Médecin grec du Ve siècle av. J.-C., considéré comme le « père de la médecine ». Il a fondé une approche rationnelle et empirique de la médecine, la distinguant des pratiques religieuses et magiques. Son œuvre, le Corpus hippocratique, a influencé la médecine occidentale pendant plus de deux millénaires.
Hippocrate(459 av. J.-C. — 369 av. J.-C.)
Hippocrate
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Primum non nocere (D'abord, ne pas nuire).»
« Que ton aliment soit ton médicament.»
« La vie est courte, l'art est long, l'occasion fugitive, l'expérience trompeuse, le jugement difficile.»
Faits marquants
- Né vers 460 av. J.-C. sur l'île de Cos (mer Égée)
- Fonde une école de médecine à Cos, rupture avec la médecine des temples
- Rédige ou inspire le Corpus hippocratique, recueil d'une soixantaine de traités médicaux
- Élabore la théorie des quatre humeurs (sang, phlegme, bile jaune, bile noire)
- Le serment d'Hippocrate, fondement de l'éthique médicale, porte son nom jusqu'à nos jours
- Mort vers 370 av. J.-C. à Larissa (Thessalie)
Œuvres & réalisations
Texte fondateur de l'éthique médicale, fixant les devoirs du médecin envers ses patients : ne pas nuire, respecter le secret, refuser tout acte nuisible. Encore prêté sous forme adaptée par les médecins du monde entier aujourd'hui.
Recueil de 412 sentences médicales condensant l'expérience clinique hippocratique, dont le célèbre « La vie est courte, l'art est long ». L'un des textes médicaux les plus lus et copiés de toute l'Antiquité jusqu'à la Renaissance.
Premier traité de médecine environnementale : Hippocrate y montre que le climat, l'eau et la géographie influencent directement la santé. Ce texte préfigure l'épidémiologie et la géographie médicale modernes.
Traité révolutionnaire démontrant que l'épilepsie, dite « maladie sacrée », a une cause naturelle (le cerveau) et non divine. C'est l'un des actes fondateurs de la séparation entre médecine et religion.
Traité sur l'art de prévoir l'évolution d'une maladie à partir de l'observation des symptômes, notamment le célèbre « faciès hippocratique ». Il pose les bases de l'observation clinique systématique et rigoureuse.
Ensemble de 60 à 70 traités médicaux rédigés par Hippocrate et ses disciples, couvrant chirurgie, diététique, gynécologie et épidémiologie. Cette encyclopédie médicale a dominé la médecine occidentale et arabe pendant plus de deux mille ans.
Anecdotes
Hippocrate naît vers 460 av. J.-C. sur l'île de Cos, dans une famille qui se réclamait descendante du dieu Asclépios. Pourtant, loin de s'appuyer sur ce prestige divin, il consacra toute sa vie à prouver que la maladie avait des causes naturelles, non surnaturelles — une rupture révolutionnaire avec la pensée de son temps.
On lui attribue l'observation minutieuse du « faciès hippocratique » : le visage d'un mourant présente des traits tirés, le nez pincé, les tempes creuses, les yeux enfoncés. Cette description clinique, d'une précision remarquable, figure encore dans les manuels de médecine modernes sous ce même nom.
Hippocrate enseignait en plein air, sous un grand platane sur l'île de Cos. Cet arbre, encore visible aujourd'hui (bien que l'actuel arbre soit bien plus récent), est devenu un symbole de la transmission du savoir médical. Ses élèves prenaient des notes sur des tablettes de cire en l'écoutant observer et commenter ses patients.
Le célèbre serment d'Hippocrate, prêté encore aujourd'hui par les médecins à leur entrée dans la profession, pose les bases éthiques de la médecine : ne pas nuire, respecter le patient, garder le secret médical. Ironiquement, les historiens débattent pour savoir si Hippocrate l'a vraiment rédigé lui-même ou si c'est l'œuvre de ses disciples.
Hippocrate voyagea beaucoup à travers la Grèce, la Macédoine, la Thrace et peut-être jusqu'en Perse, soignant des patients de toutes conditions. La tradition rapporte qu'il refusa une somme considérable offerte par le roi perse Artaxerxès, qui voulait l'engager à sa cour — préférant soigner ses compatriotes grecs.
Sources primaires
Je jure par Apollon médecin, par Asclépios, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin, de remplir, selon mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivants : [...] Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice.
La vie est courte, l'art est long, l'occasion fugitive, l'expérience trompeuse, le jugement difficile. (Ars longa, vita brevis)
Quiconque veut étudier la médecine doit d'abord considérer les saisons de l'année et leurs effets respectifs [...] puis les vents chauds et froids, surtout ceux qui sont communs à tous les pays, et ceux qui sont particuliers à chaque contrée.
Il me semble être une chose excellente pour le médecin de s'appliquer au pronostic. En prévoyant et en annonçant à l'avance, auprès des malades, le présent, le passé et l'avenir, et en expliquant ce qu'ils ont omis, il acquerra leur confiance.
La maladie dite sacrée [l'épilepsie] me paraît n'avoir rien de plus divin ni de plus sacré que les autres maladies, mais elle a une cause naturelle comme toutes les autres affections. Les hommes lui ont assigné une nature divine par inexpérience et par étonnement.
Lieux clés
Lieu de naissance d'Hippocrate et centre du premier grand établissement médical laïc de l'Antiquité, l'Asclépion de Cos. C'est ici qu'il enseigna et fonda son école, sous le fameux platane de Cos.
Temple-hôpital dédié à Asclépios, où Hippocrate et ses élèves soignaient les patients et transmettaient leur savoir. Ce lieu fusionne le religieux et le médical, avant qu'Hippocrate n'impose l'observation rationnelle sur la prière.
Capitale intellectuelle du monde grec au Ve siècle av. J.-C., où Hippocrate serait venu soigner lors de la grande peste de 430 av. J.-C. Ce foyer de pensée rationnelle (Socrate, Sophocle) nourrit l'approche empirique hippocratique.
Ville où Hippocrate mourut, probablement vers 370 av. J.-C., à un âge très avancé. Sa tombe y était encore vénérée plusieurs siècles après sa mort, témoignant de son immense prestige.
Ville de Thrace que la tradition associe à une intervention médicale légendaire : Hippocrate y fut appelé pour soigner Démocrite, que ses concitoyens croyaient fou. Il conclut que le philosophe était parfaitement sain d'esprit.
Objets typiques

