Ménandre
Ménandre
340 av. J.-C. — 290 av. J.-C.
Athènes
Ménandre (342-290 av. J.-C.) est le plus grand représentant de la Comédie Nouvelle grecque. Auteur athénien prolifique, il a composé plus de cent pièces mettant en scène la vie quotidienne et les mœurs de son temps.
Citations célèbres
« Celui que les dieux aiment meurt jeune. »
« La mauvaise compagnie corrompt les bonnes mœurs. »
Faits marquants
- Né vers 342 av. J.-C. à Athènes
- Élève de Théophraste et influencé par la philosophie péripatéticienne
- Auteur de plus de 100 comédies, dont seul Le Dyscolos a été redécouvert quasi complet en 1957
- Principal représentant de la Comédie Nouvelle, succédant à la Comédie Ancienne d'Aristophane
- Mort vers 290 av. J.-C., probablement noyé dans le port du Pirée
Œuvres & réalisations
Seule pièce entière conservée de Ménandre, redécouverte sur un papyrus en 1957. Elle met en scène Knémon, vieillard misanthrope contraint par un accident à accepter l'aide de son prochain — une réflexion sur la solitude et la vie en société.
Comédie des quiproquos familiaux où un enfant illégitime provoque une série de malentendus entre un père et son fils. Bien conservée grâce aux papyrus, elle illustre parfaitement le style de la Comédie Nouvelle fondé sur les conflits domestiques.
L'une des pièces les plus admirées des Anciens, traitant du thème du pardon conjugal et de la reconnaissance d'un enfant. Elle explore avec finesse les contradictions morales des personnages masculins face à leurs propres fautes.
Un soldat coupe les cheveux de sa maîtresse dans un accès de jalousie ; s'ensuit une comédie de reconnaissance familiale. Cette pièce témoigne de la complexité psychologique que Ménandre insufflait à ses personnages.
Comédie mettant en scène un soldat mercenaire et une jeune femme d'origine athénienne, exploitant le thème des identités retrouvées cher à la Comédie Nouvelle. Elle reflète le contexte historique des guerres des Diadoques.
Anecdotes
Ménandre et son rival Philémon se disputaient chaque année le premier prix aux concours de comédie athéniens. Paradoxalement, Philémon l'emportait souvent, malgré la supériorité reconnue de Ménandre. Un jour, croisant Philémon dans la rue, Ménandre lui aurait lancé : 'N'as-tu pas honte, quand tu me rencontres, d'avoir vaincu sur moi ?' — anecdote rapportée par le grammairien Quintilien.
En 1957, un papyrus découvert en Égypte bouleversa la connaissance de la littérature grecque antique : il contenait le texte quasi complet du Dyscolos, seule pièce entière de Ménandre connue à ce jour. Pendant des siècles, son œuvre n'avait survécu qu'en fragments cités par des auteurs ultérieurs. Cette découverte fit l'effet d'une véritable résurrection littéraire.
Ménandre aurait refusé l'invitation du roi Ptolémée Ier d'Égypte à venir s'installer à Alexandrie, préférant rester à Athènes auprès de sa compagne Glycère. Il est l'un des rares intellectuels de son époque à avoir décliné le mécénat royal, preuve de son attachement à la vie athénienne ordinaire qu'il mettait si bien en scène.
Ménandre mourut en 290 av. J.-C. dans le port du Pirée, non pas dans un combat ou d'une maladie, mais en se noyant lors d'une baignade matinale. Cette mort banale, presque comique pour un auteur de comédies, frappa les Anciens. Le poète Diodore lui consacra une épitaphe mélancolique : 'La mer jalouse nous a volé Ménandre.'
Sources primaires
KNÉMON : Je voudrais que tous les hommes soient capables de se suffire à eux-mêmes et de ne pas avoir besoin les uns des autres. Alors vous n'auriez plus à m'ennuyer.
Car un homme qui se montre bon envers sa propre femme rend service à lui-même, et celui qui se montre mauvais se nuit à lui-même.
Voilà bien les femmes ! Quand l'une d'elles a décidé quelque chose, elle est aussitôt convaincue que c'est juste.
Celui que les dieux aiment meurt jeune. / L'habitude est une seconde nature.
Polémon, dans sa jalousie, a coupé les cheveux de Glycère ; mais voici que son amour violent se retourne contre lui en remords.
Lieux clés
Creusé dans les pentes méridionales de l'Acropole, ce théâtre de 17 000 places fut la scène principale des représentations de Ménandre lors des Dionysies et des Lénéennes. C'est ici qu'il remporta ses huit victoires officielles et affronta la concurrence de Philémon.
Cœur civique, commercial et intellectuel d'Athènes, l'Agora est le décor réel que Ménandre transposait sur scène. Ses personnages — marchands, soldats revenus de guerre, jeunes bourgeois — sont ceux que l'on croisait quotidiennement sur cette place publique.
Grand port cosmopolite d'Athènes, le Pirée fournissait à Ménandre un vivier de personnages hauts en couleur : marins, courtisanes, marchands étrangers, soldats. C'est également là qu'il trouva la mort en 290 av. J.-C., noyé lors d'une baignade.
Fondée vers 297 av. J.-C. par Ptolémée Ier, cette institution réunit les œuvres de Ménandre dans ses collections. C'est grâce aux copies alexandrines, retrouvées dans les sables égyptiens sous forme de papyrus, que plusieurs de ses pièces nous sont parvenues.
