Compositeur, violoniste et pédagogue allemand (1719-1787), père et premier professeur de Wolfgang Amadeus Mozart. Auteur d'un célèbre traité sur le violon, il consacra une grande partie de sa vie à promouvoir le génie de son fils à travers l'Europe.
Leopold Mozart(1719 — 1787)
Leopold Mozart
Saint-Empire romain germanique
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 14 novembre 1719 à Augsbourg (Allemagne)
- Publie en 1756 le Versuch einer gründlichen Violinschule, traité de violon de référence
- Père et premier professeur de Wolfgang Amadeus Mozart, né la même année que son traité
- Organise de nombreuses tournées européennes pour faire connaître les talents de ses enfants (1762-1773)
- Décède le 28 mai 1787 à Salzbourg, au service de la cour archiépiscopale
Œuvres & réalisations
Traité pédagogique fondamental sur la technique du violon, considéré comme l'un des plus importants du XVIIIe siècle. Traduit en néerlandais et en français, il influença l'enseignement du violon dans toute l'Europe pendant plusieurs générations.
Symphonie humoristique imitant les instruments populaires de la campagne bavaroise. Pièce pittoresque et inventive, elle est l'une des compositions de Leopold les plus jouées de nos jours et témoigne de sa veine comique.
L'une des œuvres concertantes les plus connues de Leopold, écrite pour la trompette naturelle en usage à l'époque. Elle illustre sa maîtrise de l'écriture instrumentale pour les cuivres de la cour de Salzbourg.
Ensemble de pièces légères composées pour les fêtes de la cour de Salzbourg dans le style galant en vogue. Ces œuvres montrent Leopold comme un compositeur habile, même si elles furent éclipsées par les créations de son fils.
Plusieurs centaines de lettres adressées à sa femme, sa fille et son fils durant les voyages. Publiées au XIXe siècle, elles constituent un document historique capital sur la vie musicale et les mœurs de l'époque des Lumières.
Anecdotes
En 1763, Leopold Mozart entreprit avec ses deux enfants — Wolfgang (7 ans) et Maria Anna dite Nannerl (12 ans) — un grand voyage de trois ans à travers l'Europe. Ils jouèrent devant Louis XV à Versailles, devant le roi George III à Londres et devant de nombreuses cours princières. Leopold gérait tout : les contrats, les itinéraires, les costumes et la réputation croissante de ses enfants.
Leopold Mozart publia en 1756 son Versuch einer gründlichen Violinschule, l'un des traités pédagogiques les plus importants du XVIIIe siècle. Ce manuel fut traduit en plusieurs langues et utilisé dans toute l'Europe. Ironiquement, c'est la même année que naquit Wolfgang Amadeus, celui qui allait éclipser pour toujours la renommée de son père.
Leopold était un père extrêmement ambitieux et méthodique : il tenait un journal précis des progrès musicaux de Wolfgang dès l'âge de trois ans, notant les pièces que l'enfant apprenait en quelques heures. Sa conviction que son fils était un don du Ciel le poussa à sacrifier sa propre carrière de compositeur pour se consacrer entièrement à lui.
La relation entre Leopold et Wolfgang se dégrada quand ce dernier décida, adulte, de s'installer à Vienne et d'épouser Constanze Weber en 1782, contre la volonté de son père. Leopold, qui espérait contrôler la carrière de son fils depuis Salzbourg, vécut cet éloignement comme une trahison. Leurs lettres de cette période témoignent d'une tension douloureuse entre amour paternel et autorité.
Leopold Mozart était un épistolier remarquable. Ses lettres à sa femme et à ses enfants, envoyées depuis toutes les cours d'Europe, constituent aujourd'hui des documents historiques précieux. Elles décrivent avec précision la vie musicale, les mœurs des cours royales et les conditions de voyage au XVIIIe siècle, offrant un témoignage vivant sur l'époque des Lumières.
Sources primaires
L'archet doit être conduit avec souplesse et régularité ; la liberté du poignet est la condition première d'un jeu expressif et d'une intonation juste. Sans cette maîtrise, nulle belle musique n'est possible.
Notre Wolfgang est admiré de tous ici. Le roi et la reine lui ont parlé avec une grande familiarité lors du souper, et il a joué devant la cour entière avec une assurance et une grâce qui m'ont surpris moi-même.
Tu dois te souvenir que tu n'es pas encore à l'abri du besoin. Travaille et épargne pendant que tu es jeune et en bonne santé, car on ne peut compter éternellement sur la générosité des grands de ce monde.
Haydn m'a dit, les larmes aux yeux, que ton frère est le plus grand compositeur qu'il connaisse, en personne ou de réputation. Ces mots d'un tel homme valent plus que tous les applaudissements des cours d'Europe.
Lieux clés
Ville natale de Leopold Mozart, où il naquit en 1719 dans une famille d'artisans. Importante cité commerciale et culturelle, elle lui offrit une première formation avant qu'il ne parte pour Salzbourg.
Ville où Leopold passa toute sa vie professionnelle au service de la cour archiépiscopale. C'est dans l'appartement du 9 Getreidegasse que naquit Wolfgang en 1756 et que la famille vécut jusqu'à ses grands voyages.
En janvier 1764, Leopold présenta ses enfants au roi Louis XV lors du Grand Tour. Ce succès éclatant fut l'un des moments fondateurs de la notoriété européenne de la famille Mozart.
Étape majeure du Grand Tour (1764-1765), où Leopold et ses enfants se produisirent devant le roi George III. C'est là que le jeune Wolfgang écrivit ses premières symphonies, sous l'influence de Johann Christian Bach.
Capitale musicale de l'Empire, où les Mozart se rendirent à plusieurs reprises. C'est là que Leopold espérait voir son fils nommé à un poste officiel, et là que Wolfgang s'installa définitivement à partir de 1781.
Objets typiques

