Robert Schuman(1886 — 1963)
Robert Schuman
France, Allemagne
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Homme d'État français (1886-1963), Robert Schuman est l'un des principaux fondateurs de l'Union européenne. Ministre des Affaires étrangères, il a proposé en 1950 le plan de création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), jetant les bases de l'intégration européenne.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. »
« L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes d'abord, créant une solidarité de fait. »
Faits marquants
- 1950 : Présentation de la déclaration Schuman proposant la création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier)
- 1951 : Signature du Traité de Paris instituant la CECA, fondement de la future Union européenne
- 1948-1952 : Ministre des Affaires étrangères français, acteur clé de la réconciliation franco-allemande
- 1955-1956 : Président du Parlement de l'Assemblée commune de la CECA
- 1958 : Reconnaissance internationale de son rôle de père fondateur de l'Europe
Œuvres & réalisations
Discours fondateur proposant la mise en commun des productions franco-allemandes de charbon et d'acier sous une Haute Autorité supranationale. Considérée comme l'acte de naissance de l'Union européenne, cette date est célébrée chaque année comme la Journée de l'Europe.
Traité signé par six pays (France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) créant la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Première institution supranationale de l'histoire, elle fut le laboratoire de toute la construction européenne ultérieure.
Ouvrage testament de Schuman, publié l'année de sa mort, dans lequel il expose sa vision d'une Europe fondée sur des valeurs chrétiennes, la démocratie et la solidarité entre les peuples. Texte de référence pour comprendre l'idéal des Pères fondateurs.
Schuman fut le premier président de l'Assemblée parlementaire européenne (future Parlement européen), donnant une légitimité démocratique aux institutions naissantes de la communauté européenne.
Bien que non signataire direct, Schuman prépara diplomatiquement le terrain aux traités de Rome instituant la CEE et l'Euratom, prolongement logique de la CECA qu'il avait fondée sept ans plus tôt.
Anecdotes
Robert Schuman est né au Luxembourg en 1886, alors que la Lorraine était sous domination allemande. Il fit ses études en Allemagne et parla toujours le français avec un léger accent germanique. Cette double culture, loin d'être un handicap, lui donna une compréhension unique des deux nations rivales, ce qui fut déterminant pour sa vision de la réconciliation franco-allemande.
Le 9 mai 1950, Schuman lut sa déclaration devant la presse internationale au Salon de l'Horloge du Quai d'Orsay. Le texte avait été rédigé en secret avec Jean Monnet pour éviter les fuites diplomatiques. Konrad Adenauer, le chancelier allemand, apprit la nouvelle quelques heures avant l'annonce officielle et aurait déclaré qu'il s'agissait du premier acte sincère d'un Français envers l'Allemagne depuis la guerre.
Pendant l'Occupation, la Gestapo arrêta Schuman en septembre 1940 en raison de son opposition au régime nazi. Emprisonné à Neustadt, il parvint à s'évader en 1942 et se réfugia dans des monastères de zone libre, vivant dans la clandestinité jusqu'à la Libération. Cette expérience de la persécution renforça encore sa conviction que seule l'unité européenne pouvait prévenir de nouvelles guerres.
Homme d'une piété profonde, Schuman ne s'était jamais marié et menait une vie d'une grande sobriété dans sa maison de Scy-Chazelles en Moselle. Il se levait chaque matin à l'aube pour assister à la messe avant de commencer ses journées de ministre, ce qui lui valut le surnom affectueux de 'moine de la politique européenne'. Le pape Jean-Paul II a ouvert en 2004 sa cause en béatification.
Lorsqu'il présidait l'Assemblée parlementaire européenne (1958-1960), Schuman insistait pour que les débats se tiennent dans plusieurs langues sans qu'aucune ne soit privilégiée. Il intervenait lui-même successivement en français, en allemand et en luxembourgeois, illustrant concrètement l'idéal multilingue qu'il défendait pour la construction européenne.
Sources primaires
L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait.
La démocratie doit être fraternelle ou elle ne sera pas. Elle doit être une politique de fraternité, sinon elle deviendra une tyrannie ou une anarchie.
Nous demandons à l'Allemagne d'accepter une souveraineté limitée sur ses ressources en charbon et en acier, mais nous acceptons exactement les mêmes limitations pour la France. C'est une égalité de droits et de devoirs.
Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous a divisés. L'avenir de nos peuples se construira ensemble ou ne se construira pas.
Lieux clés
Maison natale de la famille Schuman en Lorraine, où Robert revint vivre et où il mourut en 1963. Aujourd'hui musée, elle conserve son bureau et sa bibliothèque tels qu'il les avait laissés.
C'est dans ce salon du ministère des Affaires étrangères que Schuman prononça sa déclaration historique du 9 mai 1950 devant la presse internationale, lançant le processus d'intégration européenne.
Ville natale de Robert Schuman, alors Grand-Duché neutre entre France et Allemagne. Son identité frontalière forgea sa sensibilité particulière aux questions de réconciliation entre peuples européens.
Ville symbole de la réconciliation franco-allemande où Schuman contribua à installer le Conseil de l'Europe (1949) et le Parlement européen. Strasbourg devint le cœur institutionnel de l'Europe qu'il avait rêvée.
Schuman fut député de la Moselle pendant plus de quarante ans et prononça de nombreux discours fondamentaux sur la politique étrangère française depuis l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Déclaration Schuman
9 mai 1950
Traité de Paris instituant la CECA
18 avril 1951
Pour l'Europe
1963
Présidence de l'Assemblée parlementaire européenne
1958-1960
Contribution au Traité de Rome
25 mars 1957






