Homme politique et général romain du Ier siècle av. J.-C., Lépide forma avec Octave et Marc Antoine le Second Triumvirat en 43 av. J.-C. Progressivement marginalisé, il fut écarté du pouvoir par Octave en 36 av. J.-C.
Lépide(89 av. J.-C. — 12 av. J.-C.)
Lépide
Rome antique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 46 av. J.-C. : nommé maître de cavalerie par Jules César
- 43 av. J.-C. : formation du Second Triumvirat avec Octave et Marc Antoine (loi Titia)
- 42 av. J.-C. : participe à la bataille de Philippes contre les républicains
- 36 av. J.-C. : écarté du triumvirat par Octave après la campagne de Sicile
- Conserve le titre de grand pontife jusqu'à sa mort vers 13 av. J.-C.
Œuvres & réalisations
Nommé par César à la plus haute charge militaire d'adjoint, Lépide géra Rome et l'Italie durant les campagnes africaines et espagnoles du dictateur, démontrant sa loyauté et sa compétence administrative.
À la tête de plusieurs légions en Gaule du Sud et en Espagne, Lépide maintint l'ordre dans ces provinces stratégiques et fut salué imperator par ses troupes, consolidant la base militaire qui fit de lui un interlocuteur indispensable.
Lépide fut co-fondateur de ce collège de trois hommes chargés de rétablir l'ordre de la République (tresviri rei publicae constituendae), une institution sans précédent légitimant le partage du pouvoir suprême entre trois généraux.
Avec Octave et Antoine, Lépide signa les listes de condamnation de centaines d'adversaires politiques ; cet acte radical, s'il fut moralement contestable, anéantit l'opposition républicaine et finança les armées triumvirales.
Lépide administra l'Afrique proconsulaire, grenier à blé de Rome, lui assurant des ressources céréalières vitales et une légitimité provinciale, même si son influence au sein du triumvirat déclinait face à Octave et Antoine.
Nommé à la tête du collège sacerdotal romain après la mort de César, Lépide exerça la plus haute charge religieuse de Rome pendant trente-deux ans, supervisant cultes, calendrier et discipline des prêtres, longtemps après sa disgrâce politique.
Anecdotes
En 43 av. J.-C., Lépide, Octave et Marc Antoine se réunirent près de Bologne pour fonder le Second Triumvirat, officiellement reconnu par une loi romaine. Ensemble, ils dressèrent des listes de proscription condamnant à mort des centaines de sénateurs et de chevaliers romains, dont le grand orateur Cicéron, afin d'éliminer leurs adversaires politiques et de financer leurs armées.
Lors de la guerre contre Sextus Pompée en 36 av. J.-C., Lépide contribua à la victoire lors de la bataille de Naulochus. Mais dans les jours qui suivirent, tentant de s'emparer seul de la Sicile, ses propres soldats — séduits par les promesses d'Octave — désertèrent en masse pour rejoindre ce dernier. Lépide, abandonné, fut contraint de supplier Octave à genoux, et fut dépouillé de tous ses pouvoirs triumviraux.
Malgré sa disgrâce politique complète, Lépide conserva jusqu'à sa mort la charge suprême de Pontifex Maximus, la plus haute dignité religieuse de Rome. Octave, pourtant tout-puissant, ne put légalement lui retirer cette fonction que lorsqu'elle devint vacante à la mort de Lépide en 12 av. J.-C. — il s'empressa alors de s'en emparer pour renforcer encore son aura de chef absolu.
Relégué dans la ville de Circéi sur la côte tyrrhénienne, Lépide vécut ses trente dernières années dans une retraite forcée et surveillée, privé de tout rôle public. Il lui était même interdit de séjourner à Rome sans une autorisation spéciale d'Octave devenu Auguste. Cette longue survie dans l'humiliation illustre la cruauté politique de l'époque : on laissait vivre les vaincus inoffensifs, mais sous étroite tutelle.
Sources primaires
Les triumvirs publièrent une liste de proscription contre cent-soixante-dix sénateurs et deux mille chevaliers environ. Lépide fut chargé d'afficher les premières listes à Rome pendant qu'Octave et Antoine levaient des troupes.
Lépide, dont nous avons souvent loué la clémence et la modération, se trouve désormais associé aux ennemis de la République. Puisse-t-il encore revenir à la raison avant qu'il ne soit trop tard pour lui comme pour nous.
Lépide, ayant essayé de s'approprier la Sicile après la défaite de Sextus, vit ses soldats passer du côté de César Octave. Il se rendit dans le camp d'Octave, revêtu d'un simple manteau, et implora sa grâce. Octave lui laissa la vie sauve mais lui ôta toute autorité.
Lépide, ayant tenté de s'emparer de la Sicile, fut abandonné de ses soldats et contraint de se soumettre. Auguste lui pardonna la vie mais le confina dans une retraite perpétuelle, lui conservant seulement le titre de grand pontife.
Lépide, homme dont la mollesse était égale à la noblesse du nom, fut exclu du triumvirat par Octave après la guerre de Sicile et passa le reste de sa longue vie dans l'obscurité à Circéi.
Lieux clés
Centre politique et religieux de Rome où Lépide exerça ses magistratures, assista aux débats du Sénat et supervisa l'affichage des listes de proscription en 43 av. J.-C. C'est ici que se jouait l'essentiel de sa carrière publique.
Lieu de la rencontre secrète entre Lépide, Octave et Antoine en octobre 43 av. J.-C., où fut scellée l'alliance du Second Triumvirat avant sa ratification officielle à Rome.
Théâtre de la guerre contre Sextus Pompée en 36 av. J.-C., où Lépide débarqua avec quatorze légions et remporta des succès initiaux avant que la trahison de ses soldats ne précipite sa chute politique.
Ville côtière du Latium où Lépide fut assigné à résidence après sa disgrâce en 36 av. J.-C. Il y passa les trente dernières années de sa vie, surveillé mais épargné, dans un exil intérieur définitif.
Province confiée à Lépide à partir de 44 av. J.-C., dont il assura le gouvernement militaire et civil avec succès. Ce commandement lui valut le titre d'imperator et renforça sa légitimité au sein du futur triumvirat.
Objets typiques

