Guangxu (1871-1908) fut le onzième empereur de la dynastie Qing. En 1898, il tenta de moderniser la Chine à travers les « Cent Jours de réforme », mais l'impératrice douairière Cixi prit le pouvoir et le plaça en résidence surveillée jusqu'à sa mort.
Guangxu(1871 — 1908)
Guangxu
dynastie Qing
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1875 : Devient empereur de Chine à l'âge de 4 ans, sous la tutelle de Cixi
- 1894-1895 : La défaite de la Chine face au Japon (guerre sino-japonaise) précipite la crise de l'empire
- 1898 : Lance les Cent Jours de réforme (11 juin – 21 septembre), visant à moderniser l'État, l'armée et l'éducation
- 1898 : Coup d'État de Cixi — Guangxu est arrêté et confiné dans le palais de l'Île de Jade jusqu'à sa mort
- 1908 : Meurt la veille de Cixi ; une analyse ADN (2008) a confirmé qu'il fut empoisonné à l'arsenic
Œuvres & réalisations
Plus de 100 édits impériaux visant à moderniser l'éducation, l'armée, l'économie et l'administration chinoises sur le modèle japonais et occidental. Bien qu'annulés par Cixi, ils constituèrent un programme réformiste cohérent qui inspira les révolutionnaires des décennies suivantes.
Créée pendant les Cent Jours de réforme, cette université introduisit l'enseignement des sciences modernes, des mathématiques et des langues étrangères dans l'enseignement supérieur chinois. Elle est l'ancêtre directe de la prestigieuse Université de Pékin.
Guangxu décréta l'introduction des sciences, des mathématiques et des études politiques modernes dans les examens impériaux, remettant en cause un système fondé quasi exclusivement sur les classiques confucéens depuis des siècles.
Tirant les leçons de la défaite contre le Japon en 1895, Guangxu ordonna la réorganisation des forces armées selon des méthodes européennes, la création d'académies militaires modernes et l'adoption de nouvelles tactiques et armements.
Anecdotes
Guangxu monta sur le trône à l'âge de quatre ans en 1875, désigné par l'impératrice douairière Cixi — sa propre tante par alliance. Trop jeune pour régner, c'est elle qui exerça le pouvoir réel pendant des décennies, plaçant le jeune empereur dans une tutelle dont il ne parvint jamais vraiment à s'affranchir.
En 1898, Guangxu lança une série de réformes radicales inspirées par les intellectuels Kang Youwei et Liang Qichao : en 103 jours, il promulgua plus d'une centaine d'édits visant à moderniser l'armée, l'éducation, l'économie et l'administration. Ce mouvement, connu sous le nom de « Cent Jours de réforme », fut brutalement interrompu par Cixi qui reprit le pouvoir par un coup d'État le 21 septembre 1898.
Sa favorite, la concubine Zhen Fei (la « Concubine Perle »), partageait ses idées réformistes et son goût pour les innovations occidentales, notamment la photographie. Lorsque les troupes étrangères approchèrent de Pékin lors de la révolte des Boxeurs en 1900, Cixi la fit jeter dans un puits de la Cité Interdite avant de prendre la fuite, prétextant que la jeune femme ne devait pas tomber aux mains des envahisseurs.
Guangxu mourut le 14 novembre 1908, un seul jour avant Cixi. Longtemps jugée naturelle, sa mort fut élucidée en 2008 grâce à une analyse scientifique de ses restes : les chercheurs détectèrent dans ses cheveux et ses os une concentration d'arsenic 2 000 fois supérieure à la normale, confirmant qu'il fut très probablement empoisonné.
Fasciné par les techniques occidentales, Guangxu apprit à lire le français et l'anglais, consulta des ouvrages européens sur le droit constitutionnel et fit installer le téléphone à la Cité Interdite. Ces curiosités intellectuelles tranchaient avec la méfiance de Cixi envers les influences étrangères et illustraient la fracture profonde qui opposait les deux souverains.
Sources primaires
L'Empereur ordonne que toutes les provinces établissent des écoles modernes, que les examens impériaux soient réformés pour inclure les sciences et les études pratiques, et que les ministères adoptent des méthodes d'administration plus efficaces afin de renforcer l'Empire.
Votre Majesté doit comprendre que la Chine ne peut survivre qu'en adoptant des réformes constitutionnelles et en modernisant ses institutions sur le modèle du Japon Meiji. Sans cela, nos ennemis nous dévoreront comme ils ont dévoré l'Inde et l'Annam.
L'Empereur, souffrant d'une grave maladie, nous a supplié de prendre en main les affaires de l'État. Nous assumons donc à nouveau la régence conformément aux règles dynastiques, pour le bien de l'Empire et du peuple.
L'Empereur Guangxu semble sincèrement désireux de réformer son empire selon des lignes modernes. Toutefois, le vrai pouvoir demeure entre les mains de l'Impératrice Douairière et des éléments conservateurs de la cour, qui voient ces réformes comme une menace existentielle.
L'Empereur nous reçut secrètement et nous dit qu'il souhaitait de tout son cœur transformer la Chine, mais qu'il craignait que les conservateurs, soutenus par la Douairière, ne l'en empêchent. Sa tristesse et son impuissance étaient palpables.
Lieux clés
Résidence officielle des empereurs Qing, la Cité Interdite fut le cadre de toute la vie de Guangxu, de son avènement à son emprisonnement. C'est là qu'il promulgua ses réformes en 1898 avant d'être placé sous surveillance.
Après le coup d'État de Cixi en septembre 1898, Guangxu fut confiné sur l'île de Yingtai au sein du complexe de Zhongnanhai, entourée d'eau et gardée en permanence. Ce palais devint sa prison dorée jusqu'à sa mort en 1908.
Résidence favorite de Cixi, ce palais reconstruit après le sac de 1860 fut en partie financé en détournant des fonds destinés à la marine de guerre — un symbole du conflit entre modernisation et dépenses impériales somptuaires.
Lors de la révolte des Boxeurs en 1900, la Cour impériale — dont Guangxu, contraint de suivre Cixi — fuit Pékin pour se réfugier à Xi'an. Ce départ précipité symbolisa l'humiliation de l'Empire face aux puissances étrangères.
Fondée par Guangxu en 1898 dans le cadre des Cent Jours de réforme, cette institution devint l'actuelle Université de Pékin (Beida), l'une des plus prestigieuses de Chine. Elle demeure le legs le plus durable du règne réformateur de Guangxu.
Objets typiques

