant un manuscrit des quatrains d'Omar Khayyam à la Bodleian Library d'Oxford. FitzGerald ne chercha jamais à produire une traduction fidèle : il recomposa librement les quatrains en y injectant sa propre mélancolie, créant une œuvre qui est autant de lui que de Khayyam.
Malgré la célébrité tardive de sa traduction, FitzGerald refusa toujours les honneurs et les mondanités. Quand des admirateurs venaient lui rendre visite à Woodbridge, il leur conseillait de ne pas faire le voyage. Il mourut en 1883 dans son sommeil, sans avoir pleinement mesuré à quel point son Khayyam allait influencer des écrivains comme Oscar Wilde et des générations entières de lecteurs jusqu'au XXe siècle.
Sources primaires
Awake! for Morning in the Bowl of Night / Has flung the Stone that puts the Stars to Flight: / And Lo! the Hunter of the East has caught / The Sultan's Turret in a Noose of Light.
I take old Omar more as my property than as a version of anything: something to be proud of, and something to ask pardon for.
I am settled down into a very quiet and rather happy life here, doing nothing that the world calls great, but perhaps something that will amuse a few people hereafter.
We talked of the great world — of action and of ambition — and of those who fall short of both, who live and die unnoticed, and yet are not therefore to be pitied.
Lieux clés
Petite ville portuaire du Suffolk où FitzGerald vécut l'essentiel de sa vie adulte dans une retraite volontaire. C'est là qu'il travailla à ses traductions et mena son existence de gentleman-érudit solitaire, loin des salons londoniens.
Université où FitzGerald étudia entre 1826 et 1830 et se lia d'amitié avec Thackeray, Tennyson et d'autres futures grandes plumes victoriennes. Ces années de formation forgèrent ses goûts littéraires et ses amitiés durables.
C'est dans cette bibliothèque qu'Edward Cowell découvrit et montra à FitzGerald un manuscrit des quatrains d'Omar Khayyam, déclenchant l'aventure intellectuelle et poétique qui ferait la célébrité du traducteur.
Village du Suffolk où FitzGerald est enterré dans le cimetière de l'église paroissiale. Un rosier planté sur sa tombe provient de boutures d'un rosier poussant sur la tombe d'Omar Khayyam à Nichapour, Iran — symbole de la rencontre entre les deux poètes.
FitzGerald aimait naviguer le long de la côte du Suffolk et fréquentait les ports de pêcheurs locaux dont il appréciait la compagnie directe. Ces paysages maritimes venteux nourrirent sa mélancolie et sa sensibilité poétique.
