Élisabeth Ire
Élisabeth Ire
1533 — 1603
royaume d'Angleterre
Fille d'Henri VIII et d'Anne Boleyn, Élisabeth Ire régna sur l'Angleterre et l'Irlande de 1558 à 1603. Son règne, surnommé l'« ère élisabéthaine », fut marqué par l'affirmation de la puissance anglaise et un remarquable essor culturel.
Citations célèbres
« J'ai le corps d'une femme faible et fragile, mais j'ai le cœur et l'estomac d'un roi. »
« Je n'ai qu'un seul maître et il n'a pas de maîtresse. »
Faits marquants
- 1533 : naissance à Greenwich, fille d'Henri VIII et d'Anne Boleyn
- 1558 : accession au trône d'Angleterre après le règne de sa demi-sœur Marie Ire
- 1559 : Acte de suprématie — établissement de l'Église anglicane dont elle devient le chef
- 1588 : défaite de l'Invincible Armada espagnole de Philippe II, affirmant la puissance maritime anglaise
- 1603 : mort à Richmond, fin de la dynastie Tudor, règne de 45 ans
Œuvres & réalisations
Ces deux lois fondamentales établissent Élisabeth comme chef suprême de l'Église d'Angleterre et imposent l'usage du Book of Common Prayer. Ils constituent la « solution élisabéthaine » (Elizabethan Settlement) qui définit l'anglicanisme tel qu'il existe encore aujourd'hui.
Adoptés sous son règne, ces articles de foi définissent la doctrine protestante de l'Église anglicane, distante à la fois du catholicisme romain et du calvinisme radical. Ils constituent le fondement théologique du compromis élisabéthain.
Élisabeth accorde une charte royale à la East India Company, posant les bases de l'expansion commerciale et coloniale britannique en Asie. Cette décision aura des conséquences géopolitiques majeures pendant trois siècles.
Dans ce discours prononcé devant la Chambre des communes deux ans avant sa mort, Élisabeth exprime son amour pour son peuple et sa conception du pouvoir royal fondé sur le consentement des gouvernés. Il fut immédiatement imprimé et diffusé comme un testament politique.
Sous la protection et le mécénat d'Élisabeth, le théâtre anglais connut son âge d'or avec Christopher Marlowe, William Shakespeare, Ben Jonson. La reine assistait fréquemment aux représentations et ses troupes portaient le titre honorifique de « Queen's Men ».
Élisabeth soutint secrètement l'expédition de Drake, deuxième tour du monde de l'histoire après Magellan, lui permettant de piller les colonies espagnoles du Pacifique. En le faisant chevalier sur son propre navire, elle affirma la puissance maritime anglaise face à l'Espagne.
Anecdotes
Lors de son couronnement en 1559, Élisabeth refusa de laisser l'évêque de Londres élever l'hostie pendant la messe, signalant dès le début de son règne sa rupture avec le catholicisme romain. Ce geste, apparemment anodin, annonçait l'Acte de Suprématie qu'elle allait faire voter pour s'établir chef suprême de l'Église d'Angleterre.
Élisabeth pratiquait l'art de la négociation matrimoniale comme une arme diplomatique redoutable. Elle entretint des années durant des pourparlers de mariage avec des princes européens — Philippe II d'Espagne, l'archiduc Charles d'Autriche, le duc d'Anjou — sans jamais conclure, maintenant ainsi un équilibre entre les puissances continentales tout en préservant son indépendance. Elle déclara un jour : « Je suis déjà mariée à l'Angleterre. »
En 1588, lorsque l'Armada espagnole menaça les côtes anglaises, Élisabeth rejoignit ses troupes à Tilbury, vêtue d'une cuirasse d'argent. Elle y prononça l'un des discours les plus célèbres de l'histoire : « J'ai le corps d'une femme faible et fragile, mais j'ai le cœur et l'estomac d'un roi. » Ce discours galvanisa ses soldats et est resté gravé dans la mémoire collective britannique.
Grande polyglotte, Élisabeth parlait couramment le latin, le grec, le français, l'italien et l'espagnol. Elle se servait de cette maîtrise des langues pour déstabiliser les ambassadeurs étrangers en leur répondant dans leur propre langue, les privant ainsi de tout avantage diplomatique lié à la traduction.
La reine cultivait soigneusement son image de « Reine Vierge » (the Virgin Queen), faisant de son célibat une politique d'État. Elle commandita de nombreux portraits officiels où elle apparaissait entourée de symboles de pureté et de puissance — lune, perles, hermines — construisant ainsi l'un des premiers programmes de propagande visuelle systématique de l'histoire européenne.
Sources primaires
I know I have the body but of a weak and feeble woman; but I have the heart and stomach of a king, and of a king of England too, and think foul scorn that Parma or Spain, or any prince of Europe, should dare to invade the borders of my realm.
Be it enacted by the authority of this present Parliament, that the Queen's highness is the only supreme governor of this realm… as well in all spiritual or ecclesiastical things or causes, as temporal.
And in the end, this shall be for me sufficient, that a marble stone shall declare that a queen, having reigned such a time, lived and died a virgin.
You have in various ways and manners attempted to take my life and to bring my kingdom to destruction by bloodshed. I have never proceeded so harshly against you, but have, on the contrary, protected and maintained you like myself.
Though God hath raised me high, yet this I count the glory of my crown, that I have reigned with your loves. This makes me that I do not so much rejoice that God hath made me to be a Queen, as to be a Queen over so thankful a people.
Galerie
Portrait of Elizabeth I of England, the Armada Portrait
Wikimedia Commons, Public domain — Formerly attributed to George Gower
Queen Elizabeth I (copy after an original of c.1559) title QS:P1476,en:"Queen Elizabeth I (copy after an original of c.1559) "label QS:Len,"Queen Elizabeth I (copy after an original of c.1559) "label
Wikimedia Commons, Public domain — After Levina Teerlinc
Portrait of a Woman title QS:P1476,en:"Portrait of a Woman "label QS:Len,"Portrait of a Woman "label QS:Lfr,"Portrait de femme"
Wikimedia Commons, CC0 — Unidentified painter
Portrait of Queen Elizabeth Ilabel QS:Len,"Portrait of Queen Elizabeth I"
Wikimedia Commons, Public domain — Workshop of Steven van der Meulen
