Niccolò Paganini(1782 — 1840)

Niccolò Paganini

république de Gênes

7 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceXIXe siècleÉpoque romantique (XIXe siècle), période de révolutions politiques et d'exaltation du génie artistique individuel

Violoniste et compositeur italien du XIXe siècle, Paganini est considéré comme l'un des plus grands virtuoses de tous les temps. Sa technique prodigieuse et sa personnalité flamboyante ont alimenté une légende, certains croyant qu'il avait vendu son âme au diable.

Citations célèbres

« Je ne suis pas prêt à mourir — j'ai encore trop de musique en moi. »

Faits marquants

  • Né le 27 octobre 1782 à Gênes (République de Gênes)
  • Ses 24 Caprices pour violon seul (publiés en 1820) révolutionnent la technique violonistique
  • Sa tournée européenne (1828-1834) déclenche une véritable « paganinimania »
  • Refus des derniers sacrements par l'Église de Nice : son corps n'est inhumé qu'en 1896
  • Décédé le 27 mai 1840 à Nice

Œuvres & réalisations

24 Caprices pour violon seul, Op. 1 (1820)

Publiés à Milan, ces vingt-quatre pièces révolutionnèrent la technique violonistique mondiale et restent aujourd'hui un sommet du répertoire pour violon solo.

Concerto pour violon n° 1 en ré majeur (vers 1817)

Premier grand concerto de Paganini, alliant brillance technique et lyrisme romantique ; il fut longtemps joué en mi bémol pour faciliter le jeu du soliste.

Concerto pour violon n° 2 en si mineur, « La Campanella » (1826)

Le finale de ce concerto, dit 'La Campanella', inspira directement Liszt qui en fit une célèbre transcription pour piano, assurant une postérité immense à ce thème.

Variations sur 'Nel cor più non mi sento' (1821)

Variations virtuoses sur un air de Paisiello, montrant la capacité de Paganini à transformer un thème populaire en exercice technique éblouissant.

Fantaisie sur Moïse de Rossini pour la corde de sol seule (vers 1818)

Pièce de bravoure dans laquelle Paganini jouait entièrement sur la seule corde de sol, la plus grave du violon, produisant un son d'une profondeur saisissante.

Quatuors pour guitare et cordes (1806-1815)

Série d'une quinzaine de quatuors démontrant la maîtrise de Paganini pour la guitare, instrument qu'il pratiquait en amateur éclairé pendant ses années italiennes.

Anecdotes

La réputation diabolique de Paganini était si répandue que ses contemporains le soupçonnaient d'avoir vendu son âme au diable pour acquérir sa technique prodigieuse. Sa silhouette spectrale, ses longs doigts recourbés et son regard hypnotique alimentaient cette légende. Lorsqu'il mourut à Nice en 1840, l'évêque local refusa de lui accorder une sépulture en terre consacrée pendant plusieurs années, tant la rumeur du pacte démoniaque était tenace.

Paganini possédait un violon Guarneri del Gesù de 1742 qu'il surnommait 'Il Cannone' (Le Canon) en raison de sa puissance sonore extraordinaire. Il y était si attaché qu'il le légua par testament à la ville de Gênes, sa ville natale. Ce violon est toujours conservé au Palazzo Tursi de Gênes et prêté exceptionnellement à de grands solistes pour des concerts spéciaux.

Une anecdote attestée raconte qu'après avoir perdu son violon au jeu, Paganini dut emprunter l'instrument d'un mélomane français, M. Livron, pour honorer un concert à Livourne. Sa prestation fut si éblouissante que Livron lui offrit le violon à l'issue du concert, affirmant qu'il ne pourrait jamais jouer sur un instrument qu'avaient touché les doigts du maestro.

En 1831, le jeune Franz Liszt, âgé de dix-neuf ans, assista à un concert de Paganini à Paris. Il fut tellement bouleversé par ce qu'il entendit qu'il décida de devenir 'le Paganini du piano', s'enfermant pour travailler avec une intensité nouvelle. Cette révélation transforma profondément son style et fit de lui le plus grand pianiste virtuose de son siècle.

Paganini souffrait de problèmes de santé chroniques tout au long de sa vie : il était d'une maigreur extrême, avait les articulations inhabituellement souples et les doigts d'une longueur remarquable. Certains médecins modernes ont émis l'hypothèse qu'il souffrait du syndrome de Marfan, une maladie génétique du tissu conjonctif qui pourrait expliquer en partie ses capacités techniques hors du commun.

Sources primaires

Epistolario di Niccolò Paganini (1800-1840)
Lettres autographes dans lesquelles Paganini décrit ses tournées, ses conditions de santé et ses négociations avec les directeurs de salle à travers toute l'Europe.
Heinrich Heine, De la France (1833)
Il était grand, maigre, vêtu de noir ; ses joues étaient creuses comme deux cavernes, et dans ces cavernes brillaient deux yeux sombres qui semblaient contempler un monde invisible.
Allgemeine musikalische Zeitung, compte rendu du concert de Vienne (1828)
On n'a jamais rien entendu de semblable sur un violon. Paganini semble avoir repoussé les limites de l'instrument au-delà de tout ce que l'on croyait possible.
Testament de Niccolò Paganini (1837)
Je lègue mon violon préféré, le Guarneri del Gesù que j'ai nommé Il Cannone, à la ville de Gênes, afin qu'il soit conservé et que nul autre ne puisse jamais en jouer.
The Times (Londres), compte rendu de la saison anglaise (1831)
Le public du King's Theatre n'avait jamais rien entendu de comparable. Les sons qu'il tire de son instrument défient toute description et toute comparaison avec les violonistes connus jusqu'ici.

Lieux clés

Gênes, Italie

Ville natale de Paganini, où il reçut ses premières leçons de son père puis de maîtres locaux. La ville conserve aujourd'hui son violon « Il Cannone » au Palazzo Tursi, véritable trésor national.

Lucques, Toscane

Paganini y vécut de 1805 à 1813 comme directeur musical à la cour d'Élisa Bonaparte. C'est là qu'il composa ses premières œuvres majeures et affina la technique qui allait le rendre célèbre.

Vienne, Autriche

Lieu de son triomphe européen en 1828 : la « Paganini-mania » fit de lui la première idole de la musique classique. Schubert, Czerny et d'autres grands musiciens assistèrent à ses concerts.

Paris, France

Paganini y conquit le public et rencontra Liszt, Chopin et Berlioz en 1831. La capitale française lui offrit une consécration internationale et des contacts avec les plus grands artistes romantiques.

Nice, France

Ville où Paganini s'éteignit le 27 mai 1840, emporté par la tuberculose laryngée. Le refus des derniers sacrements par l'évêque et les cinq années d'errance de sa dépouille alimentèrent durablement sa légende.

Voir aussi