Emma Goldman(1869 — 1940)

Emma Goldman

États-Unis, Lituanie, France, Royaume-Uni, Empire russe

8 min de lecture

LettresPolitiquePhilosophieXIXe siècleFin du XIXe siècle et début du XXe siècle, ère des grandes migrations, de l'essor du mouvement ouvrier et des luttes pour les droits des femmes

Emma Goldman (1869-1940) est une militante anarchiste et féministe née en Lituanie, émigrée aux États-Unis. Figure majeure du mouvement ouvrier américain, elle défend la liberté individuelle, l'émancipation des femmes et s'oppose à la guerre et au capitalisme.

Questions fréquentes

Emma Goldman (1869-1940) est une militante anarchiste et féministe d'origine lituanienne, émigrée aux États-Unis. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne le lien entre le mouvement ouvrier, la défense des droits des femmes et la critique radicale du capitalisme et de l'État. Son importance tient à sa capacité à populariser l'anarchisme en anglais via des conférences et sa revue Mother Earth, tout en s'engageant sur des fronts novateurs comme le contrôle des naissances et les droits LGBTQ+, bien avant leur temps.

Citations célèbres

« Si je ne peux pas danser, ce n'est pas ma révolution.»
« L'émancipation véritable commence ni au bureau de vote ni dans les tribunaux. Elle commence dans l'âme de la femme.»

Faits marquants

  • 1869 : naissance à Kaunas (Lituanie), alors dans l'Empire russe
  • 1886 : émigration aux États-Unis, où elle s'installe à New York
  • 1892 : impliquée dans l'attentat contre le patron Henry Clay Frick avec Alexander Berkman
  • 1906 : fonde et dirige la revue anarchiste Mother Earth
  • 1919 : expulsée des États-Unis vers la Russie soviétique en raison de ses activités militantes

Œuvres & réalisations

Mother Earth (revue) (1906-1917)

Revue anarchiste mensuelle fondée et dirigée par Goldman, principal organe de diffusion des idées radicales aux États-Unis. Elle y publie des articles sur le féminisme, la liberté individuelle et la résistance au capitalisme.

Anarchism and Other Essays (1910)

Recueil d'essais fondamentaux exposant sa vision de l'anarchisme comme philosophie de la libération totale. Ouvrage de référence de la pensée anarchiste anglophone.

The Social Significance of the Modern Drama (1914)

Essai dans lequel Goldman analyse le théâtre d'Ibsen, Strindberg et Shaw comme vecteur de critique sociale et d'émancipation. Il témoigne de sa sensibilité artistique et intellectuelle.

My Disillusionment in Russia (1923)

Récit critique de son séjour en Russie soviétique, dans lequel elle dénonce la trahison bolchevique des idéaux révolutionnaires. Document majeur de la critique anarchiste du léninisme.

Living My Life (autobiographie) (1931)

Monumentale autobiographie en deux volumes retraçant son parcours d'immigrante juive à figure de l'anarchisme international. Source historique incontournable sur le radicalisme américain du début du XXe siècle.

Vision on Fire: Emma Goldman on the Spanish Revolution (1938)

Recueil de ses écrits et correspondances sur la guerre civile espagnole, témoignant de son engagement aux côtés des anarchistes de la CNT-FAI jusqu'à la défaite républicaine.

Anecdotes

En 1893, Emma Goldman prononce un discours enflammé à New York devant des milliers de chômeurs et leur conseille de réclamer du pain, ou de le prendre. Arrêtée pour incitation à l'émeute, elle est condamnée à un an de prison à Blackwell's Island. Elle y apprend les soins infirmiers et sort plus déterminée que jamais.

En 1901, lorsque l'anarchiste Leon Czolgosz assassine le président McKinley, Goldman est immédiatement suspectée de complicité. Elle avait certes rencontré Czolgosz, mais refuse de le renier publiquement, ce qui lui vaut la réputation d'être 'la femme la plus dangereuse d'Amérique' selon la presse de l'époque.

Goldman fonde en 1906 la revue Mother Earth, qu'elle finance en partie en donnant des conférences à travers les États-Unis. Elle y publie des articles sur l'anarchisme, le féminisme et le contrôle des naissances, bravant les lois Comstock qui interdisaient la diffusion de telles informations.

En 1917, Goldman est arrêtée avec Alexander Berkman pour avoir organisé la résistance à la conscription militaire pendant la Première Guerre mondiale. Condamnée à deux ans de prison, elle est ensuite expulsée des États-Unis en 1919 à bord d'un navire surnommé 'le Soviet ark', avec 248 autres militants étrangers.

Lors de la guerre civile espagnole (1936-1939), Goldman, alors septuagénaire, se rend en Espagne républicaine pour soutenir les anarchistes de la CNT-FAI. Elle rédige des communiqués et donne des conférences en Europe pour sensibiliser l'opinion internationale à la cause antifasciste.

Sources primaires

Anarchism and Other Essays (1910)
Anarchism is the only philosophy which brings to man the consciousness of himself; which maintains that God, the State, and society are non-existent, that their promises are null and void, since they can be fulfilled only through man's subordination.
Living My Life (autobiographie) (1931)
I want freedom, the right to self-expression, everybody's right to beautiful, radiant things. Anarchism meant that to me, and I would live it in spite of the whole world.
The Traffic in Women and Other Essays on Feminism (1917)
The most vital right is the right to love and be loved. Indeed, if partial emancipation is to become a complete and true emancipation of woman, it will have to do away with the ridiculous notion that to be loved, to be sweetheart and mother, is synonymous with being slave or subordinate.
My Disillusionment in Russia (1923)
No great idea in its beginning can ever be within the law. How can it be within the law? The law is stationary. The law is fixed. The law is a chariot wheel which binds us all regardless of conditions or place or time.

Lieux clés

Lower East Side, New York

Quartier d'immigration juive où Goldman s'installe à son arrivée aux États-Unis. C'est ici qu'elle découvre la misère ouvrière et embrasse l'anarchisme.

Blackwell's Island, New York

Prison new-yorkaise où Goldman est incarcérée en 1893. Elle y apprend les soins infirmiers et côtoie les femmes les plus marginalisées de la société américaine.

Chicago (cimetière de Waldheim)

Site du monument aux martyrs de Haymarket, lieu de pèlerinage pour les anarchistes du monde entier. Goldman y est enterrée en 1940, ayant demandé à reposer près de ces figures fondatrices.

Petrograd (Saint-Pétersbourg), Russie

Goldman se rend en Russie en 1919, espérant voir l'anarchisme prospérer après la révolution. La répression bolchevique la désillusionne rapidement.

Barcelone, Espagne

Capitale de l'anarchisme espagnol où Goldman séjourne pendant la guerre civile (1936-1938). Elle y observe et soutient l'expérience révolutionnaire de la CNT-FAI.

Voir aussi