Policarpa Salavarrieta

Policarpa Salavarrieta

1795 — 1817

Grande Colombie

PolitiqueMilitaireTemps modernesÉpoque des indépendances hispano-américaines, début du XIXe siècle

Héroïne de l'indépendance colombienne (vers 1795–1817), surnommée « La Pola ». Couturière et espionne patriote, elle recrutait des soldats pour la cause indépendantiste. Arrêtée par les Espagnols, elle fut fusillée à Bogotá le 14 novembre 1817.

Citations célèbres

« « Pueblo indigno! ¡Cómo distinta sería vuestra suerte si conocierais el precio de la libertad! » (paroles attribuées par la tradition au moment de son exécution, 14 novembre 1817) »

Faits marquants

  • Née vers 1795 à Guaduas (Nouvelle-Grenade, actuelle Colombie), dans une famille créole modeste
  • Travaille comme couturière à Bogotá, ce qui lui permet de circuler librement et de collecter des informations pour les insurgés
  • Recrutait des soldats royalistes pour les faire déserter au profit de l'armée patriote
  • Arrêtée en 1817 par les autorités espagnoles lors de la Reconquista de Pablo Morillo
  • Fusillée le 14 novembre 1817 à Bogotá ; ses dernières paroles de défi à la foule sont transmises par la tradition orale

Œuvres & réalisations

Réseau d'espionnage patriote de Bogotá (1815–1817)

Policarpa organisa et anima un réseau clandestin de collecte d'informations militaires au sein même de la capitale royaliste. Son action permit de transmettre des renseignements précieux aux forces de Simón Bolívar et Francisco de Paula Santander opérant dans les Llanos.

Recrutement de soldats pour l'armée patriote (1816–1817)

Sous couvert de ses activités de couturière, Policarpa convainquit de nombreux jeunes hommes de déserter l'armée royaliste ou de rejoindre les forces indépendantistes. Cette activité constitua l'un des chefs d'accusation principaux lors de son procès.

Paroles prononcées avant son exécution (14 novembre 1817)

Les dernières paroles de Policarpa — « ¡Pueblo indigno! ¡Llorad vuestra suerte y la mía! » (Peuple indigne ! Pleurez votre sort et le mien !) — furent transmises oralement et devinrent un cri de ralliement pour la cause indépendantiste colombienne.

Portrait symbolique de la nation colombienne (XIXe–XXe siècles)

Bien que non créé par elle, le visage de Policarpa orna le billet de dix pesos colombien pendant des décennies, faisant d'elle l'un des symboles officiels de la nation. Son image devient l'incarnation de la résistance féminine à l'oppression coloniale.

Inspiration du mouvement féministe colombien (XIXe–XXe siècles)

La figure de Policarpa inspira plusieurs générations de militantes colombiennes qui se réclamèrent de son héritage. Des organisations de femmes, des établissements scolaires et des rues dans tout le pays portent son nom en hommage à son courage.

Anecdotes

Policarpa Salavarrieta utilisait son métier de couturière comme couverture parfaite pour ses activités d'espionne. Travaillant dans les maisons des familles royalistes de Bogotá, elle cousait des uniformes et des vêtements tout en écoutant les conversations militaires confidentielles, qu'elle transmettait ensuite aux patriotes insurgés.

Le surnom « La Pola » lui fut donné par le peuple colombien et devint un symbole de résistance. Si populaire était ce nom que les femmes patriotes qui s'engageaient pour l'indépendance étaient souvent appelées « las Polas » en son honneur, témoignant de l'admiration qu'elle inspirait de son vivant.

Arrêtée le 14 novembre 1817, Policarpa refusa de se repentir ou de dénoncer ses complices malgré les pressions des autorités espagnoles. Conduite au lieu d'exécution sur la Plaza Mayor de Bogotá, elle fit face au peloton d'exécution en criant des mots d'encouragement pour la cause patriote, jusqu'au dernier moment.

Son compagnon Alejo Sabaraín fut fusillé le même jour. Selon les témoignages de l'époque, Policarpa refusa d'avoir les yeux bandés et d'être tournée dos aux soldats, exigeant de mourir en regardant ses bourreaux, acte de courage qui frappa profondément les témoins de son exécution.

