Rhiannon
Rhiannon
Déesse galloise issue de la mythologie celtique, Rhiannon apparaît dans le Mabinogion, recueil de récits en prose gallois rédigé vers les XIe-XIIe siècles à partir de traditions orales plus anciennes. Figure de l'Autre Monde (Annwn), elle est associée aux chevaux blancs, à la magie et à la souveraineté.
Faits marquants
- Rhiannon apparaît principalement dans les Première et Troisième Branches du Mabinogion, sources écrites galloises des XIe-XIIe siècles.
- Son nom est rapproché par les linguistes de *Rigantona*, terme gaulois signifiant 'grande reine', attestant une origine divine pré-chrétienne.
- Elle chevauche un cheval blanc qu'aucun cavalier ne peut rattraper, symbole de son appartenance à l'Autre Monde.
- Accusée faussement d'avoir tué son propre fils, elle subit une pénitence humiliante avant d'être réhabilitée — motif récurrent de la femme injustement châtiée.
- Elle est souvent mise en parallèle avec la déesse gauloise Épona, divinité des chevaux, ce qui suggère un substrat mythologique commun à l'ensemble du monde celtique.
Œuvres & réalisations
Recueil de quatre récits en prose gallois constituant la source principale du mythe de Rhiannon. La Première et la Troisième Branches lui sont directement consacrées, la montrant comme figure de souveraineté, mère injustement accusée et épouse fidèle.
Premier grand manuscrit gallois préservant le texte complet du Mabinogi. Son existence est cruciale pour la transmission du mythe de Rhiannon jusqu'à l'époque moderne.
Second manuscrit médiéval gallois majeur et source textuelle de référence pour les récits de Rhiannon. Conservé à la Bodleian Library d'Oxford, il est la copie la plus complète du Mabinogi.
Première traduction anglaise complète du Mabinogi, qui diffusa les récits de Rhiannon dans toute l'Europe cultivée et déclencha un vif intérêt romantique pour les mythologies celtiques.
Témoignages archéologiques (bas-reliefs, inscriptions votives) de la déesse celtique des chevaux, cousine iconographique de Rhiannon, répandue dans tout l'Empire. Ces vestiges attestent l'ancienneté et l'extension du culte des déesses équestres celtiques.
Anecdotes
Lors de leur première rencontre, Pwyll, prince de Dyfed, aperçoit Rhiannon chevauchant un cheval blanc à une allure mystérieuse. Il envoie ses meilleurs cavaliers la rattraper, mais malgré leurs efforts, ils ne parviennent jamais à la rejoindre. Ce n'est qu'en l'interpellant directement que Rhiannon s'arrête, révélant ainsi qu'elle attendait qu'on lui adresse la parole.
Accusée à tort d'avoir tué son propre fils nouveau-né, Rhiannon fut condamnée à une pénitence humiliante : rester à la porte du palais, raconter son crime à tous les visiteurs et proposer de les porter sur son dos comme une bête de somme. Elle accomplit cette sentence avec une dignité et une sérénité remarquables, sans jamais se plaindre ni perdre sa noblesse.
Le fils de Rhiannon, Pryderi, fut enlevé à sa naissance par une main géante surgissant dans l'obscurité. Des chiots de lévrier furent retrouvés à côté de la mère endormie, ce qui permit aux servantes jalouses de l'accuser faussement. Pryderi fut finalement retrouvé des années plus tard et reconnut sa mère, dissipant définitivement l'injustice.
Rhiannon est associée à trois oiseaux magiques dont le chant possède le pouvoir d'éveiller les morts et d'endormir les vivants. Ces 'oiseaux de Rhiannon' incarnent la frontière poreuse entre le monde des vivants et l'Autre Monde (Annwn), soulignant la nature divine et ambivalente de cette déesse de la souveraineté.
Le nom Rhiannon dérive probablement du gaulois *Rigantona*, signifiant 'Grande Reine'. Certains chercheurs l'associent à Épona, déesse gauloise des chevaux vénérée dans tout l'Empire romain. Cette parenté linguistique et iconographique illustre la profonde unité de la mythologie celtique au-delà des frontières géographiques.
Sources primaires
Et il vit une femme vêtue d'un manteau de soie dorée brillante, chevauchant un grand cheval blanc pâle, et elle s'avançait à une allure lente et égale le long du chemin qui passait devant eux.
Rhiannon et Manawydan, assis sur le monticule de Gorsedd Arberth, entendirent un tonnerre et un brouillard épais descendit sur eux, et quand la lumière revint, ils ne virent plus âme qui vive.
Manuscrit gallois contenant les premières versions écrites des récits du Mabinogi, copié vers 1350, préservant des traditions orales remontant à la période préchrétienne.
Second grand manuscrit gallois médiéval conservant les Quatre Branches du Mabinogi, rédigé entre 1382 et 1410, constituant avec le Livre Blanc la source textuelle principale pour les récits de Rhiannon.