Toge bordée d'une bande de pourpre, insigne des magistrats supérieurs et des grands pontifes. Lépide la porta en tant que triumvir et surtout comme Pontifex Maximus, fonction religieuse suprême qu'il conserva jusqu'à sa mort.

Faisceaux de verges liés autour d'une hache, portés par les licteurs qui escortaient les magistrats supérieurs. En tant que triumvir, Lépide avait droit à un imposant cortège de licteurs symbolisant son autorité sur la vie et la mort.

Siège pliant en ivoire réservé aux magistrats curules (consuls, préteurs, censeurs). Lépide s'y assit lors des sessions officielles du triumvirat et lors de ses fonctions de magistrat au cours de sa carrière républicaine.

Support d'écriture quotidien des Romains cultivés, utilisé pour la correspondance, les notes et la rédaction de documents officiels. Lépide s'en servait pour ses échanges avec Octave et Antoine, ainsi que pour superviser les listes de proscription.

Équipement militaire du commandant romain : cuirasse musculée en bronze, baudrier et épée courte. Lépide commanda plusieurs armées comme général, notamment en Gaule Narbonnaise et lors des campagnes de la guerre civile.

Bâton recourbé symbolisant la fonction de prêtre ou d'augure, habilité à interpréter les signes des dieux. En tant que Pontifex Maximus, Lépide supervisait l'ensemble du collège sacerdotal romain, garant de la pax deorum.

Bague-cachet gravée aux armes de la famille Aemilia, utilisée pour authentifier les documents officiels et la correspondance. Le sceau de Lépide portait probablement l'emblème de la gens Aemilia, l'une des plus anciennes familles patriciennes de Rome.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Lépide se levait à l'aube, comme tout aristocrate romain, pour la salutatio : des dizaines de clients et de subordonnés se pressaient dans l'atrium de sa domus pour solliciter faveurs et conseils. Il revêtait sa toga praetexta aidé d'esclaves et se rendait ensuite au Forum ou au Sénat pour les séances du matin, l'heure la plus active de la vie publique romaine.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux affaires militaires et religieuses : supervision des sacrifices en tant que Pontifex Maximus, réception de délégations provinciales ou entretiens avec ses légats. Durant ses années de triumvir, il devait également coordonner la logistique des armées, gérer les subsides et négocier avec Octave et Antoine par courriers scellés.
Soir
Le soir, Lépide participait à des cena (dîners) avec des sénateurs alliés, où la politique se mêlait aux raffinements de la table romaine — vin de Falerne, poissons de mer, gibier — allongé sur des lits de table (triclinium). Après sa disgrâce à Circéi, ses soirées se résumèrent à une retraite studieuse, loin des fastes de Rome.
Alimentation
Comme tout aristocrate romain, Lépide mangeait peu le matin (ientaculum : pain, olives, fromage) et prenait le repas principal le soir lors du dîner. Sa table de triumvir comprenait du porc, de l'agneau, des légumes (lentilles, poireaux), du pain blanc et des vins italiens de qualité, servis par des esclaves spécialisés.
Vêtements
En public, Lépide portait la toga praetexta bordée de pourpre, signe de sa dignité magistrale et sacerdotale. En campagne militaire, il arborait la cuirasse (lorica musculata) en bronze, le paludamentum (manteau militaire rouge cramoisi) et les bottes rouges (calcei mullei) des généraux. À la maison, il se contentait d'une simple tunique de lin.
Habitat
Sa domus patricienne sur le Palatin ou près du Forum comportait un atrium à impluvium (vasque centrale), des tablinia (bureaux) richement ornés de fresques, un péristyle avec jardin intérieur, et des pièces décorées de mosaïques et de sculptures. Après sa disgrâce, il résida dans une villa côtière à Circéi, confortable mais isolée, sous surveillance discrète des agents d'Auguste.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style visuel de la Rome républicaine tardive : portraits sculptés véristiques, architecture monumentale en marbre blanc, tonalités rouge Pompéi, bronze patiné et ombres profondes évoquant la fin d'un monde et l'avènement du pouvoir personnel.
Ambiance sonore
Ambiance sonore de la Rome républicaine finissante : rumeur du Forum, débats du Sénat, tintement des armures légionnaires et cérémonies religieuses solennelles qui rythment la vie d'un triumvir et grand pontife.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Maîtrise de la cavalerie sous Jules César (magister equitum)
46-44 av. J.-C.
Gouvernement de la Gaule Narbonnaise et de l'Hispanie citérieure
44-43 av. J.-C.
Fondation du Second Triumvirat (lex Titia)
27 novembre 43 av. J.-C.
Proscriptions de 43 av. J.-C.
43 av. J.-C.
Gouvernement de la province d'Afrique
40-36 av. J.-C.
Pontificat maximal (Pontifex Maximus)
44-12 av. J.-C.






