Horemheb

Horemheb

1350 av. J.-C. — 1291 av. J.-C.

Égypte antique

PolitiqueMilitaireAvant J.-C.Égypte ancienne, Nouvel Empire, fin de la XVIIIe dynastie (vers 1319-1292 av. J.-C.)

Dernier pharaon de la XVIIIe dynastie égyptienne, Horemheb fut d'abord un général sous Toutânkhamon et Aÿ avant de s'emparer du trône. Il restaura l'ordre traditionnel et effaça les traces de la révolution religieuse d'Akhénaton.

Faits marquants

  • Général en chef sous Toutânkhamon et Aÿ avant de devenir pharaon (vers 1319 av. J.-C.)
  • Restaura le culte d'Amon et démantela les réformes religieuses d'Akhénaton
  • Fit marteler le nom d'Akhénaton, Néfertiti et Toutânkhamon pour effacer la période amarnienne
  • Promulgua un décret royal contre la corruption et les abus des fonctionnaires royaux
  • Sans héritier, nomma son vizir Ramsès comme successeur, inaugurant la XIXe dynastie

Œuvres & réalisations

Grand Édit de Horemheb (vers 1315 av. J.-C.)

Décret royal gravé à Karnak constituant l'un des plus anciens textes législatifs connus de l'histoire. Il organise les tribunaux, réglemente les taxes et prévoit des peines sévères contre la corruption administrative et militaire.

IXe et Xe pylônes de Karnak (vers 1310 av. J.-C.)

Immenses portails monumentaux érigés à l'entrée du temple d'Amon à Karnak, construits en partie avec les blocs des temples d'Akhénaton. Ils affirment symboliquement la restauration du culte traditionnel et la puissance retrouvée de Thèbes.

Tombeau de général à Saqqara (vers 1330 av. J.-C.)

Monument funéraire de dignitaire exceptionnel témoignant de la puissance de Horemheb avant son accession au trône. Ses reliefs documentent les campagnes militaires et les récompenses royales reçues par le futur pharaon.

Tombeau royal KV57 (Vallée des Rois) (vers 1310-1292 av. J.-C.)

Grande tombe pharaonique à Louxor, première à présenter le Livre des Portes en version complète sur ses parois. Elle marque la rupture définitive avec le style amarnien et la renaissance des canons funéraires thébains.

Campagne de restauration du clergé d'Amon (vers 1319-1310 av. J.-C.)

Restitution des terres, des revenus et des prérogatives aux temples d'Amon et des autres dieux égyptiens, supprimés par Akhénaton. Cette restauration religieuse conféra à Horemheb la légitimité dont il avait besoin pour régner sans héritage dynastique.

Anecdotes

Avant de devenir pharaon, Horemheb se fit construire un somptueux tombeau à Saqqara en tant que général. Redécouvert en 1975 par une mission archéologique anglo-néerlandaise, ce tombeau révèle des reliefs militaires exceptionnels témoignant de sa puissance bien avant qu'il n'accède au trône.

Horemheb entreprit l'une des plus grandes campagnes d'effacement mémoriel de l'histoire égyptienne : il fit marteler les noms d'Akhénaton, Toutânkhamon et Aÿ sur tous les monuments et se réattribua leurs années de règne dans les annales officielles. Officiellement, il régna donc depuis la mort d'Amenhotep III, effaçant quatre décennies de l'histoire de l'Égypte.

Pour lutter contre la corruption qui rongeait l'administration après la période troublée d'Amarna, Horemheb promulgua un grand décret réformateur gravé à Karnak, l'un des plus anciens textes législatifs connus. Ce texte prévoyait des peines sévères — y compris la mutilation — pour tout fonctionnaire abusant de sa charge.

Ses constructeurs réutilisèrent les blocs des temples d'Akhénaton, les talatat, comme matériau de remplissage à l'intérieur des pylônes de Karnak. Ce n'est qu'au XXe siècle, en démontant ces structures, que les archéologues redécouvrirent des milliers de blocs sculptés permettant de reconstituer des scènes entières de la révolution atoniste.

Horemheb n'ayant pas d'héritier direct, il désigna son vizir Paramessou, un vieux général de carrière, comme successeur. Ce choix pragmatique fut fondateur : Paramessou monta sur le trône sous le nom de Ramsès Ier et inaugura la XIXe dynastie, ouvrant l'ère des grands pharaons Ramessides.

Sources primaires

Grand Édit de Horemheb (Karnak) (vers 1315 av. J.-C.)
« Sa Majesté a passé tout son temps à chercher le bien-être de l'Égypte [...] Sa Majesté délibéra avec son cœur pour chasser le mal et détruire le mensonge, afin que le fort ne puisse opprimer le faible. »
Stèle de couronnement de Horemheb (Karnak) (vers 1319 av. J.-C.)
Le dieu Horus d'Hout-nesout choisit Horemheb pour être le maître des Deux Terres, lui confiant la royauté éternelle et plaçant sur sa tête la double couronne, devant toute l'assemblée divine.
Inscriptions du tombeau de général à Saqqara (vers 1330 av. J.-C.)
« Horemheb, général des généraux du roi, porte-étendard à la droite du roi, scribe royal, favori du roi comme nul autre, dont le maître se réjouit des conseils. »
Textes des parois du tombeau royal KV57 (Vallée des Rois) (vers 1300-1292 av. J.-C.)
Premières occurrences complètes du Livre des Portes illustrant le voyage nocturne du défunt pharaon devant les divinités des douze heures de la nuit, guidé par Rê.

Lieux clés

Karnak (Thèbes)

Centre religieux majeur où Horemheb fit ériger les IXe et Xe pylônes et où fut gravé son grand édit législatif. C'est là qu'il restaura officiellement le culte d'Amon après la période atoniste.

Saqqara — Tombeau de général

Tombeau de dignitaire exceptionnel construit avant l'accession au trône de Horemheb, orné de reliefs illustrant ses victoires militaires et sa position à la cour. Redécouvert en 1975 par une mission archéologique conjointe.

Vallée des Rois — Tombe KV57

Tombeau royal de Horemheb à Louxor, premier à présenter le Livre des Portes complet sur ses parois et l'un des plus grands de la vallée. Sa décoration marque le retour aux canons artistiques thébains traditionnels.

Memphis

Capitale administrative du nord de l'Égypte, principale résidence de Horemheb lorsqu'il commandait les armées. Il y gouverna aussi une large partie de son règne, supervisant les affaires militaires et judiciaires.

Amarna (Akhetaton)

Capitale éphémère fondée par Akhénaton sur un site vierge, abandonnée après sa mort. Horemheb en ordonna le démantèlement systématique, effaçant jusqu'aux fondations de cet épisode qu'il voulait effacer de la mémoire collective.

Voir aussi