Compositeur et chef d'orchestre américain (1918-1990), Leonard Bernstein a dirigé le New York Philharmonic et composé des œuvres majeures mêlant musique classique et jazz. Il est mondialement connu pour la comédie musicale West Side Story (1957).
Leonard Bernstein(1918 — 1990)
Leonard Bernstein
États-Unis
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« To achieve great things, two things are needed: a plan, and not quite enough time.»
« Music can name the unnameable and communicate the unknowable.»
Faits marquants
- Né le 25 août 1918 à Lawrence (Massachusetts), mort le 14 octobre 1990 à New York
- Directeur musical du New York Philharmonic de 1958 à 1969
- Compose West Side Story en 1957, adaptation moderne de Roméo et Juliette
- Anime les Young People's Concerts à la télévision américaine, popularisant la musique classique
- Dirige le concert de la chute du Mur de Berlin le 25 décembre 1989 avec la Neuvième Symphonie de Beethoven
Œuvres & réalisations
Comédie musicale de Broadway inspirée de Roméo et Juliette, transposée dans les gangs new-yorkais des années 1950 ; chef-d'œuvre qui réconcilie Broadway, jazz et musique classique, connue dans le monde entier grâce notamment au film de 1961 (dix Oscars).
Première symphonie de Bernstein, inspirée du livre biblique de Jérémie ; elle lui valut le New York Music Critics Circle Award en 1944 et révéla son talent de compositeur sérieux au-delà de Broadway.
Inspirée du poème éponyme de W.H. Auden, cette symphonie pour piano et orchestre reflète l'angoisse existentielle de l'après-guerre et la quête de sens de la génération des années 1940.
Comédie musicale racontant l'histoire de trois marins en permission à New York pendant la Seconde Guerre mondiale ; premier grand succès scénique de Bernstein, mêlant humour, énergie jazz et mélodie entraînante.
Adaptation satirique du conte de Voltaire sous forme d'opérette ; la musique, d'une virtuosité et d'une ironie remarquables, a connu de nombreuses révisions et reste une œuvre majeure du répertoire américain.
Œuvre monumentale pour chanteurs, danseurs et orchestre commandée pour l'inauguration du Kennedy Center à Washington ; elle mêle musique liturgique, rock, blues et jazz dans une réflexion sur la foi et le doute.
Série de concerts pédagogiques filmés pour CBS avec le New York Philharmonic, visant à expliquer la musique classique aux jeunes ; modèle de vulgarisation musicale diffusé dans des dizaines de pays.
Anecdotes
Le 14 novembre 1943, le jeune Bernstein, alors âgé de seulement 25 ans et assistant chef d'orchestre, remplace au pied levé Bruno Walter, tombé malade, à la tête du New York Philharmonic. Sans répétition préalable, il dirige un programme difficile retransmis en direct sur la radio nationale CBS. Le lendemain, le New York Times lui consacre un article en première page : sa carrière est lancée en une seule nuit.
La création de West Side Story en 1957 est le fruit d'une collaboration exceptionnelle entre Bernstein (musique), Stephen Sondheim (paroles), Arthur Laurents (livret) et Jerome Robbins (chorégraphie). Le spectacle transpose Roméo et Juliette dans les rues de New York, entre gangs rivaux, et mêle pour la première fois jazz, danse latino et musique classique sur une scène de Broadway.
Entre 1958 et 1972, Bernstein anime à la télévision américaine les célèbres 'Young People's Concerts' avec le New York Philharmonic, diffusés sur CBS devant des millions de téléspectateurs. Avec un talent pédagogique rare et un enthousiasme communicatif, il explique aux enfants et adolescents ce qu'est une symphonie, ce que signifie 'le style', ou encore ce qu'est le jazz. Ces émissions sont encore aujourd'hui considérées comme des modèles d'éducation musicale.
En décembre 1989, quelques semaines après la chute du Mur de Berlin, Bernstein dirige la Neuvième Symphonie de Beethoven dans la ville réunifiée, avec des musiciens venus des deux Allemagnes et de plusieurs pays alliés. Dans l'Ode à la joie, il remplace symboliquement le mot 'Freude' (joie) par 'Freiheit' (liberté), en hommage à l'événement historique. Ce concert est diffusé dans une vingtaine de pays et reste l'un des moments les plus émouvants de l'histoire musicale du XXe siècle.
Bernstein était connu pour son style de direction spectaculaire : il bondissait, se penchait, tournait sur le podium, au point que certains musiciens disaient qu'il fallait l'observer constamment pour ne pas perdre le tempo. Malgré les critiques de puristes qui jugeaient ce style trop théâtral, son énergie communicative fascinait les orchestres du monde entier et transformait chaque concert en véritable événement.
Sources primaires
Dans ce recueil d'essais et de dialogues imaginaires avec un 'Mélomane', Bernstein défend l'idée que la musique est un langage universel accessible à tous et explore la tension entre musique 'sérieuse' et musique populaire, refusant toute hiérarchie entre les deux.
Dans ces six conférences filmées à l'Université Harvard, Bernstein explore les liens entre musique et langage humain en s'appuyant sur la linguistique de Chomsky. Il y formule sa conviction que la tonalité est universelle et que la musique peut 'nommer l'innommable et communiquer l'inconnaissable'.
Dans l'émission 'What is a Melody?', Bernstein explique : 'Une mélodie, c'est une suite de notes qui ont l'air d'appartenir ensemble, qui ont un sens, comme une phrase en langage ordinaire.' Ces scripts, conservés à la Library of Congress, témoignent de sa pédagogie exceptionnelle.
Après son remplacement au pied levé du 14 novembre 1943, Bernstein écrit à ses proches pour décrire l'événement et l'effervescence de la presse américaine, témoignant de sa conscience aiguë d'avoir vécu un tournant décisif dans sa carrière.
Dans ce second recueil d'essais, Bernstein approfondit sa réflexion sur les rapports entre musique classique, jazz et comédie musicale, plaidant pour un art américain ancré dans toutes les traditions culturelles du pays.
Lieux clés
Siège du New York Philharmonic, dont Bernstein fut le directeur musical de 1958 à 1969 ; c'est là qu'il donna certains de ses concerts les plus mémorables et enregistra ses émissions télévisées pour la jeunesse.
Bernstein vécut dans ce prestigieux immeuble de Central Park West, au cœur de la vie culturelle new-yorkaise ; son appartement était le lieu de soirées légendaires réunissant artistes, intellectuels et personnalités politiques.
Bernstein y fit ses études de 1935 à 1939 et y donna en 1973 les célèbres Conférences Norton ('The Unanswered Question'), filmées et diffusées à la télévision américaine.
Centre musical estival du Boston Symphony Orchestra où Bernstein étudia sous Serge Koussevitzky et où il revint régulièrement comme enseignant et chef, faisant de Tanglewood l'une de ses résidences artistiques privilégiées.
C'est dans cette salle berlinoise que Bernstein dirigea, le 25 décembre 1989, son concert historique de la Neuvième Symphonie de Beethoven pour célébrer la chute du Mur, devant un public des deux Allemagnes réunifiées.
Objets typiques

