Oum Kalthoum(1898 — 1975)
Oum Kalthoum
royaume d'Égypte, République d'Égypte, Égypte, République arabe unie
8 min de lecture
chanteuse et actrice égyptienne
Questions fréquentes
Faits marquants
- Oum Kalthoum naît vers 1898 dans un village du delta du Nil, en Égypte, et apprend le Coran avec son père, imam, ce qui forge sa technique vocale.
- Elle s'impose au Caire dans les années 1920-1930 comme la voix la plus célèbre du monde arabe, enregistrant pour la radio égyptienne dès 1934.
- Ses concerts mensuels du premier jeudi de chaque mois, diffusés en direct à la radio, paralysent littéralement les rues du monde arabe de 1937 aux années 1970.
- Après la défaite arabe de 1967 (guerre des Six Jours), elle donne des concerts de soutien dont les recettes sont reversées à l'État égyptien pour la reconstruction de l'armée.
- À sa mort en février 1975, ses funérailles au Caire rassemblent plusieurs millions de personnes, l'un des rassemblements populaires les plus importants du XXe siècle.
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre issu de la collaboration avec Mohammed Abdel Wahab, cette chanson de plus d'une heure est considérée comme l'une des plus grandes compositions de la musique arabe du XXe siècle. Elle symbolise la fusion entre tradition classique et modernité musicale.
Poème mis en musique par Riad Al Sunbati, Al Atlal est une méditation sur l'amour perdu et la mélancolie. Ce titre est régulièrement cité comme le sommet absolu de l'art d'Oum Kalthoum, sa capacité à moduler chaque syllabe en faisant une œuvre unique à chaque interprétation.
Inspirée des contes des Mille et Une Nuits, cette chanson incarne la capacité d'Oum Kalthoum à raconter des histoires à travers le chant. Elle devint l'une de ses signatures les plus populaires dans tout le monde arabophone.
Oum Kalthoum tourna six longs métrages dans le cinéma égyptien classique, dont Wedad (1936) et Salama (1945). Ces films lui permirent d'élargir son audience et de s'imposer comme figure nationale au-delà de la musique.
Après la défaite de 1967, Oum Kalthoum organisa une série de concerts à travers le monde arabe et en Europe, reversant les bénéfices à l'Égypte. Cet acte patriotique renforça son statut de symbole politique et culturel au-delà de sa dimension artistique.
Anecdotes
Chaque premier jeudi du mois, toute l'Égypte s'arrêtait : les rues se vidaient, les cafés se remplissaient devant la radio pour écouter le concert d'Oum Kalthoum retransmis en direct. On disait que même les criminels cessaient leurs activités ce soir-là. Ce rituel collectif dura des décennies et fit d'elle bien plus qu'une chanteuse : un symbole national vivant.
En 1967, après la défaite militaire de l'Égypte face à Israël lors de la Guerre des Six Jours, Oum Kalthoum organisa une tournée de concerts à travers le monde arabe et en Europe pour collecter des fonds. Elle reversa l'intégralité des recettes à l'État égyptien, contribuant de manière significative à la reconstruction de l'armée. Sa popularité dépassait les frontières : elle était une figure d'unité pour tout le monde arabe.
Oum Kalthoum était connue pour ses concerts d'une durée exceptionnelle : une seule chanson pouvait durer trois à cinq heures, car elle répétait les vers en improvisant de nouvelles variations mélodiques, répondant aux cris d'enthousiasme du public. Cette technique, héritée de la tradition du tarab (l'extase musicale arabe), lui permettait de plonger l'auditoire dans un état de transe collective.
Fille d'un imam de village de la campagne égyptienne, elle apprit le Coran par cœur avant de chanter. Son père, découvrant sa voix extraordinaire, la déguisa en garçon pour qu'elle puisse se produire dans les cérémonies religieuses sans susciter le scandale. C'est ainsi, cachée sous un turban, qu'Oum Kalthoum fit ses premiers pas sur scène.
Lors de son décès en février 1975, quatre millions de personnes descendirent dans les rues du Caire pour accompagner son cortège funèbre — l'un des plus grands rassemblements de foule de l'histoire égyptienne, comparable aux funérailles du président Nasser en 1970. Des ambassades du monde entier rapportèrent que des ressortissants arabes pleuraient ouvertement dans les rues de Paris, Londres et New York.
Sources primaires
« Ma voix est un don de Dieu, mais c'est le labeur quotidien qui en fait un instrument. Je répète chaque phrase musicale jusqu'à ce qu'elle devienne aussi naturelle que ma respiration. »
« Je chante pour l'Égypte, pour ses soldats, pour son honneur. Tant que j'aurai une voix, elle sera au service de cette patrie. »
« Je vous demande de composer pour moi une mélodie qui parle de l'amour de la patrie autant que de l'amour d'un homme. Ces deux sentiments sont, pour moi, inséparables. »
« Les Français m'ont dit qu'ils ne comprennent pas les paroles, mais qu'ils sentent l'émotion. C'est cela, la musique universelle. »
Lieux clés
Village natal d'Oum Kalthoum dans la région de Daqahlia. C'est ici qu'elle apprit le Coran auprès de son père imam et que naquit sa vocation musicale, bercée par le chant religieux et les cérémonies rurales.
Capitale culturelle où Oum Kalthoum s'installa en 1924 et construisit toute sa carrière. Le Caire fut la scène de ses plus grands concerts, de ses collaborations avec les meilleurs compositeurs arabes et de ses émissions radiodiffusées mensuelles.
L'une des salles emblématiques où Oum Kalthoum se produisit devant des milliers de spectateurs. Ses concerts y duraient parfois jusqu'à l'aube, le public refusant de la laisser quitter la scène.
En novembre 1967, Oum Kalthoum se produisit à l'Olympia lors de sa tournée de solidarité post-guerre des Six Jours. Ce concert fut un triomphe inattendu : des milliers de spectateurs européens et de la diaspora arabe furent subjugués par sa voix.
Lieu de son mariage et de ses funérailles nationales en 1975. Des millions de Cairotes s'y pressèrent pour lui rendre un dernier hommage, faisant de cet événement l'un des plus grands rassemblements de l'histoire moderne de l'Égypte.






