Chimiste suisse (1899-1965), Paul Hermann Müller a synthétisé le DDT en 1939 et découvert ses propriétés insecticides. Cette découverte lui valut le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1948, bien que le DDT soit aujourd'hui interdit pour ses effets environnementaux néfastes.
Paul Hermann Müller(1899 — 1965)
Paul Hermann Müller
Suisse
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 12 janvier 1899 à Olten, en Suisse
- Synthétise le DDT en 1939 chez Geigy et découvre ses propriétés insecticides
- Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1948 pour cette découverte
- Le DDT contribue à éradiquer le typhus et à réduire le paludisme pendant et après la Seconde Guerre mondiale
- Décède le 12 octobre 1965 à Bâle ; le DDT est progressivement interdit dès les années 1970 pour sa persistance dans l'environnement
Œuvres & réalisations
Découverte fondatrice de la carrière de Müller : la synthèse du dichlorodiphényltrichloroéthane et la mise en évidence de sa capacité à tuer les insectes au simple contact. Cette réalisation bouleversa la lutte contre les maladies vectorielles au XXe siècle.
Protection juridique de la découverte, permettant à Geigy de produire et commercialiser le DDT à l'échelle mondiale. Ce brevet ouvrit la voie à l'industrialisation massive du pesticide.
Exposé scientifique présenté lors de la remise du prix Nobel, dans lequel Müller décrit sa méthode de recherche systématique et les propriétés du DDT. Ce texte reste une référence dans l'histoire de la chimie des insecticides.
Bien que Müller n'en soit pas l'auteur, sa découverte du DDT fut le pilier scientifique de ce programme lancé par l'OMS. Il permit de réduire drastiquement la mortalité palustre dans de nombreuses régions du monde.
Anecdotes
Pour tester ses composés, Paul Hermann Müller construisit une cage vitrée spéciale qu'il appela sa 'cage à mouches'. Il y enfermait des insectes et observait méticuleusement l'effet de chaque substance. Après avoir testé plus de 300 composés sans succès satisfaisant, il déposa sur les parois de la cage un produit synthétisé en septembre 1939 : les mouches tombaient mortes en quelques secondes. C'était le DDT.
Lors de l'épidémie de typhus à Naples en 1943-1944, les autorités alliées firent asperger des milliers de civils italiens de poudre de DDT pour éradiquer les poux porteurs de la maladie. Ce fut la première fois dans l'histoire qu'une épidémie de typhus fut stoppée en plein hiver. Cet événement convainquit le monde entier de l'efficacité foudroyante du DDT.
Lorsque Müller reçut le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1948, beaucoup furent surpris qu'un chimiste soit récompensé par ce prix plutôt que par celui de chimie. Le comité Nobel justifia son choix en soulignant que la découverte des propriétés insecticides du DDT avait sauvé des millions de vies humaines en protégeant les populations du paludisme et du typhus.
Müller était connu dans son laboratoire pour sa méthode rigoureuse et patiente : il consignait chaque expérience dans des carnets détaillés et refusait de sauter des étapes. Ses collègues racontaient qu'il passait parfois des journées entières à observer le comportement d'insectes sous cloche, sans que rien ne semble se passer, avant de noter froidement ses conclusions.
Dès les années 1950, des scientifiques commencèrent à signaler la présence de DDT dans des organismes animaux éloignés des zones de traitement, notamment chez des rapaces dont les œufs devenaient anormalement fragiles. La publication en 1962 du livre 'Printemps silencieux' de Rachel Carson porta ces alertes au grand public et conduisit finalement à l'interdiction du DDT dans de nombreux pays, alors que Müller était encore vivant.
Sources primaires
Le DDT présente une toxicité de contact remarquable et persistante pour un très grand nombre d'espèces d'insectes, tout en étant, dans les conditions d'emploi habituelles, d'une innocuité satisfaisante pour les mammifères à sang chaud.
Le composé obtenu par condensation du chloral avec le chlorobenzène en présence d'acide sulfurique présente des propriétés insecticides exceptionnelles et une grande stabilité chimique.
Les opérations de pulvérisation intradomiciliaire de DDT menées dans le cadre du Programme mondial d'éradication du paludisme ont permis de réduire la mortalité due à cette maladie de plus de 50 % dans les régions traitées entre 1955 et 1965.
Le DDT et les autres pesticides chlorés s'accumulent dans les chaînes alimentaires, atteignant des concentrations létales chez les prédateurs au sommet de ces chaînes. La fragilisation des coquilles d'œufs des rapaces en est l'illustration la plus dramatique.
Paul Hermann Müller a rendu à l'humanité un service de premier ordre en découvrant les propriétés insecticides du DDT et en permettant ainsi le contrôle de maladies vectrielles responsables de millions de morts chaque année.
Lieux clés
Ville natale de Paul Hermann Müller, née le 12 janvier 1899. Cité industrielle du canton de Soleure, elle incarne l'environnement ouvrier et artisan dans lequel grandit le futur Nobel.
Lieu où Müller travailla toute sa carrière et où il synthétisa le DDT en 1939. Cette entreprise chimique bâloise, fondée en 1758, est aujourd'hui intégrée au groupe Novartis.
Ville où le DDT fut utilisé pour la première fois à grande échelle sur une population humaine en 1943-1944, lors d'une épidémie de typhus. Cette application valida spectaculairement l'efficacité de la découverte de Müller.
Capitale scandinave où Paul Hermann Müller reçut son prix Nobel de physiologie ou médecine le 10 décembre 1948, lors d'une cérémonie solennelle à l'Hôtel de Ville.
Ville où Müller vécut et travailla l'essentiel de sa vie adulte, et où il mourut le 12 octobre 1965. Bâle est le cœur de l'industrie chimique et pharmaceutique suisse.
Objets typiques

