Olympias(374 av. J.-C. — 315 av. J.-C.)

Olympias

royaume de Macédoine

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PolitiqueMonarquePolitiqueAvant J.-C.Grèce classique et début de l'époque hellénistique (IVe siècle av. J.-C.)

Princesse d'Épire et reine de Macédoine, Olympias fut l'épouse de Philippe II et la mère d'Alexandre le Grand. Femme de pouvoir redoutable, elle joua un rôle politique majeur durant les guerres des Diadoques après la mort de son fils.

Questions fréquentes

Olympias, princesse d'Épire et reine de Macédoine, est surtout connue comme la mère d'Alexandre le Grand. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle fut bien plus qu'une reine consort : elle exerça un pouvoir politique direct, d'abord comme conseillère influente de son fils, puis comme actrice des guerres des Diadoques après sa mort. Son ambition était de préserver la légitimité dynastique de la lignée d'Alexandre, ce qui la conduisit à prendre les armes en 317 av. J.-C. pour défendre les droits de son petit-fils Alexandre IV. Femme de pouvoir redoutable, elle incarne la capacité des reines hellénistiques à peser sur le cours de l'histoire.

Faits marquants

  • Vers 375 av. J.-C. : naissance en Épire, fille du roi Néoptolème Ier
  • 357 av. J.-C. : mariage avec Philippe II de Macédoine
  • 356 av. J.-C. : naissance de son fils Alexandre, futur Alexandre le Grand
  • 316 av. J.-C. : exécutée sur ordre de Cassandre après avoir tenté de conserver le trône pour la lignée d'Alexandre

Œuvres & réalisations

Correspondance diplomatique avec les cités grecques (336-323 av. J.-C.)

Pendant les campagnes d'Alexandre, Olympias conduisit une diplomatie active depuis Pella, entretenant une correspondance régulière avec son fils et intervenant dans les affaires des cités. Plusieurs lettres mentionnées par Plutarque témoignent de son rôle politique central.

Régence effective de Macédoine (334-323 av. J.-C.)

En l'absence d'Alexandre parti à la conquête de l'Asie, Olympias exerça une influence considérable sur la politique macédonienne, en concurrence avec le régent Antipater. Elle forma un contrepoids royal essentiel au maintien de la légitimité dynastique.

Campagne militaire en Macédoine (317 av. J.-C.)

À la tête d'une armée épirote, Olympias envahit la Macédoine pour défendre les droits de son petit-fils Alexandre IV contre Philippe III Arrhidée. Sa seule présence suffit à faire basculer les troupes adverses, révélant l'autorité symbolique et militaire qu'elle avait su construire.

Promotion du culte héroïque d'Alexandre (323-316 av. J.-C.)

Après la mort d'Alexandre, Olympias œuvra activement à l'établissement de son culte divin, cherchant à consolider la légitimité de son petit-fils. Elle fit ériger des monuments et organiser des cérémonies en l'honneur de son fils défié.

Anecdotes

Selon Plutarque, la nuit précédant ses noces avec Philippe II, Olympias aurait rêvé qu'un éclair frappait son ventre, allumant un grand feu. Ce présage fut interprété comme un signe divin de la conception future d'Alexandre. Olympias alimenta elle-même cette légende pour renforcer le caractère exceptionnel de son fils.

Olympias était une adepte fervente du culte dionysiaque et participait à des cérémonies mystiques nocturnes en Macédoine. Selon les sources antiques, elle manipulait des serpents apprivoisés lors de ces rituels, ce qui inspirait une vive terreur à son entourage, y compris à Philippe II lui-même.

Après l'assassinat de Philippe II en 336 av. J.-C., Olympias fit tuer Cléopâtre Eurydicé, la nouvelle épouse de Philippe, ainsi que sa fille nouveau-née. Certaines sources l'accusent même d'avoir commandité le meurtre du roi. Elle plaça une couronne d'or sur la tête de l'assassin, Pausanias, avant de faire brûler son corps.

Lors des guerres des Diadoques, Olympias prit les armes au sens littéral : en 317 av. J.-C., elle mena une armée en Macédoine pour défendre les droits de son petit-fils Alexandre IV. Ses adversaires, les soldats de Cassandre, refusèrent de combattre contre la mère d'Alexandre le Grand, et son rival Philippe III Arrhidée fut capturé puis exécuté sur son ordre.

Capturée par Cassandre en 316 av. J.-C., Olympias refusa de s'humilier devant ses juges. Elle fut condamnée à mort, mais aucun soldat n'osa lever la main sur la mère d'Alexandre. Cassandre dut finalement envoyer les familles des victimes qu'elle avait fait tuer pour l'exécuter. Elle mourut, dit-on, avec une dignité royale absolue, sans verser une larme.

Sources primaires

Plutarque, Vie d'Alexandre (Ier-IIe siècle apr. J.-C.)
On dit que la nuit qui précéda celle où fut consommé le mariage, la mariée crut voir dans un songe le tonnerre fondre sur son sein, d'où jaillit un grand feu qui se divisa en plusieurs flammes.
Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, Livre XIX (Ier siècle av. J.-C.)
Olympias, ayant réuni une armée et envahi la Macédoine, s'empara du royaume sans combat, les soldats refusant de se battre contre la mère d'Alexandre.
Justin, Abrégé des Histoires philippiques de Trogue Pompée, Livre IX (IIe-IIIe siècle apr. J.-C.)
Philippe répudia Olympias, alléguant qu'elle était adultère ; elle, de son côté, soutenait que son fils était d'une naissance divine et non pas de Philippe.
Arrien, Anabase d'Alexandre, Livre VII (IIe siècle apr. J.-C.)
Alexandre, avant de mourir, envoya des lettres à Antipater, mais rien dans ces lettres ne concernait Olympias, ce qui causa le désespoir de la reine.

Lieux clés

Dodone (Épire, Grèce)

Sanctuaire oraculaire de Zeus situé en Épire, patrie d'Olympias. Le roi des dieux y parlait par le bruissement des feuilles d'un chêne sacré. Olympias, originaire du peuple molosse, y était particulièrement attachée et y fit des dédicaces.

Pella (Macédoine, Grèce)

Capitale du royaume de Macédoine et résidence principale d'Olympias en tant que reine. C'est à Pella qu'elle éleva Alexandre et tissa les intrigues politiques qui devaient marquer la cour macédonienne.

Samothrace (Grèce)

Île de la mer Égée et lieu de culte des Cabires, divinités mystérieuses liées à la fertilité et à la protection des marins. C'est lors des mystères de Samothrace qu'Olympias rencontra Philippe II pour la première fois.

Aigai (Vergina, Macédoine, Grèce)

Ancienne capitale rituelle et nécropole royale de Macédoine. C'est à Aigai que fut assassiné Philippe II lors des noces de sa fille, et c'est là qu'étaient inhumés les rois macédoniens.

Pydna (Macédoine, Grèce)

Ville côtière de Macédoine où Olympias se réfugia lors du siège de Cassandre en 317-316 av. J.-C. Affaiblie par la famine, elle dut s'y rendre, avant d'être condamnée à mort et exécutée.

Voir aussi