Confectionnée en soie jaune impérial, cette robe ornée du dragon à cinq griffes — symbole exclusif de l'Empereur — était portée par Guangxu lors des grandes cérémonies. Elle incarnait sa légitimité dynastique en tant que Fils du Ciel.

Outil indispensable au gouvernement, le sceau de jade était apposé sur chacun des édits promulgués par Guangxu, notamment durant les Cent Jours de réforme. Sa possession symbolisait la détention du pouvoir suprême sur l'Empire.

Guangxu étudia avec attention les traductions chinoises de textes européens sur le droit, les sciences et le gouvernement constitutionnel. Ces livres, apportés par des réformateurs comme Kang Youwei, nourrirent sa vision d'une Chine modernisée.

L'Empereur annotait les mémoires administratifs avec un pinceau trempé dans de l'encre rouge — couleur réservée au souverain. Ces annotations manuscrites constituaient l'expression directe de la volonté impériale sur les affaires de l'État.

Symbole de sa fascination pour les inventions occidentales, Guangxu collectionnait des montres de poche importées d'Europe. Ces objets illustraient la tension entre la tradition dynastique millénaire et le désir d'ouverture au monde moderne.

La photographie, introduite à la cour Qing à la fin du XIXe siècle, fascinait Guangxu et sa favorite la concubine Perle. Les portraits photographiques de l'Empereur constituent aujourd'hui des témoignages historiques précieux de son règne.
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Vie quotidienne
Matin
L'Empereur se levait avant l'aube, selon le rituel impérial immuable. Après des ablutions et un habillage solennel assisté par des eunuques, il se rendait à la salle du trône pour recevoir les hauts fonctionnaires venus présenter leurs rapports et leurs mémoires au pinceau rouge.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés à l'étude : Guangxu lisait les classiques confucéens, mais aussi, avec passion, les traductions d'ouvrages occidentaux sur les réformes constitutionnelles et la science moderne. Il recevait parfois en secret des conseillers réformistes comme Kang Youwei pour discuter de l'avenir de la Chine.
Soir
Les soirées se déroulaient dans les appartements intérieurs, entre pratique de la calligraphie et parties d'échecs chinois (xiangqi). Après 1898, ses soirées se passaient en quasi-isolement sur l'île de Yingtai, sous étroite surveillance des gardes de Cixi, sans pouvoir quitter son palais lacustre.
Alimentation
L'alimentation de l'Empereur obéissait à des règles strictes : plusieurs dizaines de plats étaient préparés à chaque repas par les cuisines impériales — viandes rôties, soupes délicates, légumes sautés, douceurs aux haricots rouges ou au sésame. Guangxu était réputé sobre et de petit appétit, préférant les préparations simples aux fastes culinaires.
Vêtements
Guangxu portait des robes de soie jaune impérial brodées de dragons à cinq griffes lors des cérémonies officielles. Au quotidien, il revêtait des tenues plus sobres en soie bleue ou grise à motifs discrets. En hiver, les robes étaient doublées de fourrure de renard ou de vison.
Habitat
Guangxu résidait dans les palais intérieurs de la Cité Interdite, un labyrinthe de cours et de pavillons aux tuiles jaunes vernissées et aux colonnes rouges laquées. Après 1898, il fut confiné sur l'île de Yingtai à Zhongnanhai — un palais entouré d'eau, véritable prison dorée dont les ponts étaient gardés jour et nuit.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Esthétique de la cour Qing fin XIXe siècle : jaune impérial, dragons brodés sur soie, colonnes laquées rouge vermillon — avec, çà et là, les objets occidentaux rapportés par la curiosité réformatrice de Guangxu, créant une atmosphère de grandeur mélancolique.
Ambiance sonore
Ambiance sonore de la Cité Interdite à l'époque de Guangxu : musique de cour sur erhu et guqin, cloches cérémonielles scandant les heures, froissement de soie — et le tic-tac discret d'une montre européenne symbolisant la tension entre tradition et modernité.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Édits des Cent Jours de réforme (戊戌變法)
Juin – septembre 1898
Fondation de l'Université impériale de Pékin (Jingshi Daxuetang)
1898
Réforme du système des examens impériaux
1898
Programme de modernisation de l'armée impériale
1898