Dispositif expérimental conçu par Müller lui-même pour tester l'effet des composés insecticides sur des insectes vivants. C'est dans cette cage qu'il observa pour la première fois la puissance foudroyante du DDT.

Müller consignait méticuleusement chaque expérience dans des carnets numérotés, notant les formules chimiques, les doses et les résultats sur les insectes. Ces carnets constituent l'archive de sa démarche scientifique rigoureuse.

Outil central de la chimie organique de synthèse, il servait à préparer et chauffer les composés chimiques testés. Des centaines de synthèses furent réalisées par Müller dans de tels récipients avant la découverte du DDT.

Vêtement de protection porté quotidiennement dans les laboratoires Geigy, symbole de la rigueur scientifique de l'époque. Elle protégeait Müller des projections chimiques lors de ses nombreuses manipulations.

Appareil utilisé pour disperser le DDT en poudre lors des premières applications sur le terrain. Ce type d'outil fut déployé massivement lors de la campagne antipaludéenne et anti-typhus de la Seconde Guerre mondiale.

Remise à Müller en décembre 1948 à Stockholm, cette médaille en or représente l'une des plus hautes distinctions scientifiques mondiales. Elle symbolise la reconnaissance internationale de l'impact médical de sa découverte.
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Vie quotidienne
Matin
Müller arrivait tôt aux laboratoires Geigy à Bâle, souvent dès sept heures. Il commençait sa journée en relisant ses carnets de notes de la veille, planifiant les synthèses chimiques à réaliser. La matinée était consacrée aux manipulations les plus délicates, nécessitant une concentration maximale.
Après-midi
L'après-midi, il observait et notait les résultats de ses expériences sur les insectes dans sa cage vitrée, parfois pendant plusieurs heures. Il participait également aux réunions d'équipe chez Geigy, échangeant avec ses collègues chimistes sur l'avancement des recherches et les pistes prometteuses.
Soir
Le soir, Müller rentrait dans son foyer bâlois et se consacrait à sa famille. Homme discret et peu mondain, il consacrait parfois ses soirées à lire des revues scientifiques spécialisées en entomologie ou en chimie organique, restant constamment à l'affût des dernières publications.
Alimentation
Comme la plupart des Suisses alémaniques de sa génération, Müller suivait une alimentation simple et robuste : pain, fromage, charcuteries, légumes de saison et viande lors des repas principaux. Le repas de midi à la cantine de Geigy était souvent l'occasion d'échanges informels avec ses collègues.
Vêtements
Au laboratoire, Müller portait systématiquement une blouse blanche boutonnée, indispensable pour se protéger des produits chimiques. En dehors du travail, il s'habillait sobrement à la mode bourgeoise suisse des années 1930-1950 : costume sombre, chemise blanche et chapeau lors des sorties.
Habitat
Müller vivait dans un appartement confortable du quartier résidentiel de Bâle, adapté au statut d'un cadre scientifique de l'industrie chimique. L'habitat bâlois de l'époque se caractérisait par des immeubles solides en pierre, dotés de grands appartements bien éclairés.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Synthèse et étude des propriétés insecticides du DDT
1939
Brevet international sur le DDT (déposé par Geigy)
1942
Conférence Nobel : 'Dichlordiphenyltrichloräthan und neuere Insektizide'
1948
Programme mondial d'éradication du paludisme (contribution indirecte)
1955