Sources primaires

Acte d'accusation du Tribunal royaliste de Santa Fe contre Policarpa Salavarrieta (Novembre 1817)
La rea Policarpa Salavarrieta, alias La Pola, ha sido encontrada culpable de espionaje y sedición contra la Corona española, habiendo reclutado soldados para las fuerzas insurgentes y transmitido informaciones militares a los enemigos del Rey.
Témoignage de José Hilario López (futur président colombien, contemporain des événements) (1817, rédigé ultérieurement dans ses Mémoires)
La vi caminar hacia el patíbulo con paso firme y sereno, sin mostrar el menor signo de arrepentimiento, lanzando palabras de fuego en favor de la independencia. Su valentía dejó una impresión indeleble en cuantos la presenciamos.
Gazette de Cundinamarca — Rapport officiel sur l'exécution des patriotes (14 novembre 1817)
En la mañana del 14 de noviembre de 1817 fueron ejecutados en la Plaza Mayor de Santafé varios insurgentes, entre ellos la costurera Policarpa Salavarrieta, condenada por actividades de espionaje y reclutamiento para las fuerzas rebeldes.
Récit oral transmis dans le quartier de La Candelaria, Bogotá (Tradition orale, XIXe siècle)
Les femmes du quartier racontaient que La Pola cachait les messages secrets dans les ourlets des robes qu'elle cousait, et que jamais les soldats espagnols ne pensèrent à fouiller les vêtements qu'elle livrait aux maisons royalistes.

Lieux clés

Guaduas, Cundinamarca (Colombie)

Ville natale probable de Policarpa Salavarrieta, située entre Bogotá et Honda. Un musée lui est aujourd'hui consacré dans cette ville qui honore sa mémoire comme héroïne nationale.

Plaza de Bolívar (ancienne Plaza Mayor), Bogotá

Lieu de l'exécution de Policarpa le 14 novembre 1817. C'est sur cette place centrale de Bogotá qu'elle fut fusillée avec plusieurs compagnons patriotes, devenant ainsi martyre de l'indépendance.

Quartier La Candelaria, Bogotá

Quartier historique colonial de Bogotá où Policarpa vivait et travaillait comme couturière. Les maisons en pierre et les ruelles étroites de ce quartier constituent le cadre de ses activités d'espionne.

Honda, Tolima (Colombie)

Ville fluviale stratégique proche de Guaduas, point de passage important sur le fleuve Magdalena. Lieu de contacts entre les réseaux patriotes dont Policarpa faisait partie.

Prison royale de Santa Fe de Bogotá

Lieu de détention de Policarpa après son arrestation en octobre 1817. Elle y fut emprisonnée avant son jugement sommaire et son exécution, refusant jusqu'au bout de dénoncer ses complices.

Galerie

Policarpa

Policarpa

Wikimedia Commons, Public domain — José María Espinosa (1796-1883)

La Pola en capilla

La Pola en capilla

Wikimedia Commons, Public domain — José Maria Espinosa (1796 - 1883).

Policarpa Salabarrieta

Policarpa Salabarrieta

Wikimedia Commons, Public domain — José María Espinosa Prieto


Bulletin Of The Pan American Union 1939-10: Vol 73 Iss 10

Bulletin Of The Pan American Union 1939-10: Vol 73 Iss 10

Wikimedia Commons, Public domain — Inconnu

'Policarpa Salavarrieta' (1919) by Samuel Velásquez (attr.) - Museo de Antioquia - Medellín - Colombia 2024

'Policarpa Salavarrieta' (1919) by Samuel Velásquez (attr.) - Museo de Antioquia - Medellín - Colombia 2024

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — José Luiz

Policarpa Mercedes Delgado Mallarino

Policarpa Mercedes Delgado Mallarino

Wikimedia Commons, Public domain — Mercedes Delgado Mallarino

Cerveza La Pola

Cerveza La Pola

Wikimedia Commons, Public domain — Cerveza La Pola


Bulletin Of The Pan American Union 1931-11: Vol 65 Iss 11

Bulletin Of The Pan American Union 1931-11: Vol 65 Iss 11

Wikimedia Commons, Public domain — Inconnu


Bulletin Of The Pan American Union 1939-01: Vol 73 Iss 1

Bulletin Of The Pan American Union 1939-01: Vol 73 Iss 1

Wikimedia Commons, Public domain — Inconnu


Bulletin Of The Pan American Union 1939: Vol 73 Index

Bulletin Of The Pan American Union 1939: Vol 73 Index

Wikimedia Commons, Public domain — Inconnu

Voir aussi