Pétrarque
Pétrarque
1304 — 1374
République florentine
Poète et humaniste italien du XIVe siècle, Pétrarque est considéré comme le père de l'humanisme. Passionné par les auteurs latins antiques, il redécouvre et recopie de nombreux manuscrits oubliés. Son œuvre poétique, notamment le Canzoniere dédié à Laure, a profondément influencé la littérature européenne.
Citations célèbres
« Qui n'aime pas les livres n'aime pas la sagesse. »
« Le silence est le plus sûr des langages. »
Faits marquants
- Né le 20 juillet 1304 à Arezzo (Toscane)
- Couronnement poétique au Capitole de Rome en 1341 — premier poète couronné depuis l'Antiquité
- Rédaction du Canzoniere, recueil de 366 poèmes en italien consacrés à Laure de Noves
- Redécouverte des lettres de Cicéron à Atticus (1345), fondatrice de la philologie humaniste
- Mort le 18 juillet 1374 à Arquà (Vénétie)
Œuvres & réalisations
Recueil de 366 poèmes en toscan, principalement des sonnets dédiés à Laure. Considéré comme le chef-d'œuvre de la lyrique italienne, il influence toute la poésie européenne jusqu'au XVIIe siècle (pétrarquisme).
Dialogue imaginaire en latin entre Pétrarque et saint Augustin, en présence de Dame Vérité. Pétrarque y analyse ses propres contradictions entre l'amour de Laure, l'ambition de gloire et la quête spirituelle.
Grande épopée latine retraçant les exploits de Scipion l'Africain contre Hannibal. Pétrarque l'espérait immortelle ; c'est en partie grâce à ce poème qu'il est couronné lauréat à Rome en 1341.
Traité latin en deux livres faisant l'éloge de la retraite loin des foules et de la cour. Pétrarque y développe l'idéal humaniste du sage retiré dans la nature, libre de lire, écrire et penser.
Poème allégorique en terza rima décrivant six triomphes — de l'Amour, de la Chasteté, de la Mort, de la Renommée, du Temps, de l'Éternité. Très populaire à la Renaissance, il inspire iconographie et arts décoratifs.
Recueil de 350 lettres latines adressées à des amis, princes et même à des Anciens comme Cicéron ou Tite-Live. Document exceptionnel sur la vie intellectuelle du XIVe siècle et sur la naissance de l'humanisme.
Anecdotes
En 1327, un Vendredi saint, Pétrarque aperçoit pour la première fois Laure dans l'église Sainte-Claire d'Avignon. Cette rencontre le marque à jamais : il lui consacre plus de 300 poèmes dans son Canzoniere, bien qu'il ne lui ait probablement jamais parlé. L'identité réelle de Laure reste aujourd'hui encore un mystère pour les historiens.
En 1336, Pétrarque escalade le mont Ventoux en Provence, simplement par curiosité et amour de la nature. Au sommet, il ouvre au hasard les Confessions de saint Augustin et tombe sur un passage sur la vanité humaine. Il voit dans cet épisode un signe du ciel et rédige une lettre célèbre racontant l'ascension — l'un des premiers textes où un homme décrit la montagne comme un lieu de contemplation intérieure.
Pétrarque passait des heures entières dans les bibliothèques des monastères à fouiller de vieilles armoires et coffres poussiéreux à la recherche de manuscrits antiques oubliés. C'est ainsi qu'il redécouvre à Vérone, en 1345, des lettres personnelles de Cicéron à Atticus, révélant un Cicéron très humain, loin de l'image parfaite que l'on en avait. Il leur répond même comme si le grand orateur romain était encore vivant.
En 1341, Pétrarque est couronné poète lauréat sur le Capitole à Rome — la première fois depuis l'Antiquité qu'un tel honneur était accordé. Il prépare ce couronnement avec soin, choisissant lui-même la date symbolique du dimanche de Pâques. La cérémonie est organisée par le roi de Naples Robert d'Anjou, qui l'avait interrogé pendant trois jours pour s'assurer de sa valeur.
Pétrarque détestait les médecins de son époque et leur méthode fondée sur Avicenne plutôt que sur les Grecs anciens. Il écrit un pamphlet virulent intitulé Contre un médecin en quatre livres pour défendre les lettres contre une médecine qu'il juge obscure et pédante. Son propre médecin lui ayant conseillé de ne pas lire la nuit, il continua de le faire toute sa vie.
Sources primaires
Voi ch'ascoltate in rime sparse il suono / di quei sospiri ond'io nudriva 'l core / in sul mio primo giovenile errore / quand'era in parte altr'uom da quel ch'i' sono.
Je suis un homme de rien, ni très illustre par mon origine ni très humble. Ma famille est d'honnête condition et, comme on dit, de rang médiocre. Je suis né à Arezzo, dans l'exil, d'un père qui avait été chassé de sa patrie.
Mû par le seul désir de voir ce lieu célèbre par sa hauteur, j'ai gravi aujourd'hui le plus haut sommet de cette région, que l'on appelle Ventoux. Dix ans se sont écoulés depuis que j'ai quitté Bologne.
La solitude est le grand remède des hommes, la source de toute liberté, le fondement du repos, la condition de toute étude sérieuse. Loin de la foule, l'esprit retrouve sa propre mesure.
Arma canunt alii bellisque ingentia facta, / nos tecum, Caesar, Romanaque tempora laudum / percurrimus.
Galerie
Church of the Eremitani (Padua) - Interior Tomb of Jacopo II da Carrara
Wikimedia Commons, Public domain — Didier Descouens
Duomo (Padua) - Chapel of St.Joseph - bust Francesco Petrarca, by Rinaldo Rinaldi
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Didier Descouens
Guide dans les musees de peinture et de sculpture du Louvre et du Luxembourg
Wikimedia Commons, Public domain — Pelloquet, Theodore

