Nout est la déesse égyptienne du ciel dans la mythologie de l'Égypte ancienne. Son corps arqué, parsemé d'étoiles, forme la voûte céleste qui protège la terre. Elle avale le soleil chaque soir et le donne à nouveau naissance chaque matin.
Nut
Nout
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Nout est mentionnée dès les Textes des Pyramides (vers 2400-2300 avant J.-C.), parmi les plus anciens textes religieux écrits connus
- Selon la tradition transmise par les textes égyptiens, elle est la fille de Shou (dieu de l'air) et Tefnout (déesse de l'humidité), et épouse de Geb (dieu de la terre)
- Elle est la mère d'Osiris, Isis, Seth et Nephthys — les grandes divinités de l'Ennéade héliopolitaine
- Son corps voûté, représenté comme une femme dont les mains et les pieds touchent les quatre coins de la terre, symbolise la voûte céleste étoilée
- Elle joue un rôle central dans les croyances funéraires : les couvercles de sarcophages portent son image pour protéger le défunt et lui assurer la renaissance
Œuvres & réalisations
Le plafond de la chambre funéraire de Séthi Ier présente la représentation la plus complète et la plus magistrale de Nout arquée sur le monde. Ce chef-d'œuvre de l'art funéraire égyptien est conservé à la Vallée des Rois.
Ce bas-relief circulaire représente Nout entourée des constellations, des planètes et du zodiaque. L'original est conservé au musée du Louvre à Paris, une copie orne toujours le temple de Dendera en Égypte.
Ce papyrus copte conservé à Copenhague est la compilation la plus complète des traditions astronomiques et cosmologiques liées à Nout. Il décrit en détail le cycle des étoiles dans le corps de la déesse.
Première attestation textuelle majeure du mythe de Nout gravée sur les parois de la chambre funéraire du pharaon Ounas à Saqqara. Ces formules magiques invoquent Nout pour assurer la résurrection royale.
Ce sarcophage du Musée du Caire illustre avec une rare précision les séquences narratives du mythe de Nout, associant textes et images pour guider l'âme du défunt vers la résurrection.
Anecdotes
Nout est souvent représentée comme une femme dont le corps arqué s'étend au-dessus de la terre, les doigts et les orteils touchant les quatre coins du monde. Cette image spectaculaire orne le plafond de nombreuses tombes royales, notamment dans la Vallée des Rois, où elle accueille les défunts dans son giron céleste.
Selon le mythe, Nout et Geb (la terre) étaient inséparables et s'enlacaient en permanence. Rê, le dieu soleil, ordonna à Shou (l'air) de les séparer, ce qui créa l'espace entre le ciel et la terre. Geb et Nout restèrent condamnés à se désirer sans jamais se toucher.
Nout avale le soleil chaque soir à l'horizon occidental et le fait traverser son corps toute la nuit avant de lui donner naissance à nouveau à l'aube. Cette métaphore du cycle solaire expliquait aux Égyptiens le retour quotidien du jour et nourrissait l'espoir de la résurrection après la mort.
Thot, dieu de la sagesse, joua aux dés avec la Lune et gagna cinq jours supplémentaires pour Nout, malgré l'interdiction de Rê. C'est pendant ces cinq jours épagomènes que Nout put enfanter Osiris, Isis, Seth, Nephthys et Horus l'Ancien — les grandes divinités du panthéon égyptien.
Dans les Textes des Pyramides, Nout est appelée 'la Grande Truie qui dévore ses porcereaux' — ses étoiles-enfants qu'elle avale au lever du soleil et restitue le soir. Cette image, surprenante pour nous, témoignait de la vision cyclique et non linéaire du temps chez les anciens Égyptiens.
Sources primaires
Ô Nout, tu t'es étendue sur ton père Geb, tu as placé ta splendeur au-dessus de lui. Tu l'as couvert de tes membres en ta forme de Mystère du Ciel.
Nout la Grande, mère des dieux, reçois le défunt dans ses bras et guide-le vers les champs d'Ialou.
Je suis Nout, je suis née du néant. Mon corps est la route des millions d'étoiles. Je suis celle qui donne naissance aux dieux.
Ô Mère du Ciel, reçois le roi en toi. Il vit, il vit, il est renouvelé comme les étoiles en toi.
Nout accomplit son cours en 365 jours. Elle avale les étoiles à l'aube et les enfante à la nuit tombée. Son corps est le ciel et sa vie est mesurée par les étoiles.
Lieux clés
Grand centre théologique de l'Égypte ancienne, Héliopolis était le berceau de l'Ennéade, le groupe des neuf divinités dont Nout fait partie. Les prêtres d'Héliopolis élaborèrent et transmirent les mythes cosmogoniques la mettant en scène.
La pyramide d'Ounas à Saqqara contient les plus anciens Textes des Pyramides connus, où Nout est invoquée comme mère céleste et protectrice du pharaon défunt. C'est l'une des premières attestations écrites du mythe.
Les tombes royales du Nouvel Empire, notamment celles de Séthi Ier et de Ramsès VI, présentent les plus belles représentations de Nout arquée sur le plafond, accueillant les pharaons dans son giron étoilé.
Le plafond astronomique du temple de Dendera, daté de l'époque ptolémaïque, représente Nout entourée des constellations et des planètes, témoignant de la fusion entre mythologie et astronomie pratiquée par les prêtres égyptiens.
Le temple d'Abydos, dédié aux divinités osiriennes, représente Nout dans son rôle de mère des dieux, notamment d'Osiris et d'Isis, divinités centrales du culte funéraire d'Abydos.
Objets typiques

