Dernier pharaon de la XVIIIe dynastie égyptienne, Horemheb fut d'abord un général sous Toutânkhamon et Aÿ avant de s'emparer du trône. Il restaura l'ordre traditionnel et effaça les traces de la révolution religieuse d'Akhénaton.
Horemheb(1350 av. J.-C. — 1291 av. J.-C.)
Horemheb
Égypte antique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Général en chef sous Toutânkhamon et Aÿ avant de devenir pharaon (vers 1319 av. J.-C.)
- Restaura le culte d'Amon et démantela les réformes religieuses d'Akhénaton
- Fit marteler le nom d'Akhénaton, Néfertiti et Toutânkhamon pour effacer la période amarnienne
- Promulgua un décret royal contre la corruption et les abus des fonctionnaires royaux
- Sans héritier, nomma son vizir Ramsès comme successeur, inaugurant la XIXe dynastie
Œuvres & réalisations
Décret royal gravé à Karnak constituant l'un des plus anciens textes législatifs connus de l'histoire. Il organise les tribunaux, réglemente les taxes et prévoit des peines sévères contre la corruption administrative et militaire.
Immenses portails monumentaux érigés à l'entrée du temple d'Amon à Karnak, construits en partie avec les blocs des temples d'Akhénaton. Ils affirment symboliquement la restauration du culte traditionnel et la puissance retrouvée de Thèbes.
Monument funéraire de dignitaire exceptionnel témoignant de la puissance de Horemheb avant son accession au trône. Ses reliefs documentent les campagnes militaires et les récompenses royales reçues par le futur pharaon.
Grande tombe pharaonique à Louxor, première à présenter le Livre des Portes en version complète sur ses parois. Elle marque la rupture définitive avec le style amarnien et la renaissance des canons funéraires thébains.
Restitution des terres, des revenus et des prérogatives aux temples d'Amon et des autres dieux égyptiens, supprimés par Akhénaton. Cette restauration religieuse conféra à Horemheb la légitimité dont il avait besoin pour régner sans héritage dynastique.
Anecdotes
Avant de devenir pharaon, Horemheb se fit construire un somptueux tombeau à Saqqara en tant que général. Redécouvert en 1975 par une mission archéologique anglo-néerlandaise, ce tombeau révèle des reliefs militaires exceptionnels témoignant de sa puissance bien avant qu'il n'accède au trône.
Horemheb entreprit l'une des plus grandes campagnes d'effacement mémoriel de l'histoire égyptienne : il fit marteler les noms d'Akhénaton, Toutânkhamon et Aÿ sur tous les monuments et se réattribua leurs années de règne dans les annales officielles. Officiellement, il régna donc depuis la mort d'Amenhotep III, effaçant quatre décennies de l'histoire de l'Égypte.
Pour lutter contre la corruption qui rongeait l'administration après la période troublée d'Amarna, Horemheb promulgua un grand décret réformateur gravé à Karnak, l'un des plus anciens textes législatifs connus. Ce texte prévoyait des peines sévères — y compris la mutilation — pour tout fonctionnaire abusant de sa charge.
Ses constructeurs réutilisèrent les blocs des temples d'Akhénaton, les talatat, comme matériau de remplissage à l'intérieur des pylônes de Karnak. Ce n'est qu'au XXe siècle, en démontant ces structures, que les archéologues redécouvrirent des milliers de blocs sculptés permettant de reconstituer des scènes entières de la révolution atoniste.
Horemheb n'ayant pas d'héritier direct, il désigna son vizir Paramessou, un vieux général de carrière, comme successeur. Ce choix pragmatique fut fondateur : Paramessou monta sur le trône sous le nom de Ramsès Ier et inaugura la XIXe dynastie, ouvrant l'ère des grands pharaons Ramessides.
Sources primaires
« Sa Majesté a passé tout son temps à chercher le bien-être de l'Égypte [...] Sa Majesté délibéra avec son cœur pour chasser le mal et détruire le mensonge, afin que le fort ne puisse opprimer le faible. »
Le dieu Horus d'Hout-nesout choisit Horemheb pour être le maître des Deux Terres, lui confiant la royauté éternelle et plaçant sur sa tête la double couronne, devant toute l'assemblée divine.
« Horemheb, général des généraux du roi, porte-étendard à la droite du roi, scribe royal, favori du roi comme nul autre, dont le maître se réjouit des conseils. »
Premières occurrences complètes du Livre des Portes illustrant le voyage nocturne du défunt pharaon devant les divinités des douze heures de la nuit, guidé par Rê.
Lieux clés
Centre religieux majeur où Horemheb fit ériger les IXe et Xe pylônes et où fut gravé son grand édit législatif. C'est là qu'il restaura officiellement le culte d'Amon après la période atoniste.
Tombeau de dignitaire exceptionnel construit avant l'accession au trône de Horemheb, orné de reliefs illustrant ses victoires militaires et sa position à la cour. Redécouvert en 1975 par une mission archéologique conjointe.
Tombeau royal de Horemheb à Louxor, premier à présenter le Livre des Portes complet sur ses parois et l'un des plus grands de la vallée. Sa décoration marque le retour aux canons artistiques thébains traditionnels.
Capitale administrative du nord de l'Égypte, principale résidence de Horemheb lorsqu'il commandait les armées. Il y gouverna aussi une large partie de son règne, supervisant les affaires militaires et judiciaires.
Capitale éphémère fondée par Akhénaton sur un site vierge, abandonnée après sa mort. Horemheb en ordonna le démantèlement systématique, effaçant jusqu'aux fondations de cet épisode qu'il voulait effacer de la mémoire collective.
Objets typiques

Couronne de guerre en cuir ou textile bleu cobalt portée lors des campagnes militaires et des cérémonies royales. Horemheb l'arbore dans la quasi-totalité de ses représentations officielles, affirmant son identité de pharaon-guerrier.

