Juana Inés de la Cruz
Juana Inés de la Cruz
1651 — 1695
Empire espagnol
Religieuse, poétesse et dramaturge de la Nouvelle-Espagne (Mexique colonial), Juana Inés de la Cruz est considérée comme la première grande écrivaine de l'Amérique latine. Autodidacte brillante, elle défendit le droit des femmes à l'éducation et à la connaissance.
Citations célèbres
« ¿En perseguirme, Mundo, qué interesas? / ¿En qué te ofendo, cuando sólo intento / poner bellezas en mi entendimiento / y no mi entendimiento en las bellezas? »
« Hombres necios que acusáis / a la mujer sin razón, / sin ver que sois la ocasión / de lo mismo que culpáis. »
Faits marquants
- Née vers 1651 à San Miguel Nepantla, en Nouvelle-Espagne (actuel Mexique)
- Entre au couvent des Hiéronymites de Mexico en 1669 pour pouvoir étudier librement
- Publie son œuvre majeure 'Primero Sueño' (Premier Songe), poème philosophique sur la quête du savoir, vers 1685
- Rédige en 1691 la 'Respuesta a Sor Filotea', défense du droit des femmes à l'instruction
- Meurt en 1695 en soignant ses sœurs lors d'une épidémie
Œuvres & réalisations
Long poème philosophique en silva, inspiré des Soledades de Góngora, qui décrit le voyage de l'âme à travers la connaissance universelle pendant le sommeil. C'est l'œuvre la plus ambitieuse et personnelle de Juana Inés, souvent comparée à La Divine Comédie.
Lettre-essai autobiographique adressée à l'évêque de Puebla, dans laquelle Juana Inés défend le droit des femmes à l'éducation et à la production intellectuelle. Considéré comme l'un des premiers textes féministes des Amériques.
Poème satirique en quatrains dénonçant l'hypocrisie des hommes qui blâment les femmes pour des comportements qu'ils encouragent eux-mêmes. L'un des textes les plus cités de la littérature hispanique.
Auto sacramental (pièce liturgique allégorique) qui transpose le mythe de Narcisse dans un contexte théologique chrétien tout en intégrant des éléments de la culture aztèque. Chef-d'œuvre du théâtre baroque hispano-américain.
Comédie d'intrigue en trois actes, inspirée de Calderón de la Barca, jouée à Mexico pour célébrer l'anniversaire du vice-roi. Elle témoigne de la maîtrise de Juana Inés dans le registre comique et mondain.
Premier recueil publié à Madrid, qui rassemble poèmes lyriques, villancicos et œuvres dramatiques. Sa publication à la capitale impériale consacra Juana Inés comme la plus grande poétesse de langue espagnole de son époque.
Anecdotes
À l'âge de trois ans, Juana Inés suivit sa sœur aînée à l'école sans y être invitée, et apprit à lire en quelques semaines en imitant les leçons. Elle supplia ensuite sa mère de la laisser se déguiser en garçon pour fréquenter l'université de Mexico, car les femmes en étaient exclues.
Vers l'âge de huit ans, elle composa une loa (poème dramatique) en l'honneur du Saint-Sacrement, ce qui lui valut une réputation de prodige dans toute la vice-royauté. Le vice-roi de Nouvelle-Espagne, impressionné, convoqua quarante savants et théologiens pour l'interroger : la jeune fille répondit à toutes leurs questions avec une aisance déconcertante.
Entrée au couvent des Hiéronymites de Mexico en 1669, Juana Inés y constitua une bibliothèque personnelle de plus de quatre mille volumes, l'une des plus importantes de toute l'Amérique coloniale. Sa cellule était aussi un laboratoire où elle menait des expériences scientifiques sur la physique et la musique.
En 1690, l'évêque de Puebla publia sans son autorisation une de ses critiques théologiques sous le pseudonyme « Sor Filotea ». Il y joignit une lettre lui conseillant de se consacrer à la prière plutôt qu'aux lettres. Juana Inés répondit par sa célèbre Respuesta, défense éloquente du droit des femmes à l'éducation, l'un des premiers textes féministes des Amériques.
Sous la pression de ses supérieurs ecclésiastiques, Juana Inés finit par vendre sa bibliothèque et ses instruments scientifiques en 1693, renonçant apparemment à l'écriture. Elle mourut deux ans plus tard en soignant ses consœurs atteintes de la peste, à seulement quarante-quatre ans.
Sources primaires
¿Qué podemos saber las mujeres sino filosofías de cocina? [...] Pues ¿qué os pudiera contar, Señora, de los secretos naturales que he descubierto estando guisando?
Piramidal, funesta, de la tierra nacida sombra, al Cielo encaminaba de vanos obeliscos punta altiva.
Hombres necios que acusáis a la mujer sin razón, sin ver que sois la ocasión de lo mismo que culpáis.
La Naturaleza Humana, vestida de india mexicana, representa la búsqueda del alma hacia lo divino a través de los ritos préhispaniques.
Galerie

Sor Juana Inés de la Cruz (Juan de Miranda)
Wikimedia Commons, Public domain — Juan de Miranda (c.1667?-1714)

Portrait of Sor Juana Inés de la Cruzlabel QS:Len,"Portrait of Sor Juana Inés de la Cruz"
Wikimedia Commons, Public domain — Miguel Cabrera
Sor Juana Inés de la Cruz, 1732 - Fray Miguel de Herrera
Wikimedia Commons, Public domain — Fray Miguel de Herrera



