Élisabeth Ire de Russie
Élisabeth Ire de Russie
1709 — 1762
Empire russe, tsarat de Moscou
Fille de Pierre le Grand, Élisabeth Ire règne sur la Russie de 1741 à 1762. Son règne est marqué par l'essor culturel, la fondation de l'université de Moscou et la participation victorieuse à la guerre de Sept Ans.
Faits marquants
- 1709 : naissance à Kolomenskoïe, fille de Pierre le Grand et de Catherine Ire
- 1741 : prise du pouvoir par coup d'État contre Ivan VI, soutenue par la garde impériale
- 1755 : fondation de l'université de Moscou, première université de Russie
- 1756-1763 : engagement de la Russie dans la guerre de Sept Ans aux côtés de la France et de l'Autriche
- 1762 : mort d'Élisabeth Ire, lui succède Pierre III puis Catherine II la Grande
Œuvres & réalisations
Première université russe ouverte aux roturiers, créée à l'initiative de Mikhaïl Lomonossov et soutenue par Élisabeth. Elle constitue le legs intellectuel majeur de son règne et reste aujourd'hui une institution de référence.
Commandé à l'architecte Bartolomeo Rastrelli, ce chef-d'œuvre du baroque russe abritera plus tard le musée de l'Ermitage. Élisabeth supervisa personnellement les travaux mais mourut avant l'achèvement.
Résidence d'été impériale entièrement repensée par Rastrelli sous la direction d'Élisabeth, incluant la légendaire Chambre d'Ambre offerte par Frédéric-Guillaume Ier de Prusse. Symbole du faste baroque élisabéthain.
Institution fondée pour former des artistes russes aux standards européens, marquant la volonté d'Élisabeth de développer une culture nationale. Elle contribua à l'essor d'une école de peinture et de sculpture russe.
Décret supprimant les exécutions capitales en Russie, faisant d'Élisabeth l'une des premières souveraines à adopter cette mesure en Europe. Aucune exécution n'eut lieu durant ses vingt années de règne.
Élisabeth adhère au renversement des alliances de 1756 et engage la Russie dans la coalition anti-prussienne. Les victoires russes (Gross-Jägersdorf, Kunersdorf, prise de Berlin) établissent la Russie comme puissance militaire de premier rang.
Anecdotes
Élisabeth monte sur le trône en 1741 grâce à un coup d'État nocturne : elle se rend elle-même à la caserne des Préobrajenski, revêt un uniforme militaire et harangue les soldats. Sans qu'une seule goutte de sang ne soit versée, le jeune Ivan VI est renversé et Élisabeth est proclamée impératrice dans la nuit.
Grande amatrice de mode, Élisabeth possédait à sa mort plus de quinze mille robes. Elle promulguait des décrets interdisant à ses dames de cour de porter la même coiffure ou la même couleur qu'elle, pour rester toujours la plus remarquable lors des bals et des fêtes de la cour.
Élisabeth abolit la peine de mort en Russie en 1744, ce qui fit d'elle l'une des premières souveraines européennes à franchir ce pas. Aucune exécution capitale n'eut lieu durant les vingt ans de son règne, une exception remarquable dans l'Europe des Lumières.
Pendant la guerre de Sept Ans, les armées russes battent les Prussiens à Zorndorf et à Kunersdorf (1759), mettant Frédéric II en grande difficulté. À la mort d'Élisabeth en janvier 1762, son successeur Pierre III, admirateur de Frédéric, signe immédiatement la paix, sauvant in extremis la Prusse : les historiens appellent cet événement le « miracle de la maison de Brandebourg ».
Fille de Pierre le Grand et d'une paysanne devenue tsarine, Élisabeth n'avait reçu aucune éducation formelle à la gouvernance. Pourtant, elle fonda l'université de Moscou en 1755 sur les conseils du savant Mikhaïl Lomonossov, ouvrant l'enseignement supérieur à des roturiers pour la première fois en Russie.
Sources primaires
Nous, Élisabeth, fille de Pierre le Grand, avons daigné monter sur le trône de Russie, héritière légitime de notre père bien-aimé, pour le salut et la prospérité de notre Empire.
Il est établi à Moscou une université comprenant trois facultés — droit, médecine, philosophie — afin de former des sujets instruits au service de l'État russe, sans distinction d'origine.
L'impératrice Élisabeth régnait avec une majesté naturelle que peu de souverains possèdent. Sa cour rivalisait en éclat avec Versailles, et nul ne pouvait lui disputer la première place dans une salle.
La princesse Élisabeth s'est présentée aux grenadiers en uniforme, leur déclarant qu'elle venait réclamer le trône de son père. Les soldats l'ont acclamée à l'unanimité, et l'affaire fut réglée avant l'aube.
La mort de l'impératrice Élisabeth me sauve d'une ruine certaine. Ses armées m'avaient mis à genoux ; la Providence seule a changé le cours de cette guerre.
Galerie

Russian: ««Портрет императрицы Елизаветы Петровны» (1709–1762)»Portrait of Empress Elizabeth Petrovna (1709–1762)title QS:P1476,ru:"«Портрет императрицы Елизаветы Петровны» (1709–1762)"label QS:Lru,
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Указ об основании Московского Университета
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