Ixchel
Ix Chel
Ix Chel est une déesse de la mythologie maya, vénérée comme figure de la lune, de la médecine, du tissage et de la fertilité. Selon les traditions orales et les sources écrites coloniales (codex mayas), elle incarnait à la fois la puissance créatrice et la destruction liées aux eaux et aux cycles lunaires.
Faits marquants
- Ix Chel est attestée dans les codex mayas survivants (Codex de Dresde, Codex de Madrid), sources écrites du Postclassique (vers XIe–XVe siècle)
- Son sanctuaire principal se trouvait sur l'île de Cozumel (actuel Mexique), lieu de pèlerinage pour les femmes souhaitant avoir des enfants
- Elle est parfois représentée comme une vieille femme tenant un serpent et renversant un vase d'eau — symbole de crues et de destructions
- Dans certaines traditions, elle est associée à Itzamná, dieu suprême, comme épouse ou compagne
- Son culte illustre la place centrale des femmes dans la transmission des savoirs médicaux et artisanaux au sein de la société maya
Œuvres & réalisations
Ensemble de tables astronomiques associées à Ix Chel permettant aux prêtres mayas de calculer les éclipses de lune sur des cycles de 405 lunaisons. Elles témoignent de la sophistication mathématique de la civilisation maya.
Le temple d'Ix Chel à Cozumel, détruit par les Espagnols en 1519, fonctionnait comme oracle : les pèlerins posaient leurs questions et les prêtres répondaient depuis l'intérieur de la statue creuse de la déesse. Il représentait un centre de savoir médical et divinatoire.
Sections du Codex de Madrid dédiées aux rituels de guérison et aux pratiques obstétriques placées sous la protection d'Ix Chel. Ces almanacs guidaient les ah men dans le choix des jours favorables aux soins et aux accouchements.
Ensemble de prières et chants invocatoires adressés à Ix Chel et transmis oralement de guérisseur en guérisseur. Certains fragments ont été recueillis par des ethnologues au XXe siècle, constituant un témoignage rare de la tradition vivante.
Représentations d'Ix Chel associée au métier à tisser de ceinture sur des stèles et céramiques peintes de la période classique. Elles codifiaient les techniques textiles sacrées transmises aux femmes sous la protection de la déesse.
Anecdotes
Ix Chel était la déesse de la lune la plus vénérée de la péninsule du Yucatán. Son sanctuaire principal, situé sur l'île de Cozumel, était l'un des plus importants lieux de pèlerinage de toute la Mésoamérique : des milliers de femmes mayas traversaient la mer en pirogue pour lui demander la fertilité et une grossesse heureuse.
Le Codex de Dresde, manuscrit maya du XIIe siècle environ, contient des tables lunaires extrêmement précises permettant de prédire les éclipses. Les astronomes mayas associaient ces calculs à Ix Chel, dont le corps incarnait le cycle de la lune — croissante, pleine, puis déclinante.
Ix Chel possédait une double nature : sous sa forme jeune, elle était une déesse bienveillante de l'amour et du tissage ; sous sa forme vieille, elle devenait une figure redoutable liée aux inondations et aux pluies destructrices. On la représentait alors coiffée d'un serpent et portant un vase renversé déversant les eaux du déluge.
La déesse était considérée comme la patronne des sages-femmes et des guérisseurs. Les médecins mayas (appelés ah men) invoquaient Ix Chel avant toute consultation. On lui attribuait notamment la connaissance des plantes médicinales et des remèdes permettant de soigner les maladies liées aux eaux : fièvres, épidémies et troubles de la grossesse.
Un mythe rapporté dans plusieurs sources coloniales raconte qu'Ix Chel était autrefois l'épouse du dieu soleil Itzamna. Après une querelle, elle fut contrainte d'errer la nuit, seule dans le ciel, ce qui expliquerait pourquoi la lune brille d'une lumière plus douce et plus discrète que le soleil.
Sources primaires
Les tables lunaires du Codex de Dresde montrent la déesse lunaire — identifiée à Ix Chel — associée aux cycles de 260 et 365 jours, avec des glyphes indiquant les phases de la lune et les périodes propices aux rituels de fertilité et de guérison.
Plusieurs almanacs rituels du Codex de Madrid représentent une figure féminine associée au tissage et à la lune, recevant des offrandes liées à la fertilité et à la médecine, interprétée par les chercheurs comme Ix Chel.
« Avaient une déesse qu'ils appelaient Ix Chel et à laquelle les femmes allaient en pèlerinage à Cozumel […] car ils la tenaient pour déesse de la médecine et des accouchements. »
Ce livre prophétique des Mayas Yucatèques mentionne les divinités lunaires et les cycles cosmiques associés à Ix Chel dans le cadre des prophéties du katun, liant la lune aux destins collectifs des communautés mayas.
Les chants rituels des h-men (chamans-guérisseurs) du Yucatán, transmis oralement jusqu'au XXe siècle, invoquent Ix Chel comme « Dame arc-en-ciel » et protectrice des femmes en couches, conservant une tradition qui remonte à la période classique.
Galerie
Statue of the goddess Ixchel in Punta Sur on Mujeres Isla
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — CesarNS1980
Ceremonia inaugural del XLIV Encuentro Nacional de Arte Joven 2024 02
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Luisalvaz
Ceremonia inaugural del XLIV Encuentro Nacional de Arte Joven 2024 29
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Luisalvaz

