Mencius est un philosophe chinois du IVe siècle av. J.-C., considéré comme le second sage du confucianisme après Confucius. Il développa l'idée que la nature humaine est fondamentalement bonne et que le souverain légitime doit gouverner avec bienveillance. Son œuvre, le Mengzi, est l'un des Quatre Livres du canon confucéen.
Mencius(371 av. J.-C. — 288 av. J.-C.)
Mencius
État Zou
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'homme est naturellement porté vers le bien, tout comme l'eau coule naturellement vers le bas.»
« Le peuple est ce qu'il y a de plus précieux dans une nation ; viennent ensuite les dieux du sol et des moissons ; le souverain compte le moins.»
Faits marquants
- Né vers 371 av. J.-C. dans l'État de Zou (actuelle province du Shandong, Chine)
- Disciple de la pensée de Confucius, transmise par l'école de Zisi (petit-fils de Confucius)
- Voyagea de cour en cour pour conseiller les princes sur l'art de gouverner avec vertu
- Défendit la théorie de la bonté naturelle de l'être humain (xing shan)
- Mort vers 288 av. J.-C. ; ses entretiens compilés dans le Mengzi, classé parmi les Quatre Livres confucéens
Œuvres & réalisations
Recueil de dialogues entre Mencius, ses disciples et divers souverains, organisé en sept livres. C'est l'œuvre fondamentale du confucianisme classique, intégrée au canon des Quatre Livres par Zhu Xi au XIIe siècle.
Premier livre du Mengzi, consacré aux échanges avec le roi de Wei sur la bienveillance, la justice et le bon gouvernement. Il illustre la vision politique centrale de Mencius : le souverain légitime gouverne pour le peuple.
Développement théorique majeur sur la bonté innée de la nature humaine, articulée autour de quatre dispositions naturelles : compassion, honte, modestie, discernement moral. Texte fondateur de l'anthropologie confucéenne.
Passage dans lequel Mencius affirme qu'un souverain tyrannique perd son mandat céleste et peut légitimement être renversé. Cette idée audacieuse influença profondément la philosophie politique chinoise pendant deux millénaires.
Anecdotes
La mère de Mencius est célèbre pour avoir déménagé trois fois afin de trouver le meilleur environnement pour l'éducation de son fils. Elle choisit finalement de s'installer près d'une école, estimant que la proximité du savoir était indispensable à la formation du caractère. Cette histoire, connue sous le nom de 'la mère de Mencius déménage trois fois', est restée un modèle d'éducation en Chine.
Mencius refusa un jour une somme d'or offerte par le roi de Qi en remerciement de ses enseignements. Il expliqua qu'accepter un don sans raison légitime serait une forme de corruption de l'âme. Cet épisode illustre son attachement à l'intégrité morale au-dessus de toute considération matérielle.
Lors d'une audience avec le roi Hui de Liang, celui-ci demanda à Mencius comment enrichir son royaume. Mencius lui répondit qu'un roi ne devait pas penser au profit mais à la bienveillance et à la justice. Cette réponse audacieuse choqua le souverain mais résume toute la philosophie politique de Mencius.
Mencius compara un jour un homme qui néglige la culture de son esprit à un fermier qui arrache ses jeunes pousses pour les faire grandir plus vite — et les tue ainsi. Cette métaphore soulignait que la vertu doit se développer naturellement, sans forçage ni précipitation.
Mencius voyagea de cour en cour pendant des années pour convaincre les souverains de gouverner avec humanité (ren). Aucun ne l'écouta vraiment, et il finit par se retirer pour enseigner et rédiger ses dialogues avec ses disciples. Ce parcours rappelle celui de Confucius, son maître spirituel de référence.
Sources primaires
Le roi Hui de Liang dit : 'Vieillard, vous n'avez pas jugé la distance trop grande pour venir ici. Vous apportez sûrement quelque chose de profitable à mon royaume ?' Mencius répondit : 'Pourquoi parler de profit ? Ce qui compte, c'est la bienveillance et la justice.'
Mencius dit : 'La nature humaine est bonne, comme l'eau coule naturellement vers le bas. Il n'existe pas d'homme qui ne soit pas bon, de même qu'il n'existe pas d'eau qui ne coule pas vers le bas.'
Mencius dit : 'J'ai entendu dire que l'on avait tué un homme nommé Zhou (le dernier roi Shang). Je n'ai pas entendu dire que l'on avait tué un roi.' Un souverain qui trahit la bienveillance et la justice n'est plus un roi mais un simple homme.
Mencius dit : 'La compassion est le germe de la bienveillance ; la honte est le germe de la justice ; la modestie est le germe de la courtoisie ; le sens du bien et du mal est le germe de la sagesse. Tout homme possède ces quatre germes en lui.'
Lieux clés
Ville natale de Mencius, petite principauté vassale de Lu où il naquit et passa son enfance. C'est là que sa mère célèbre veilla à son éducation en déménageant plusieurs fois pour l'éloigner des mauvaises influences.
Capitale de l'État de Wei où Mencius séjourna et engagea ses premiers grands dialogues politiques consignés dans le Mengzi. C'est ici qu'il formula sa réponse célèbre sur la bienveillance contre le profit.
Capitale de l'État de Qi, l'un des royaumes les plus puissants de l'époque, où Mencius espéra le plus trouver un souverain réceptif à ses idées de gouvernement humain. Il y séjourna plusieurs années.
Centre intellectuel exceptionnel fondé par le royaume de Qi, où se réunissaient les penseurs des Cent Écoles. Mencius y confronta ses idées confucéennes aux thèses des légistes, mohistes et taoïstes.
Complexe commémoratif édifié en l'honneur de Mencius dès l'époque des Han, agrandi sous les Song et les Ming. Il reste aujourd'hui un site historique majeur et témoigne du statut de 'second sage' accordé à Mencius.
Objets typiques

Support d'écriture principal de l'époque, les tablettes de bambou étaient reliées par des cordes pour former des rouleaux. Le Mengzi fut vraisemblablement rédigé et transmis sur ce support avant d'être transcrit sur soie puis papier.