L'intérieur du couvercle des sarcophages égyptiens représentait fréquemment Nout, les bras étendus, afin que la déesse protège le défunt pendant son voyage dans l'au-delà.

Les viscères du défunt étaient parfois placés sous la protection de Nout, dont l'image ornait certains couvercles de vases canopes, assurant la résurrection des organes vitaux.

Symbole du soleil que Nout avale et enfante chaque jour, le disque solaire ailé orne les linteaux de nombreux temples et rappelle le cycle cosmique que gouverne la déesse.

Les étoiles peintes en jaune sur fond bleu nuit représentent les enfants de Nout parsemés sur son corps. Elles ornent les plafonds des chambres funéraires royales dès l'Ancien Empire.

Les prêtres déposaient des offrandes rituelles à Nout pour assurer la régularité du cycle solaire et la protection des morts, notamment lors des fêtes liées au calendrier épagomène.

Le calendrier de 365 jours — dont les cinq jours épagomènes liés à Nout — était inscrit sur papyrus et utilisé par les scribes pour régler les fêtes religieuses et les travaux agricoles.
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Vie quotidienne
Matin
À l'aube, Nout donne naissance au soleil depuis ses entrailles : dans les temples, les prêtres accomplissent les rites de l'ouverture de la bouche pour réveiller la statue divine. Des hymnes au soleil levant sont chantés en chœur dans la cour du temple, saluant la renaissance quotidienne que rend possible la déesse.
Après-midi
En plein jour, le soleil traverse le ciel dans la barque de Rê, symbole du voyage en plein jour. Les prêtres récitent des formules protégeant Nout contre Apophis, le serpent du chaos qui menace de dévorer le soleil. Des offrandes de pain, bière, fleurs de lotus et encens sont déposées sur les autels.
Soir
Le soir, Nout avale le soleil à l'horizon occidental dans un coucher de feu. Les prêtres éteignent symboliquement les lampes du sanctuaire puis allument les étoiles-lampes pour honorer les enfants de la déesse qui apparaissent dans le ciel nocturne. Des litanies funéraires sont récitées pour les défunts confiés à sa protection.
Alimentation
En tant que déesse cosmique, Nout se nourrit symboliquement des étoiles et du soleil, ses enfants divins. Dans les rites en son honneur, les prêtres consommaient du pain d'orge en forme d'étoile, du miel représentant la lumière des astres et de la bière sacrée brassée lors des grandes fêtes du calendrier épagomène.
Vêtements
Nout est représentée vêtue d'une robe moulante bleu nuit constellée d'étoiles dorées à cinq branches. Elle porte une perruque noire striée de bleu avec un diadème en forme de vase hiéroglyphique signifiant 'ciel'. Ses bijoux sont en or et lapis-lazuli, pierres symbolisant le ciel nocturne et la lumière divine.
Habitat
Nout n'habite pas un temple terrestre mais le ciel lui-même : son corps est sa demeure et son sanctuaire. Sur terre, ses représentations principales se trouvent sur les plafonds des chambres funéraires royales, dont les parois reproduisent symboliquement la voûte céleste pour accueillir les morts dans son espace sacré.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Art funéraire égyptien du Nouvel Empire : déesse à la peau bleu lapis, corps arqué couvert d'étoiles dorées, représentation plane et solennelle inspirée des plafonds des tombes royales de la Vallée des Rois.
Ambiance sonore
Silence de la nuit désertique égyptienne sous un ciel étoilé immense, ponctué du murmure du Nil, de chants rituels de prêtres au loin et du frémissement de l'aube naissante.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Plafond de la tombe de Séthi Ier (KV17)
vers 1279 avant J.-C.
Plafond astronomique du temple de Dendera
vers 50 avant J.-C.
Papyrus Carlsberg I — Le Livre de Nout
vers 150 après J.-C.
Textes des Pyramides de la pyramide d'Ounas
vers 2350 avant J.-C.
Sarcophage de Nespanetjerperi (Livre de Nout illustré)
vers 1000 avant J.-C.