Les médecins grecs notaient leurs observations cliniques sur des tablettes enduites de cire, grattées et réutilisées. Hippocrate y consignait les symptômes et l'évolution des malades, posant les bases de l'observation médicale systématique.

Le Corpus hippocratique décrit l'usage de bistouris, crochets et pinces en bronze pour les interventions chirurgicales. Ces outils témoignent d'une pratique médicale déjà très codifiée, avec des règles précises de stérilisation à la flamme.

Utilisée dans les rituels liés à Asclépios, dieu de la médecine, avant qu'Hippocrate ne rompe avec cette approche religieuse. Ce gobelet en céramique symbolise la tension entre médecine sacrée et médecine rationnelle que sa vie incarne.

L'examen de l'urine (couleur, consistance, dépôt) était une technique diagnostique centrale dans la médecine hippocratique. Ces fioles en terre cuite servaient à recueillir et observer les fluides corporels pour déterminer la nature de la maladie.

Hippocrate prescrivait des remèdes à base de plantes (ellébore, opium, mandragore) préparés au mortier et au pilon. Son approche liait régime alimentaire, plantes et repos pour rétablir l'équilibre des humeurs dans le corps.

Symbole universel de la médecine représentant un serpent enroulé autour d'un bâton, associé au dieu guérisseur Asclépios dont Hippocrate se réclamait descendant. Ce symbole traverse les siècles et reste l'emblème de la profession médicale.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Hippocrate se levait à l'aube, au moment où la lumière du jour permettait d'observer les patients avec précision. Il commençait par une tournée des malades hébergés à l'Asclépion de Cos, notant sur des tablettes de cire leur teint, leur respiration et leurs sécrétions. Cette observation minutieuse du matin était pour lui la base de tout diagnostic sérieux.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'enseignement sous le grand platane de Cos, entouré de ses élèves qui apprenaient à observer et à raisonner plutôt qu'à prier. Hippocrate menait des discussions sur les cas du matin, débattant des causes possibles des maladies et des traitements appropriés. Il pouvait aussi pratiquer de petites interventions chirurgicales, rédiger des observations ou préparer des remèdes à base de plantes.
Soir
La soirée était un moment de réflexion et de rédaction : Hippocrate dictait ou rédigeait ses observations sur des tablettes, constituant peu à peu ce qui deviendrait le Corpus hippocratique. Il participait parfois à des discussions philosophiques avec d'autres penseurs grecs, car l'île de Cos était un lieu de passage intellectuel. Le sommeil était précoce, conforme au régime sain qu'il prescrivait à ses patients.
Alimentation
Hippocrate attachait une importance capitale à l'alimentation comme fondement de la santé, selon sa formule : « Que ta nourriture soit ton médicament ». Son régime suivait les principes qu'il enseignait : céréales (orge, blé), légumes, olives et huile d'olive, poisson frais de la mer Égée, fruits de saison et eau pure. Il évitait les excès de viande et de vin, recommandant la sobriété et l'adaptation du régime à la saison et à la constitution du patient.
Vêtements
Hippocrate portait le himation, grand manteau de laine blanche drapé sur le corps à la manière grecque classique, symbole de la dignité et de la respectabilité du médecin. En dessous, il portait un chiton de lin léger, adapté au climat méditerranéen. Ses vêtements étaient simples et fonctionnels, sans ornement ostentatoire, reflétant l'éthique de sobriété qu'il prônait.
Habitat
Hippocrate vivait et exerçait au sein de l'iatreion, cabinet médical attaché à l'Asclépion de Cos, sur les hauteurs de l'île avec vue sur la mer Égée. Ce lieu mêlait habitation, salle de consultation et espace d'enseignement, avec une cour intérieure ombragée par un grand platane. Les murs de pierre blanche, les sols en terre battue ou en mosaïque simple, et la fraîcheur naturelle du bâtiment correspondaient à l'idéal médical d'un environnement sain et aéré.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style grec classique du Ve siècle av. J.-C. : architecture en marbre blanc, lumière méditerranéenne dorée, tonalités ocre et blanche, compositions épurées et harmonieuses inspirées de la céramique et des fresques antiques.
Ambiance sonore
Ambiance sonore de l'île de Cos au Ve siècle av. J.-C. : mer Égée, vent méditerranéen, bruits de port et de préparation de remèdes à base de plantes dans un sanctuaire de soin.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Serment d'Hippocrate
Ve-IVe siècle av. J.-C.
Aphorismes
Ve-IVe siècle av. J.-C.
Des airs, des eaux et des lieux
Ve siècle av. J.-C.
De la maladie sacrée
Ve siècle av. J.-C.
Du pronostic
Ve siècle av. J.-C.
Le Corpus hippocratique (ensemble)
Ve-IIIe siècle av. J.-C.






