Esther Johnson (1681-1728), connue sous le surnom de « Stella », fut la proche amie et confidente de l'écrivain Jonathan Swift. Leur relation épistolaire et intellectuelle, retracée dans le Journal à Stella, en fait une figure marquante de la vie littéraire anglaise du XVIIIe siècle.
Esther Johnson(1681 — 1728)
Esther Johnson
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1681, probablement à Richmond (Angleterre)
- Rencontre Jonathan Swift vers 1689 alors qu'il est secrétaire de Sir William Temple
- Swift lui dédie le surnom de « Stella » et lui adresse son célèbre Journal à Stella (1710-1713)
- S'installe en Irlande vers 1701, à proximité de Swift, jusqu'à sa mort
- Décède le 28 janvier 1728 à Dublin
Œuvres & réalisations
Série de lettres intimes de Swift adressées à Esther et Rebecca Dingley, constituant la source principale sur leur relation. Ce texte révèle la complicité intellectuelle unique entre les deux correspondants.
Suite de poèmes composés chaque année par Swift pour l'anniversaire d'Esther, mêlant tendresse, esprit et réflexions sur l'amitié et le vieillissement ; hommage littéraire exceptionnel à une femme réelle.
Texte nécrologique rédigé par Swift le soir de la mort d'Esther, dans lequel il rend hommage à son intelligence, sa vertu et sa fidélité ; l'un des textes les plus émouvants de l'auteur des Voyages de Gulliver.
Quelques poèmes sont attribués à Esther Johnson elle-même, témoignant de sa maîtrise de l'écriture et de l'humour vif qui caractérisait ses échanges avec Swift.
Anecdotes
Jonathan Swift donna à Esther Johnson le surnom poétique de « Stella », qui signifie « étoile » en latin, tandis qu'il se désignait lui-même sous le nom de « Presto » dans leur correspondance secrète. Ce code entre eux illustre la complicité exceptionnelle qui caractérisait leur relation épistolaire, unique dans les lettres anglaises du XVIIIe siècle.
Esther Johnson apprit à lire et à écrire sous la tutelle de Swift alors qu'elle était enfant à Moor Park, le domaine de Sir William Temple dans le Surrey. Swift, frappé par son intelligence vive et son esprit curieux, la considéra rapidement comme son élève la plus brillante et, plus tard, comme son égale intellectuelle.
En 1701, Esther Johnson quitta l'Angleterre pour s'installer à Dublin, toujours accompagnée de sa dame de compagnie Rebecca Dingley, afin de demeurer proche de Swift. Cette décision audacieuse pour une femme de l'époque témoigne de la force de leur lien, même si les convenances sociales exigeaient qu'elle ne réside jamais chez lui.
La question d'un mariage secret entre Swift et Stella a longtemps fasciné les historiens : certains contemporains affirmaient qu'ils s'étaient épousés en 1716 en présence de l'évêque Ashe, mais Swift n'en fit jamais mention publiquement. Ce mystère non élucidé reste l'une des énigmes les plus célèbres de la littérature anglaise.
À la mort d'Esther en janvier 1728, Swift fut si effondré qu'il fut incapable d'assister à ses funérailles et s'enferma pour rédiger le texte « On the Death of Mrs. Johnson ». Il y décrivit son intelligence, sa générosité et sa loyauté avec une émotion rare chez cet auteur connu pour son ironie mordante.
Sources primaires
My own dearest MD, I have been very busy these three days, and cannot get time to write to you... I love you both better than anybody in the world.
She was sickly from her childhood until about the age of fifteen; but then grew into perfect health, and was looked upon as one of the most beautiful, graceful, and agreeable young women in London.
Stella this day is thirty-four / (We sha'n't dispute a year or more) / However, Stella, be not troubled, / Although thy size and years are doubled.
My friend Mrs. Johnson is the truest, the most disinterested, and the most faithful person I have ever known.
Lieux clés
Domaine de Sir William Temple où Esther Johnson grandit et où Swift la rencontra enfant. C'est là que se noua leur relation intellectuelle et amicale qui dura toute leur vie.
Swift fut doyen de cette cathédrale à partir de 1713 ; Esther Johnson y fut enterrée en 1728 et une plaque commémorative lui est dédiée aux côtés de Swift.
Esther Johnson vécut dans des logements loués à proximité de la cathédrale Saint-Patrick, toujours accompagnée de Rebecca Dingley conformément aux convenances de l'époque.
Résidence de campagne du colonel Francis Rochfort, ami de Swift, où Esther séjournait parfois ; Swift lui adressa depuis ce lieu plusieurs des poèmes de la série Stella's Birthday.
Objets typiques

Outil quotidien d'Esther pour répondre aux lettres de Swift, la plume d'oie taillée symbolise l'échange épistolaire intense qui caractérise leur relation sur près de vingt ans.