Sceptre en forme de crosse, insigne fondamental de la royauté égyptienne. Horemheb le tient dans ses représentations officielles pour signifier son pouvoir légitime sur les Deux Terres, pouvoir qu'il dut âprement conquérir.

Épée recourbée d'origine proche-orientale, adoptée par les armées égyptiennes au Nouvel Empire. Horemheb est représenté tenant ce symbole de puissance militaire dans les scènes de victoire sur ses ennemis nubiens et asiatiques.

Attribut du titre de « scribe royal » que portait Horemheb avant son accession au trône. Elle reflète son rôle d'administrateur éclairé, compétence qu'il mit au service de ses grandes réformes législatives.

Outils utilisés par les artisans sur ordre de Horemheb pour marteler les cartouches de ses prédécesseurs sur les monuments. Ils incarnent sa politique d'effacement mémoriel systématique, véritable réécriture de l'histoire officielle.

Véhicule militaire léger introduit par les Hyksôs et maîtrisé par les armées du Nouvel Empire. En tant que commandant en chef, Horemheb dirigeait ses campagnes depuis son char, symbole de la puissance militaire qu'il incarnait avant de monter sur le trône.
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Vie quotidienne
Matin
Horemheb commence sa journée par les rites de purification dans le domaine royal : bains rituels, onctions d'huiles parfumées et revêtement des insignes royaux assisté par les prêtres-sem. Il participe ensuite aux offrandes matinales dans la chapelle palatiale dédiée à Amon, rituel symbolisant la restauration de l'ordre cosmique (Maât) qu'il a fait de sa mission principale.
Après-midi
La majorité de son après-midi est consacrée aux audiences administratives : réception des vizirs, des chefs militaires et des scribes rapportant l'avancement des chantiers et des réformes judiciaires. Horemheb examine personnellement les rapports d'abus et statue sur les sanctions à infliger aux fonctionnaires corrompus, conformément aux termes de son grand édit.
Soir
Le soir, Horemheb préside des banquets officiels réunissant les hauts dignitaires de la cour, agrémentés de musique et de danseuses. Les scribes lisent des rapports des provinces tandis que l'on sert vins du Delta et viandes rôties. La journée se clôt par de nouvelles prières à Amon avant le repos dans des appartements ornés de peintures murales au style résolument traditionnel.
Alimentation
Comme tout pharaon, Horemheb bénéficiait d'une alimentation riche et variée : pains de farine fine, viandes de bœuf, d'oie et de canard rôties, poissons du Nil, légumineuses (lentilles, fèves), légumes frais (oignons, poireaux, laitues) et fruits (dattes, figues, raisins). Des vins fins sélectionnés dans les vignobles royaux du Delta, de la bière de qualité et de l'eau filtrée complétaient ses repas.
Vêtements
En tant que pharaon, Horemheb portait le schenti royal en lin blanc finement tissé, ceinturé d'or, avec le pectoral en or et lapis lazuli orné du scarabée solaire. Pour les cérémonies militaires, il arborait la couronne khépresh bleue et le faux-col ousekh incrusté de cornaline et de turquoise. Le nemes rayé en lin et les sandales dorées complétaient sa tenue lors des rituels dans les temples.
Habitat
Horemheb résidait dans le palais royal de Memphis pour les affaires de gouvernement et dans celui de Thèbes lors des grandes fêtes religieuses d'Amon. Ces demeures comportaient de vastes salles d'audience aux colonnes peintes, des jardins intérieurs avec bassins et arbres fruitiers, des appartements privés décorés de fresques aux motifs végétaux et des ateliers de scribes intégrés pour le traitement quotidien des documents administratifs.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Le style visuel de Horemheb incarne la transition entre l'art amarnien et les canons classiques ramessides : retour à la frontalité stricte, dominance du bleu royal et de l'or, scènes militaires et judiciaires en haut-relief sur grès doré.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore de Horemheb mêle les bruits de chantier des pylônes de Karnak, les chants liturgiques d'Amon restauré, le tintement des ciseaux des scribes réformateurs et le roulement des chars militaires sur les voies processionnelles.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Grand Édit de Horemheb
vers 1315 av. J.-C.
IXe et Xe pylônes de Karnak
vers 1310 av. J.-C.
Tombeau de général à Saqqara
vers 1330 av. J.-C.
Tombeau royal KV57 (Vallée des Rois)
vers 1310-1292 av. J.-C.
Campagne de restauration du clergé d'Amon
vers 1319-1310 av. J.-C.






