Horace
Horace
64 av. J.-C. — 7 av. J.-C.
Rome antique
Horace est un poète latin majeur de l'époque augustéenne, né en 65 av. J.-C. à Vénouse. Ami de Virgile et protégé de Mécène, il est l'auteur des Odes, des Satires et de l'Art poétique. Son œuvre célèbre la sagesse, l'amitié et les plaisirs simples de la vie.
Citations célèbres
« Carpe diem, quam minimum credula postero. (Cueille le jour présent, fie-toi le moins possible au lendemain.) »
« Aurea mediocritas. (La juste mesure dorée.) »
« Odi profanum vulgus et arceo. (Je hais la foule profane et je l'écarte.) »
Faits marquants
- Né en 65 av. J.-C. à Vénouse (Apulie), fils d'un affranchi
- Combat à Philippes (42 av. J.-C.) aux côtés de Brutus contre Octave
- Intègre le cercle de Mécène vers 38 av. J.-C. grâce à Virgile
- Publie les quatre livres des Odes entre 23 et 13 av. J.-C.
- Meurt en 8 av. J.-C., quelques semaines après son ami Mécène
Œuvres & réalisations
Deux livres de dix-huit satires en hexamètres dactyliques, portraits mordants et bienveillants de la société romaine. Horace s'y montre observateur lucide des travers humains, avec un ton plus doux et philosophique que son modèle Lucilius.
Recueil de dix-sept poèmes lyriques d'inspiration grecque (Archiloque), mêlant invectives, amour et réflexions politiques. Les Épodes marquent les débuts de la lyrique latine et annoncent les grandes Odes.
Cent trois poèmes en quatre livres, chef-d'œuvre absolu de la poésie latine. Horace y adapte les mètres lyriques grecs (alcaïque, saphique) pour chanter l'amour, l'amitié, la nature, la mort et la modération.
Deux livres de lettres versifiées adressées à des amis et à l'empereur Auguste, explorant la philosophie morale et la critique littéraire. Les Épîtres révèlent un Horace sage, réfléchi, en quête de la juste mesure (aurea mediocritas).
Hymne officiel composé sur commande d'Auguste pour les Jeux Séculaires, chanté par un chœur de jeunes Romains au Palatin. Ce poème célèbre la renaissance de Rome sous le règne d'Auguste et la protection des dieux.
Longue épître versifiée adressée à la famille Pison, véritable traité de critique littéraire qui influencera toute l'esthétique classique européenne. Horace y formule des principes fondateurs comme l'ut pictura poesis et la nécessité d'allier l'utile à l'agréable.
Anecdotes
Horace était le fils d'un affranchi, c'est-à-dire d'un ancien esclave libéré. Son père, malgré sa condition modeste, fit tout pour lui offrir la meilleure éducation possible, l'envoyant étudier à Rome puis à Athènes. Horace rendit hommage à ce sacrifice toute sa vie, reconnaissant que sa réussite lui venait entièrement de son père.
Lors de la bataille de Philippes en 42 av. J.-C., Horace combattit du côté de Brutus contre Octave et Antoine. Selon ses propres mots dans ses Odes, il aurait pris la fuite en abandonnant son bouclier — une allusion ironique au poète grec Archiloque qui se vantait du même acte. Cette autodérision témoigne de son humour et de sa lucidité.
Le richissime Mécène, conseiller d'Auguste et grand mécène des arts, offrit à Horace une villa dans la Sabine, aux collines verdoyantes au nord-est de Rome. Ce domaine devint le refuge favori du poète, où il composa nombre de ses chefs-d'œuvre et où il célébra les joies simples de la campagne, du vin et de l'amitié.
Horace fut approché par l'empereur Auguste lui-même pour devenir son secrétaire personnel, une charge extraordinairement prestigieuse. Le poète déclina poliment l'offre, préférant garder son indépendance et son temps libre pour écrire. Auguste, loin de s'en offenser, continua à l'estimer et à le soutenir.
Horace mourut en 8 av. J.-C., quelques semaines seulement après son ami Mécène, comme s'il ne pouvait survivre à sa disparition. Il avait lui-même prédit ce décès presque simultané dans ses poèmes. Il fut enterré sur l'Esquilin, près de la tombe de son protecteur, fidèle à cette amitié jusqu'au bout.
Sources primaires
Tu ne quaesieris, scire nefas, quem mihi, quem tibi finem di dederint... Carpe diem, quam minimum credula postero. (Ne cherche pas à savoir — il est interdit de le connaître — quelle fin les dieux m'ont réservée, à moi et à toi... Cueille le jour présent, en te fiant le moins possible au lendemain.)
Non ego me claro natum patre, non ego circum me Satureiano vectari rura caballo... Omnis enim res, virtus, fama, decus, divina humanaque pulchris divitiis parent. (Ce n'est pas à un père illustre que je dois ma naissance... Car tout, vertu, réputation, honneur, les choses divines et humaines, obéissent à la belle richesse.)
Nullius addictus iurare in verba magistri, quo me cumque rapit tempestas, deferor hospes. (N'étant l'esclave d'aucune parole de maître, je me laisse emporter comme hôte où la tempête me pousse.)
Aut prodesse aut delectare poetae, aut simul et iucunda et idonea dicere vitae. (Le but du poète est soit d'être utile, soit de plaire, soit de dire à la fois des choses agréables et adaptées à la vie.)
Exegi monumentum aere perennius regalique situ pyramidum altius. (J'ai achevé un monument plus durable que l'airain, plus haut que la masse royale des pyramides.)