Instrument de travail quotidien de Leopold, violoniste professionnel à la cour de Salzbourg. C'est aussi l'instrument au cœur de sa méthode pédagogique de 1756, qui normalisa la technique de l'archet dans toute l'Europe.

Son œuvre écrite la plus célèbre, imprimée à Augsbourg en 1756. Ce manuel pédagogique illustré décrit la posture, le coup d'archet, le doigté et l'expression musicale ; il fut utilisé dans toute l'Europe pendant plusieurs décennies.

Moyen de transport indispensable lors des tournées européennes de 1763-1766. Leopold gérait lui-même les itinéraires, les arrêts et les dépenses de la famille à bord de ces lourds véhicules qui parcouraient parfois plusieurs centaines de kilomètres par semaine.

Leopold était un épistolier prolixe : il écrivit des centaines de lettres à sa femme et à ses enfants depuis les cours d'Europe. Ces lettres, en grande partie conservées, constituent une source historique irremplaçable sur la vie musicale du XVIIIe siècle.

Instrument présent dans le foyer familial de la Getreidegasse, utilisé pour l'enseignement de Nannerl et de Wolfgang dès leur plus jeune âge. C'est sur cet instrument que Leopold initia son fils à la musique avant même qu'il sût lire.

Élément vestimentaire indispensable pour se présenter à la cour au XVIIIe siècle. Leopold et ses enfants devaient s'habiller selon les codes de la noblesse lorsqu'ils se produisaient devant les souverains d'Europe.

Leopold copiait ses propres partitions à la main, comme tous les musiciens de son époque, et collectait précieusement celles que son fils composait enfant. Ces manuscrits sont aujourd'hui conservés dans plusieurs bibliothèques européennes.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Leopold se levait tôt pour remplir ses obligations à la cour archiépiscopale de Salzbourg, où il officiait comme violoniste puis comme vice-Kapellmeister. Il consacrait également les premières heures de la journée à l'enseignement musical de ses enfants, organisant des séances de solfège et d'instrument dès le petit matin.
Après-midi
Les après-midis étaient souvent occupés par les répétitions orchestrales et les services religieux, car la musique d'église tenait une place centrale dans les fonctions de la cour archiépiscopale. Lors des tournées européennes, cet emploi du temps laissait place à des visites chez des nobles ou des mécènes, devant lesquels les enfants donnaient des concerts privés.
Soir
Les soirées étaient parfois consacrées à des concerts, des bals ou des représentations d'opéra chez les aristocrates. Leopold profitait aussi de ces moments pour entretenir sa correspondance, rédiger des lettres détaillées sur les succès de ses enfants et planifier les étapes suivantes du voyage.
Alimentation
La famille Mozart mangeait selon les habitudes bavaroises et autrichiennes de l'époque : soupes, viandes bouillies ou rôties, légumes, pain et bière légère. Lors des grands voyages, Leopold notait dans ses lettres les différences culinaires de chaque pays, parfois avec étonnement, parfois avec déplaisir.
Vêtements
En tant que musicien de cour, Leopold portait des habits de bonne facture : redingote, culotte courte, bas blancs et perruque poudrée pour les occasions officielles. Pour les concerts devant la haute noblesse, lui et ses enfants revêtaient des tenues élégantes que des mécènes leur offraient parfois en cadeau.
Habitat
La famille Mozart vivait dans un appartement au premier étage du 9 Getreidegasse, dans le centre historique de Salzbourg — une maison bourgeoise de taille modeste, typique des familles de musiciens de cour. Lors des longs voyages européens, ils logeaient dans des auberges, chez des nobles ou dans des appartements meublés loués pour plusieurs semaines.






