Marguerite de Navarre
Marguerite de Valois-Angoulême
1492 — 1549
royaume de France, royaume de Basse-Navarre
Sœur aînée de François Ier, Marguerite de Navarre fut l'une des femmes les plus cultivées de la Renaissance française. Protectrice des humanistes et des réformés, elle est l'autrice de l'Heptaméron, recueil de nouvelles inspiré du Decaméron de Boccace.
Citations célèbres
« L'amour est un feu caché, une agréable blessure, un doux venin, une douce amertume. »
Faits marquants
- Née en 1492 à Angoulême, sœur aînée du futur roi François Ier
- Première mariage en 1509 avec Charles IV, duc d'Alençon ; second mariage en 1527 avec Henri II d'Albret, roi de Navarre
- Protège Clément Marot, Rabelais, Lefèvre d'Étaples et d'autres humanistes menacés par la Sorbonne
- Publie L'Heptaméron, recueil de 72 nouvelles encadrées, œuvre majeure de la prose française de la Renaissance (publication posthume en 1558)
- Décède en 1549 à Odos-en-Bigorre
Œuvres & réalisations
Long poème mystique exprimant une foi évangélique intense, il fut condamné par la Sorbonne. Il constitue l'une des premières œuvres féminines imprimées en France.
Ensemble de pièces de théâtre religieuses écrites et mises en scène par Marguerite à sa cour, mêlant spiritualité réformée et forme dramatique. Elles préfigurent le théâtre humaniste français.
Recueil publié de son vivant rassemblant poèmes, pièces et textes mystiques. Le titre joue sur son prénom et l'image de la fleur, symbole de modestie et d'éclat.
Son chef-d'œuvre : 72 nouvelles en prose réunies dans un cadre narratif inspiré du Décaméron de Boccace. L'œuvre explore l'amour, la morale et la condition féminine avec une liberté de ton remarquable pour l'époque.
Échange épistolaire d'une grande profondeur théologique avec l'évêque réformateur de Meaux. Ces lettres révèlent la spiritualité intense de Marguerite et son engagement évangélique précoce.
Anecdotes
Marguerite entretenait une correspondance intense avec son frère François Ier, même lorsqu'il était prisonnier de Charles Quint après la bataille de Pavie en 1525. Elle se rendit personnellement en Espagne pour négocier sa libération, bravant les routes hivernales et les cours étrangères, preuve d'un dévouement fraternel hors du commun.
Grande protectrice des humanistes, Marguerite accueillit à sa cour de Nérac des esprits réformés comme Clément Marot et Lefèvre d'Étaples, leur offrant refuge alors que la Sorbonne les poursuivait pour hérésie. Sa cour devint ainsi un sanctuaire intellectuel unique en France.
Elle fit représenter des pièces de théâtre religieuses qu'elle avait elle-même écrites, appelées 'farces spirituelles' ou 'comédies bibliques'. Ces œuvres, jouées devant sa cour, mêlaient dévotion sincère et questionnement théologique, ce qui lui valut les foudres des théologiens parisiens.
Marguerite rédigea l'Heptaméron au soir de sa vie, dictant certaines nouvelles lors de voyages en litière à travers les Pyrénées. Le cadre fictif du livre — des voyageurs bloqués par une crue — s'inspire d'une mésaventure réelle qu'elle vécut dans les montagnes du Béarn en 1549.
Malgré ses sympathies pour la Réforme, Marguerite resta catholique et ne rompit jamais officiellement avec Rome, naviguant avec habileté entre orthodoxie et évangélisme. Cette position ambiguë lui permit de protéger des réformés sans s'exposer elle-même au bûcher.
Sources primaires
Je vous supplie donc, mes dames, que ceste compaignye soit tenue secrète, et que chascun die ce qu'il en pense, sans craincte ny faveur.
Amour, qui es si fort et si puissant, que tu triomphes de tous les cueurs, et n'en laisses aucun en sa liberté.
Monseigneur, la douleur que j'ay de vostre captivité est si grande que, si Dieu n'y remedie par sa bonté, je ne sçay comment je la pourray porter.
O mon Dieu, quant je regarde en moy, je ne trouve que peché, ignorance et misere ; mais quant je lève les yeulx vers ta bonté infinie, j'espère salut.
Lieux clés
Résidence principale du couple royal de Navarre, Nérac fut sous Marguerite un foyer intellectuel et évangélique. Elle y accueillit humanistes et poètes, en faisant l'une des cours les plus brillantes de France.
Lieu de naissance de Marguerite, en 1492. Elle y grandit avec son frère François dans un environnement cultivé sous l'influence de leur mère Louise de Savoie.
Comme sœur du roi, Marguerite fréquentait assidûment la cour royale de Paris. C'est là qu'elle joua son rôle de médiatrice politique et de protectrice des lettres au plus haut niveau.
Marguerite y séjourna dans son enfance avec sa mère ; ce lieu marqua sa formation intellectuelle et sa sensibilité religieuse dès le plus jeune âge.
Ville du royaume de Navarre dont Marguerite fut reine. C'est dans les Pyrénées béarnaises que se situe le cadre de l'Heptaméron, et c'est à Odos, non loin de Tarbes, qu'elle mourut en 1549.
Galerie

Portrait of Marguerite d’Angoulêmelabel QS:Len,"Portrait of Marguerite d’Angoulême"
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown Miniaturist, French (active 1530s)
Portrait of Marguerite of NavarreAlternative title(s): Portrait of a Lady with a ParrotPortrait of Marguerite d'Angouleme, duchess d'Angoulême, Queen of NavarrePortrait of Marguerite de ValoisPortrai
Wikimedia Commons, Public domain — Jean Clouet
Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre
Wikimedia Commons, Public domain — Attributed to François Clouet
King Francis I of France and his sister Margaret of Navarrelabel QS:Len,"King Francis I of France and his sister Margaret of Navarre"
Wikimedia Commons, Public domain — Nicaise de Keyser
(Auch) Trésor de la cathédrale - Henri II d'Albret
Wikimedia Commons, Public domain — Didier Descouens
Hinchliff - Marguerite Queen of Navarre crop
Wikimedia Commons, Public domain — John James Hinchliff (1805-1875)
BnF NAL 83 - François Ier, Marguerite d'Angoulême et Louise de Savoie en prière
Wikimedia Commons, Public domain — Master of the Ango Hours
