Giordano Bruno

Giordano Bruno

1548 — 1600

royaume de Naples

SciencesLettresPhilosophiePhilosopheRenaissanceRenaissance italienne et européenne (XVIe siècle)

Philosophe, cosmologiste et théologien italien de la Renaissance, Giordano Bruno défendit l'idée d'un univers infini et d'une pluralité des mondes. Condamné pour hérésie par l'Inquisition, il fut brûlé vif à Rome en 1600.

Citations célèbres

« Le temps est le père de la vérité, et la vérité est la fille du temps. »
« Un univers unique et infini existe, dans lequel tout est partout. »

Faits marquants

  • Né en 1548 à Nola, près de Naples, il entre dans l'ordre dominicain
  • Publie en 1584 'De l'infini, de l'univers et des mondes', défendant l'univers infini et copernicien
  • Fuit l'Italie et voyage à travers l'Europe (Genève, Paris, Londres, Francfort) pour diffuser ses idées
  • Arrêté par l'Inquisition à Venise en 1592 et transféré à Rome
  • Brûlé vif sur le Campo de' Fiori à Rome le 17 février 1600 pour hérésie

Œuvres & réalisations

La Cena de le Ceneri (Le Souper des cendres) (1584)

Dialogue en cinq parties dans lequel Bruno défend le système héliocentrique de Copernic tout en proposant un univers infini. C'est l'une de ses premières œuvres majeures de cosmologie.

De la causa, principio et uno (1584)

Dialogue philosophique exposant une vision panthéiste de l'univers, où Dieu est l'âme immanente de toutes choses. Œuvre fondatrice de sa métaphysique.

De l'infinito, universo e mondi (1584)

Traité cosmologique affirmant que l'univers est infini, sans centre ni périphérie, et peuplé d'une infinité de mondes habités. Thèse qui lui valut en grande partie sa condamnation.

Spaccio de la bestia trionfante (1584)

Dialogue satirique allégorique dans lequel les dieux de l'Olympe réforment les cieux en chassant les vices. Bruno y critique les institutions religieuses de son temps de façon voilée.

De gli eroici furori (Des fureurs héroïques) (1585)

Recueil de sonnets et de dialogues philosophiques consacré à l'amour intellectuel de l'infini et à l'aspiration de l'âme vers le divin. Une des œuvres les plus poétiques de Bruno.

Ars memoriae (Art de la mémoire) (1582)

Premier grand ouvrage publié à Paris, issu de la tradition mnémotechnique médiévale et hermétique. Il établit la réputation de Bruno comme maître des techniques de mémorisation en Europe.

Anecdotes

Giordano Bruno entra dans l'ordre dominicain à Naples à l'âge de quinze ans, mais sa curiosité intellectuelle le poussa très tôt à lire des ouvrages interdits, dont les œuvres d'Érasme cachées dans les latrines du couvent. Cette soif de savoir lui valut ses premières ennuis avec la hiérarchie religieuse avant même qu'il ne quitte l'habit monastique.

Bruno était un mnémotechnicien prodigieux : il impressionna le roi Henri III de France en lui présentant des techniques de mémorisation tirées de son art de la mémoire. Le roi, convaincu que ce talent relevait de la magie, fut rassuré d'apprendre qu'il s'agissait d'une méthode naturelle fondée sur des images mentales organisées.

Lors de son séjour à Oxford en 1583, Bruno tenta d'enseigner la cosmologie copernicienne et ses propres thèses sur l'univers infini. Les professeurs oxoniens le contredisirent vivement et l'accusèrent de plagier Ficin. Bruno répondit par des pamphlets cinglants, se moquant de l'obscurantisme anglais, ce qui lui valut une réputation aussi brillante que turbulente.

Après avoir quitté Venise suite à sa trahison par Giovanni Mocenigo en 1592, Bruno fut transféré à Rome et emprisonné pendant huit ans. Tout au long de ce procès interminable, il refusa d'abjurer ses convictions sur l'infinité de l'univers et la pluralité des mondes, déclarant aux juges qui le condamnaient : 'Vous prononcez peut-être cette sentence avec plus de crainte que moi je ne la reçois.'

Bruno fut brûlé vif sur le Campo de' Fiori à Rome le 17 février 1600. Selon les témoins, il détourna le visage du crucifix qu'on lui présentait et mourut sans prononcer un mot. Trois siècles plus tard, en 1889, une statue à son effigie fut érigée sur ce même champ, saluée comme symbole de la liberté de pensée contre le dogmatisme.

Sources primaires

De l'infinito, universo e mondi (1584)
L'univers est donc un, infini, immobile… Il n'a pas de centre, parce qu'il est partout, ou plutôt parce que son centre est partout et sa circonférence nulle part.
La Cena de le Ceneri (1584)
La terre n'est pas au centre de l'univers, mais elle tourne autour du soleil comme les autres planètes ; et le soleil lui-même n'est qu'une étoile parmi d'autres dans un cosmos sans limite.
Sommario del processo (actes du procès de l'Inquisition) (1592-1600)
Il a soutenu qu'il existe une infinité de mondes, que l'âme peut transmigrer d'un corps à l'autre, et que les étoiles sont autant de soleils entourés de mondes habités.
De la causa, principio et uno (1584)
Dieu est la cause et le principe de toutes choses ; il est présent dans chaque partie de l'univers, non comme extérieur à elle, mais comme son âme la plus intime.
Spaccio de la bestia trionfante (1584)
Il faut chasser de nous les vices, comme Jupiter chasse les bêtes du ciel : la réforme morale commence dans l'âme de chaque homme avant de se manifester dans la société.

Galerie

Bronze statue of Giordano Bruno by Ettore Ferrari , Campo de' Fiori, Roma

Bronze statue of Giordano Bruno by Ettore Ferrari , Campo de' Fiori, Roma

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Livioandronico2013

Giordano Bruno in Campo de' fiori

Giordano Bruno in Campo de' fiori

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Livioandronico2013

Monumento al Filosofo Giordano Bruno (1548 - 1600)

Monumento al Filosofo Giordano Bruno (1548 - 1600)

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Armando Olivo Martín del Campo

Giordano Bruno Monumento

Giordano Bruno Monumento

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Armando Olivo Martín del Campo

Giordano-Bruno-Stiftung Haus Weitblick

Giordano-Bruno-Stiftung Haus Weitblick

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — David Farago

Voir aussi