Recueil de lettres intimes rédigées par Swift entre 1710 et 1713, dont Esther était à la fois la destinataire et le sujet ; ce texte constitue la principale source sur sa vie et sa personnalité.

Esther Johnson, formée à la lecture par Swift, possédait une petite bibliothèque personnelle comprenant des œuvres de poésie et de philosophie ; la lecture était au cœur de sa vie intellectuelle quotidienne.

Les parties de cartes étaient un loisir apprécié dans les cercles sociaux dublinois ; Swift mentionne plusieurs fois dans le Journal les soirées de jeu partagées avec Stella et Dingley.

Le thé, devenu rituel social incontournable en Grande-Bretagne et en Irlande au XVIIIe siècle, était l'occasion pour Esther de recevoir Swift et leurs cercles d'amis pour des échanges intellectuels.

Accessoire de mode féminin incontournable dans l'Irlande du début du XVIIIe siècle, l'éventail accompagnait Esther lors des réceptions et assemblées auxquelles elle participait dans la société dublinoise.
Programmes scolaires
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Lieu
Vie quotidienne
Matin
Esther Johnson se levait tôt, aidée d'une domestique pour s'habiller — corset, jupe à panier et mantua en soie ou en lainage selon la saison. Elle consacrait la matinée à la lecture des journaux londoniens et dublinois, ainsi qu'à la rédaction de ses réponses aux lettres de Swift lorsqu'il séjournait à Londres.
Après-midi
L'après-midi était souvent consacré aux visites sociales : Esther recevait ou se rendait chez des amis du cercle intellectuel de Swift, dont le médecin Thomas Sheridan ou l'évêque Ashe. Elle participait à des parties de cartes ou à des promenades dans les parcs et jardins de Dublin.
Soir
Le soir, Esther et Rebecca Dingley recevaient fréquemment Swift pour le thé ou le souper ; les soirées se prolongeaient en lectures à voix haute, discussions littéraires et jeux de mots. Swift lisait parfois ses textes en cours de rédaction pour en obtenir l'avis critique de Stella.
Alimentation
Le régime alimentaire d'Esther était celui d'une gentlewoman irlandaise aisée : rôtis de viande (mouton, bœuf), pain blanc, fromages, légumes bouillis et puddings sucrés. Le thé importé des Indes orientales était devenu le rituel incontournable de l'après-midi, accompagné de petits biscuits et de confiture.
Vêtements
Esther portait les modes anglaises du début du siècle : mantua en soie damassée ou en laine pour l'hiver, corset baleiné, jupes à panier et fichus de dentelle au col. Elle coiffait ses cheveux sous un bonnet de lin ou une fontange en dentelle, conformément aux usages de la gentry irlandaise.
Habitat
Esther Johnson vivait dans des logements en location dans le quartier sud de Dublin, non loin de la cathédrale Saint-Patrick. Ces maisons georgiennes en brique rouge comportaient plusieurs pièces confortablement meublées : un salon pour recevoir, une chambre et un cabinet d'écriture. Elle ne vivait jamais chez Swift mais dans un logement séparé, toujours en compagnie de Rebecca Dingley.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Portrait féminin dans le style baroque tardif anglais de Kneller et Jervas : intérieur chaleureux à la bougie, robe de soie damassée, papiers et livres sur la table d'écriture dublinoise.
Ambiance sonore
Ambiance sonore d'un intérieur bourgeois dublinois du début du XVIIIe siècle : cloches de la cathédrale, plume sur papier, feu de cheminée et conversations de salon au coin du feu.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Journal to Stella (Journal à Stella) — Jonathan Swift
1710-1713 (publié 1766-1768)
Stella's Birthday (poèmes anniversaire) — Jonathan Swift
1719-1727
On the Death of Mrs. Johnson — Jonathan Swift
1728
Poèmes attribués à Stella — Esther Johnson
vers 1720-1728






