Nabuchodonosor II
Nabuchodonosor II
641 av. J.-C. — 561 av. J.-C.
empire néo-babylonien
Roi de Babylone de 604 à 562 av. J.-C., Nabuchodonosor II porta l'Empire néo-babylonien à son apogée. Il conquit Jérusalem, détruisit le Temple de Salomon et déporta les Hébreux en Babylonie. Grand bâtisseur, il est associé aux légendaires Jardins suspendus de Babylone.
Faits marquants
- 604 av. J.-C. : accession au trône de Babylone après la mort de son père Nabopolassar
- 597 av. J.-C. : première prise de Jérusalem et déportation d'une partie de l'élite judéenne
- 587-586 av. J.-C. : destruction du Temple de Salomon et déportation massive des Hébreux (captivité babylonienne)
- 562 av. J.-C. : mort de Nabuchodonosor II après quarante-trois ans de règne
- Construction présumée des Jardins suspendus de Babylone, l'une des Sept Merveilles du monde antique
Œuvres & réalisations
Nabuchodonosor transforma Babylone en métropole monumentale : double enceinte de briques, palais du Sud et palais du Nord, voie processionnelle longue de 250 mètres, ensemble urbain sans équivalent dans le monde antique.
Chef-d'œuvre de l'architecture néo-babylonienne, cette porte monumentale couverte de briques émaillées bleues à motifs d'animons mythologiques marquait l'entrée de la voie processionnelle. Reconstituée au Musée de Pergame de Berlin.
Jardins étagés en terrasses, considérés comme l'une des Sept Merveilles du monde antique, qu'on lui attribue traditionnellement. Leur existence réelle fait encore débat parmi les archéologues contemporains.
Grande tour à degrés dédiée au dieu Marduk, probable modèle de la Tour de Babel biblique. Nabuchodonosor en acheva ou restaura la construction ; elle atteignait selon les estimations 90 mètres de hauteur.
Série d'expéditions militaires qui étendirent l'Empire néo-babylonien jusqu'à la Méditerranée, soumettant les royaumes de Juda, Ammon, Moab et les cités phéniciennes, assurant le contrôle des routes commerciales.
Nabuchodonosor investit massivement dans le réseau hydraulique mésopotamien, creusant et restaurant des canaux qui irriguèrent la plaine babylonienne et garantirent la prospérité agricole de l'empire.
Anecdotes
Lors du siège de Jérusalem en 597 av. J.-C., Nabuchodonosor II ne se contenta pas de piller le Temple : il emporta avec lui le roi Joïakîn et toute l'élite judéenne — artisans, prêtres, guerriers. Cette déportation massive, appelée la 'première déportation', visa à priver le pays de ses cerveaux et à affaiblir toute résistance future.
La destruction du Temple de Salomon en 586 av. J.-C. reste l'un des événements les plus traumatisants de l'histoire juive. Nabuchodonosor ordonna l'incendie du sanctuaire après un siège de dix-huit mois qui réduisit Jérusalem à la famine. Les lamentations de ce désastre sont consignées dans la Bible hébraïque, dans le livre des Lamentations attribué au prophète Jérémie.
Les fameux Jardins suspendus de Babylone, considérés comme l'une des Sept Merveilles du monde antique, auraient été construits par Nabuchodonosor pour sa femme Amytis, qui s'ennuyait dans la plaine mésopotamienne et regrettait les montagnes verdoyantes de sa Médie natale. Aucun vestige archéologique n'en a jamais été retrouvé, ce qui alimente encore aujourd'hui le débat sur leur réelle existence.
La Bible rapporte dans le livre de Daniel que Nabuchodonosor fut frappé d'une étrange folie divine : il errait nu dans les champs, mangeait de l'herbe comme un bœuf pendant sept ans, avant de recouvrer la raison et de reconnaître la puissance du Dieu d'Israël. Ce récit, probablement symbolique ou légendaire, témoigne néanmoins de l'impression durable que le roi laissa dans la mémoire collective des peuples qu'il soumit.
Sources primaires
La cinquième année du roi Joïakîn de Juda, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint à Jérusalem et la ville fut prise. Il en emmena le roi à Babylone, ainsi que les trésors de la maison du Seigneur.
Nabuchodonosor, roi de Babylone, marcha contre Jérusalem et la ville fut assiégée. Il brûla la maison du Seigneur, la maison du roi et toutes les maisons de Jérusalem ; toutes les maisons des grands, il les brûla au feu.
Moi, Nabuchodonosor, roi de Babylone, j'ai pavé la voie processionnelle de Babylone avec des dalles de calcaire pour la procession du grand seigneur Marduk. Que Marduk, seigneur des dieux, m'accorde la vie éternelle.
La neuvième année de Sédécias, roi de Juda, au dixième mois, Nabuchodonosor, roi de Babylone, marcha avec toute son armée contre Jérusalem et l'assiégea. La ville fut prise.
Rations d'huile et d'orge accordées à Joïakîn, roi du pays de Juda, et à ses cinq fils, détenus à Babylone sous la garde du palais royal.
Lieux clés
Capitale de l'Empire néo-babylonien, Nabuchodonosor en fit la plus grande ville du monde antique avec ses murailles gigantesques, sa voie processionnelle, la Porte d'Ishtar et la ziggurat Etemenanki — probable inspiration de la Tour de Babel biblique.
Nabuchodonosor assiégea et prit Jérusalem deux fois (597 et 586 av. J.-C.), détruisant le Temple de Salomon lors du second siège et déportant la majeure partie de la population judéenne en Babylonie.
Site de la bataille décisive de 605 av. J.-C. où Nabuchodonosor, encore prince héritier, écrasa l'armée égyptienne et assura la domination babylonienne sur tout le Croissant fertile.
Cité phénicienne insulaire que Nabuchodonosor assiégea pendant treize années (585-573 av. J.-C.) sans parvenir à la réduire totalement, illustrant les limites de la puissance babylonienne face aux places maritimes.
Grande ville sainte de Mésopotamie dont Nabuchodonosor restaura les temples et les canaux. Les archives de la maison Murašû, trouvées sur ce site, témoignent de la présence et de l'intégration progressive des déportés judéens en Babylonie.
