Tamerlan
Tamerlan
1336 — 1405
Conquérant turco-mongol du XIVe siècle, Tamerlan fonda un empire s'étendant de l'Anatolie à l'Inde. Ses campagnes militaires, marquées par une violence extrême, ont redessiné la carte de l'Asie centrale.
Faits marquants
- 1336 : Naissance à Kesh (actuel Ouzbékistan)
- 1370 : Prise du pouvoir en Transoxiane, Samarkand devient sa capitale
- 1398 : Invasion et pillage de Delhi, massacres de masse
- 1402 : Victoire d'Ankara contre l'empire ottoman, capture du sultan Bayezid Ier
- 1405 : Mort lors de la campagne contre la Chine (Ming)
Œuvres & réalisations
Tombeau de Tamerlan et de sa famille, chef-d'œuvre de l'architecture timouride avec sa coupole côtelée turquoise. Ce monument influença directement l'architecture moghole, notamment le Taj Mahal.
L'une des plus grandes mosquées du monde islamique médiéval, construite par Tamerlan après sa victoire sur l'Inde. Elle symbolisait la volonté du conquérant de faire de Samarcande le centre du monde islamique.
Recueil de maximes politiques et militaires attribué à Tamerlan, exposant sa vision du gouvernement, de la guerre et de la justice. Son authenticité est débattue, mais il reflète la tradition administrative de l'empire timouride.
Palais monumental de la ville natale de Tamerlan, dont les deux immenses pylônes d'entrée atteignaient 50 mètres de hauteur. Il représentait la puissance et la magnificence revendiquées par le conquérant.
La conquête de Delhi et le butin rapporté permirent de financer le renouveau architectural et culturel de Samarcande. Les artisans indiens déportés transmirent leurs techniques aux ateliers timourides.
Anecdotes
Tamerlan souffrait d'une blessure à la jambe droite qui le rendait boiteux — d'où son surnom persan 'Timur-e Lang' (Timour le Boiteux), déformé en 'Tamerlan' par les Européens. Loin de le handicaper, cette infirmité lui valut une réputation de guerrier d'autant plus redoutable qu'il triomphait malgré ce désavantage physique.
En 1402, à la bataille d'Ankara, Tamerlan captura le sultan ottoman Bayézid Ier, pourtant réputé invincible. Selon plusieurs chroniqueurs orientaux, il aurait utilisé le sultan comme marchepieds pour monter à cheval, bien que d'autres sources contestent ce récit. Bayézid mourut en captivité quelques mois plus tard.
Tamerlan était un joueur d'échecs passionné et expert. Il aurait appris la stratégie militaire en partie grâce à ce jeu, et ses généraux devaient maîtriser les échecs. Certains historiens pensent que le jeu dit 'échecs de Tamerlan', une variante sur un plateau agrandi, lui est directement attribué.
Après la prise de chaque ville résistante, Tamerlan faisait ériger des pyramides de crânes pour terroriser les populations futures. À Ispahan en 1387, les chroniqueurs rapportent que 70 000 têtes auraient été entassées. Ces pratiques visaient délibérément à décourager toute résistance lors de ses prochaines campagnes.
Malgré sa réputation de destructeur, Tamerlan était un grand mécène des arts et de l'architecture. Il faisait déporter les meilleurs artisans, architectes et savants des villes conquises vers sa capitale Samarcande, qu'il voulait transformer en la plus belle ville du monde.
Sources primaires
Et Tamerlan ordonna que l'on rassemblât les hommes de guerre et que l'on disposât les troupes selon l'ordre de bataille qu'il avait lui-même établi, car il connaissait mieux que quiconque l'art de placer les ailes et le centre.
Sa Majesté Tamerlan était assise dans un portail du palais, sous l'ombre de la voûte, sur des coussins élevés, vêtu d'une robe de soie et coiffé d'un haut bonnet blanc orné d'un rubis entouré de perles et de pierres précieuses.
Il ne cessait de faire la guerre et de répandre le sang, de ruiner les pays et de dépeupler les villes, d'enlever les richesses et d'emmener les captifs, si bien que les nations tremblaient à son nom et que les rois de la terre redoutaient sa puissance.
Ces steppes de la Horde d'Or sont parcourues par des peuples hardis dont les cavaliers peuvent couvrir cent lieues en un seul jour, vivant de leur troupeau et de leurs conquêtes.
Galerie

Painting of Timur from a manuscript of Tarikh-i-Khandan-i-Timuriya, prepared by the court painters of Mughal emperor Akbar, circa 16th century
Wikimedia Commons, Public domain — Court painters of Mughal emperor Akbar, painting published by Annette Susannah Beveridge

The Rulers of the Mughal Dynasty from Babur to Aurangzeb, with their Ancestor Timurlabel QS:Len,"The Rulers of the Mughal Dynasty from Babur to Aurangzeb, with their Ancestor Timur"
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Attributed to Bhavanidas
Portrait of Timur (d.1405), as commissioned by his grandson Ibrahim Sultan in the 1436 Zafarnama
Wikimedia Commons, Public domain — 1436 painting
Timur near-contemporary portrait (1436, Shiraz), and modern forensic reconstruction (Gerasimov 1941) with coloring
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Painting: 1436 artist, Shiraz Photograph: User:shakko Coloring: पाटलिपुत्र (talk)

Timur (earliest known portrait), Timurid genealogy, 1405-1409, Samarkand (TSMK, H2152)
Wikimedia Commons, Public domain — 1405-1409 artist
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivans
Wikimedia Commons, Public domain — Société des artistes français. Salon Académie royale de peinture et de sculpture (France) Salon (Exhibition : Paris

