Déesse japonaise de la création et de la mort, épouse d'Izanagi, issue de la tradition shinto. Selon le Kojiki (vers VIIIe siècle), elle engendra avec Izanagi les îles du Japon et les divinités primordiales. Sa mort lors de l'enfantement du dieu du feu la conduit à régner sur le royaume des morts, le Yomi.
Izanami
Izanami
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Izanami et Izanagi créent les îles de l'archipel japonais en agitant une lance céleste dans l'océan primordial, selon le Kojiki (mis par écrit en 712)
- Elle meurt en donnant naissance au dieu du feu Kagutsuchi, brûlée de l'intérieur
- Son époux Izanagi descend au Yomi (royaume des morts) pour la ramener, mais elle est déjà corrompue par la mort — mythe parallèle à celui d'Orphée
- Après la rupture du couple divin, Izanami devient souveraine du Yomi et promet de tuer mille humains par jour, marquant l'origine de la mort dans le monde
- Le récit d'Izanami est conservé principalement dans le Kojiki (712) et le Nihon Shoki (720), les deux grandes chroniques mythologiques japonaises
Œuvres & réalisations
Izanami, avec Izanagi, engendra les huit grandes îles du Japon et de nombreuses îles secondaires, acte fondateur de l'identité géographique et spirituelle du pays.
Izanami enfanta les divinités des mers, montagnes, vents et rivières, peuplant ainsi l'univers shinto de forces naturelles sacrées toujours vénérées aujourd'hui.
Après sa mort, Izanami devint la souveraine du Yomi, établissant la structure de l'au-delà dans la cosmologie shinto et définissant la frontière entre le monde des vivants et des morts.
Le pacte final entre Izanami et Izanagi — mille morts contre mille cinq cents naissances par jour — constitue l'explication mythique de l'accroissement naturel de la population humaine.
Premier texte japonais à consigner les mythes d'Izanami, rédigé sur ordre de l'impératrice Genmei. Il est considéré comme le texte fondateur de la civilisation japonaise.
Seconde mise par écrit des mythes fondateurs, apportant des variantes du récit d'Izanami et consolidant son rôle dans la légitimation de la lignée impériale japonaise.
Anecdotes
Izanami et Izanagi se tenaient debout sur le Pont Flottant du Ciel (Ama-no-Ukihashi) et agitèrent une lance ornée de joyaux dans l'océan primordial. Lorsqu'ils la retirèrent, les gouttes qui en tombèrent formèrent la première île, Onogoroshima, où ils s'établirent pour engendrer les îles du Japon.
Lors de l'accouchement du dieu du feu Kagutsuchi, Izanami fut si gravement brûlée qu'elle en mourut. Son époux Izanagi, fou de douleur, trancha la tête du nouveau-né en plusieurs morceaux, donnant naissance à d'autres divinités — illustrant comment, dans la mythologie shinto, même la mort et la violence peuvent engendrer la vie.
Izanagi descendit dans le royaume des morts (Yomi) pour ramener Izanami. Elle lui demanda de ne pas la regarder pendant qu'elle négociait avec les dieux des enfers. Mais il alluma une dent de son peigne pour éclairer l'obscurité et découvrit son corps en décomposition. Horrifié, il s'enfuit, et Izanami, humiliée et furieuse, promit de tuer mille personnes par jour — à quoi Izanagi répondit qu'il en ferait naître mille cinq cents.
Après la fuite d'Izanagi, Izanami devint la grande déesse de la mort, Yomotsu Ōkami, souveraine du Yomi. Ce mythe explique, selon la tradition shinto, l'équilibre naturel entre la mort et la naissance : chaque jour, mille personnes meurent et mille cinq cents naissent, perpétuant l'excédent de vie sur la mort.
Sources primaires
Izanagi-no-mikoto et Izanami-no-mikoto reçurent l'ordre des dieux célestes de consolider et façonner la dérive de la terre. Ils reçurent la lance céleste ornée de joyaux et, debout sur le Pont Flottant du Ciel, plongèrent la lance dans l'eau et la remuèrent.
Izanami, ayant enfanté le dieu du feu, fut brûlée et mourut. Elle fut enterrée sur le mont Hiba, à la frontière d'Izumo et de Hōki. Izanagi, dans son chagrin, pleura longtemps autour de sa tombe.
Les récits locaux d'Izumo évoquent les lieux associés à la descente d'Izanagi dans le Yomi et aux rituels de purification qu'il accomplit à son retour, établissant les pratiques de misogi.
Les norito (prières rituelles shinto) invoquent les divinités primordiales dont Izanami et Izanagi comme ancêtres des kami et comme forces fondatrices de l'archipel japonais et de l'ordre cosmique.
Lieux clés
Lieu de sépulture mythique d'Izanami selon le Kojiki et le Nihon Shoki, à la frontière des anciennes provinces d'Izumo et de Hōki. Un sanctuaire y est toujours consacré à la déesse.
L'un des plus anciens sanctuaires shinto du Japon, dédié à Izanami. Il est considéré comme un des lieux les plus sacrés liés aux divinités créatrices de l'archipel.
Royaume des morts dans la cosmologie shinto, situé sous la terre ou à la limite du monde des vivants. Izanami y règne après sa mort et en devient la souveraine éternelle.
Pont céleste depuis lequel Izanami et Izanagi créèrent les premières terres. Il est localisé symboliquement dans la baie d'Amanohashidate, dans la province de Tango (Kyoto).
Première île créée par Izanami et Izanagi en agitant la lance céleste. Traditionnellement associée à l'île d'Awaji (Hyōgo) ou à un îlot de la mer intérieure.
Objets typiques