Outils essentiels du lettré confucéen, le pinceau trempé dans l'encre noire servait à calligraphier les textes philosophiques et administratifs. Maîtriser l'écriture était une marque de culture et de vertu pour un homme de bien (junzi).

Habit long et ample en soie ou en lin, caractéristique des érudits confucéens, portant l'idéal de dignité et de rectitude morale dans son apparence même. Mencius accordait une grande importance à la tenue extérieure comme reflet de la vertu intérieure.

Texte divinatoire et philosophique fondamental, que Mencius et ses contemporains connaissaient et commentaient. Il représentait la sagesse ancestrale des Zhou à laquelle les confucéens se référaient constamment.

Moyen de transport utilisé par Mencius lors de ses périples de cour en cour. Il se déplaçait avec une suite de disciples, comme le faisait Confucius avant lui, pour diffuser ses idées auprès des souverains.

Symbole de légitimité politique et de piété envers les ancêtres, présent dans toutes les cours des Royaumes combattants. Pour Mencius, les rites ancestraux incarnés par ces objets étaient indissociables d'un bon gouvernement.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Mencius se levait à l'aube pour accomplir les rites d'offrande aux ancêtres, activité centrale de la piété confucéenne. Il pratiquait ensuite la lecture et la méditation des textes classiques, notamment le Livre des Odes et le Livre de l'Histoire. La matinée était consacrée à l'étude personnelle avant de recevoir ses disciples.
Après-midi
L'après-midi était dédié à l'enseignement oral : Mencius répondait aux questions de ses élèves, commentait les textes anciens et discutait des problèmes politiques et moraux du moment. Lors de ses séjours à la cour, il accordait des audiences aux conseillers royaux ou attendait d'être reçu par le souverain pour lui exposer ses vues.
Soir
Le soir, Mencius dînait simplement avec ses disciples proches et prolongeait les discussions philosophiques dans un cadre informel. Il pouvait dicter des réflexions à ses élèves, qui les consignaient sur des tablettes de bambou. La nuit tombée, les rites de conclusion de la journée (ablutions, prières) marquaient la fin de l'activité.
Alimentation
L'alimentation de Mencius était conforme aux préceptes confucéens de modération : riz, millet, légumes, tofu de soja, parfois du poisson ou de la viande lors des banquets rituels. Il refusait de consommer la chair d'animaux dont il avait entendu le cri d'agonie, par souci de compassion (ren). Le thé n'était pas encore répandu ; on buvait plutôt des bouillons de céréales fermentées.
Vêtements
Mencius portait le vêtement long du lettré (ru fu), composé d'une robe ample en lin ou en soie selon les saisons, ceinte d'une ceinture de cuir ornée de jade. La couleur et la qualité du tissu variaient selon les occasions : sobre pour l'enseignement, plus solennel pour les audiences royales. Le bonnet de cérémonie complétait la tenue lors des rites.
Habitat
Dans ses années de voyage, Mencius logeait dans les résidences offertes par les cours qu'il visitait, parfois de luxueux pavillons de bois laqué aux toits courbes. De retour dans son État natal de Zou, il vivait dans une demeure modeste de bois et de terre cuite, entourée d'un jardin où ses disciples se réunissaient pour étudier. L'intérieur était meublé de nattes basses, d'une table de laque et d'étagères portant les rouleaux de bambou.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style peinture à l'encre de Chine, inspiré des représentations Han : érudit en robes cérémonieuses dans un pavillon ouvert sur un paysage de montagne brumeuse, palette sobre de noirs, verts jade et terres chaudes.
Ambiance sonore
Ambiance sonore d'une cour royale chinoise au IVe siècle av. J.-C. : cloches rituelles en bronze, bruissement de soie, récitation des classiques par les étudiants et rumeurs lointaines des armées en campagne.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mengzi (孟子)
vers 300 av. J.-C.
Dialogues avec le roi Hui de Liang (Livre I)
vers 320 av. J.-C.
Théorie des quatre germes (Livre II)
vers 310 av. J.-C.
Doctrine du Mandat du Ciel et du droit de révolte (Livre I B)
vers 310 av. J.-C.
Voir aussi
Personnages liés

Alexandre II de Macédoine

Anaxagore de Clazomènes
499 av. J.-C. — 427 av. J.-C.

Anaximandre
609 av. J.-C. — 545 av. J.-C.

Aspasie
469 av. J.-C. — 399 av. J.-C.

Catilina
107 av. J.-C. — 61 av. J.-C.

Confucius
550 av. J.-C. — 478 av. J.-C.