Bernstein utilisait sa baguette comme prolongement de son corps expressif, mais dirigeait parfois sans elle, uniquement avec les mains, pour mieux communiquer ses intentions musicales aux musiciens.

Le piano était au cœur de la vie de Bernstein depuis l'enfance ; il composait, improvisait et répétait sur son Steinway, et se produisait régulièrement comme pianiste-chef d'orchestre sur scène.

Bernstein annotait abondamment ses partitions de directions, de symboles, de mots et de schémas pour préciser ses intentions ; ces manuscrits sont conservés à la Library of Congress.

Grâce à ses émissions 'Young People's Concerts' sur CBS, Bernstein fut l'un des premiers chefs d'orchestre à utiliser la télévision comme outil de démocratisation musicale, s'adressant directement à des millions de foyers.

Bernstein était un grand fumeur invétéré, et la cigarette était un accessoire quasi permanent de sa vie sociale et créative ; c'est un cancer du poumon qui contribua à sa mort en 1990.

Sur le podium, Bernstein portait le traditionnel habit de chef d'orchestre, mais son style physique si expressif — sauts, rotations, gestes amples — lui donnait une présence scénique quasi théâtrale que le costume soulignait encore davantage.
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Vie quotidienne
Matin
Bernstein avait des horaires très décalés : il se couchait rarement avant trois ou quatre heures du matin et se levait tard dans la matinée. Il lisait les journaux au lit, prenait un café fort et écoutait souvent de la musique ou des enregistrements avant de commencer à travailler.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la composition, aux répétitions ou aux rendez-vous professionnels. Bernstein travaillait intensément par phases au piano, annotant ses partitions dans un désordre créatif ; il donnait aussi des cours et rencontrait d'autres artistes dans les lieux culturels new-yorkais.
Soir
La soirée était le cœur de sa vie sociale : dîners avec des intellectuels, artistes et personnalités politiques, concerts, premières de spectacles. Son appartement du Dakota était le lieu de soirées légendaires dans le New York des années 1960-1970.
Alimentation
Bernstein mangeait abondamment, appréciant la cuisine juive de son enfance (bouillon de poule, boulettes de matzo) autant que les grandes tables new-yorkaises et européennes. Il buvait du whisky et du café en grande quantité, et fumait quasi en permanence tout au long de la journée.
Vêtements
Sur scène, il portait l'habit classique du chef d'orchestre (queue-de-pie ou smoking blanc), mais dans la vie quotidienne il s'habillait de façon décontractée : chemises ouvertes, vestes sport, souvent sans cravate, reflet de son tempérament chaleureux et désinvolte.
Habitat
Bernstein vivait dans un grand appartement du Dakota Building sur Central Park West à Manhattan, immeuble emblématique habité par de nombreuses personnalités artistiques. Il possédait également une maison à Fairfield (Connecticut) et séjournait régulièrement à Tanglewood (Massachusetts) pendant les festivals d'été.