Lance ornée de joyaux remise par les dieux célestes à Izanami et Izanagi pour consolider la terre flottante. Elle est le principal instrument de la création de l'archipel japonais.

Izanagi alluma l'une des dents de son peigne pour éclairer le Yomi. Ce geste déclencha la rupture définitive du couple divin et illustre la transgression du regard interdit dans la mythologie japonaise.

Immense rocher que les dieux posèrent à l'entrée du Yomi pour séparer le monde des vivants de celui des morts après la fuite d'Izanagi. Il symbolise la frontière infranchissable entre la vie et la mort.

Corde sacrée utilisée dans les sanctuaires shinto pour délimiter les espaces sacrés. Dans le mythe, Izanagi en utilisa une variante pour clore le Yomi, rituel à l'origine de cette pratique.

Perles et miroirs rituels associés aux rites funéraires japonais depuis les périodes préhistoriques. Izanami, reine des morts, est liée symboliquement à ces objets présents dans les tombes de l'époque Kofun.

Le feu, incarné par le dieu Kagutsuchi dont la naissance tua Izanami, est un symbole ambigu : force créatrice et destructrice à la fois. Les sanctuaires shinto consacrés à Izanami comportent des rites liés au feu.
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Vie quotidienne
Matin
Au commencement de chaque cycle cosmique, Izanami émerge symboliquement des eaux primordiales aux côtés d'Izanagi, recevant des dieux célestes la mission de donner forme au monde. Sa journée commence dans l'acte même de la création : agiter la lance Ame-no-nuboko dans l'océan informe pour en faire surgir les terres.
Après-midi
Izanami préside à la naissance incessante des kami, divinités incarnant les forces de la nature — mer, vent, montagne, feu. Elle incarne la fécondité divine dans toute sa plénitude, engendrant l'ordre naturel du cosmos japonais par sa seule puissance créatrice.
Soir
Depuis son trône dans le Yomi, Izanami reçoit les âmes des défunts et préside aux mystères de la mort. La nuit est son domaine : obscurité peuplée d'ombres et de présences, frontière entre le monde des vivants et celui des esprits qu'elle gouverne avec une autorité absolue.
Alimentation
En tant que divinité, Izanami ne se nourrit pas comme les mortels. Dans le Yomi, elle est associée à la nourriture des morts (Yomotsu hirasaka) — nourritures cuites dans l'au-delà qui rendent impossible le retour au monde des vivants, symbolisant la rupture définitive avec la vie.
Vêtements
Izanami est représentée vêtue des robes de cour les plus somptueuses de l'aristocratie japonaise ancienne : des couches superposées de soie (kasane-no-irome) aux couleurs allant du blanc immaculé (vie) au noir et au rouge sombre (mort). Ses cheveux longs et noirs tombent librement, signe de son état dans le Yomi.
Habitat
Izanami réside dans le palais souterrain du Yomi (Yomotsu Hirasaka), royaume ténébreux situé sous la terre, séparé du monde des vivants par un immense rocher. Avant sa mort, elle résidait avec Izanagi sur l'île d'Onogoroshima, dans un palais céleste au pilier central (mihashira) autour duquel les deux divinités tournaient pour se marier.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style emaki et ukiyo-e japonais : robes de cour somptueuses évoluant vers l'ombre, entre lumière créatrice et ténèbres du royaume des morts.
Ambiance sonore
Ambiance sonore du Japon mythique : océan primordial, forêts sacrées des montagnes, cavernes souterraines du Yomi et rituels shinto antiques.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Création de l'archipel japonais (Kuni-umi)
Temps mythiques
Naissance des kami primordiaux (Kami-umi)
Temps mythiques
Fondation du Yomi (Royaume des morts)
Temps mythiques
Établissement du cycle vie-mort
Temps mythiques
Kojiki (古事記) — récit de création
712 apr. J.-C.
Nihon Shoki (日本書紀) — chroniques impériales
720 apr. J.-C.






