Roi de Sardaigne puis premier roi d'Italie unifiée (1861), Victor-Emmanuel II fut le souverain qui, allié à Cavour et Garibaldi, mena à bien le Risorgimento. Il régna jusqu'à sa mort en 1878, incarnant l'unité nationale italienne.
Victor-Emmanuel II(1820 — 1878)
Victor-Emmanuel II
royaume d'Italie
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'Italie est faite, il ne reste plus qu'à faire les Italiens.»
Faits marquants
- 1820 : naissance à Turin dans la maison de Savoie
- 1849 : devient roi de Sardaigne après l'abdication de son père Charles-Albert
- 1855-1856 : engage le Piémont dans la guerre de Crimée aux côtés de la France pour s'attirer des alliés
- 1861 : proclamé premier roi d'Italie unifiée le 17 mars
- 1878 : mort à Rome, capitale du royaume d'Italie
Œuvres & réalisations
En refusant d'abolir la constitution après la défaite de Novare, malgré les pressions autrichiennes, Victor-Emmanuel II préserva le modèle libéral piémontais qui servit ultérieurement de socle constitutionnel à l'Italie unifiée.
L'accord secret de Plombières avec Napoléon III permit de déclencher la deuxième guerre d'indépendance, aboutissant à l'annexion de la Lombardie et des duchés du centre de l'Italie par plébiscite.
Acte fondateur de l'Italie unifiée voté par le Parlement de Turin, qui fit de Victor-Emmanuel II le premier roi d'une Italie unifiée pour la première fois depuis l'Antiquité romaine.
Grâce à l'alliance avec la Prusse de Bismarck lors de la guerre austro-prussienne, l'Italie obtint la Vénétie malgré ses défaites militaires à Custoza et Lissa, agrandissant sensiblement le territoire national.
La brèche de Porta Pia permit aux troupes italiennes d'entrer dans Rome, mettant fin au pouvoir temporel du pape et complétant l'unification. Rome devint la capitale du Royaume d'Italie en 1871.
Avec Cavour, Victor-Emmanuel II transforma le Piémont en un État moderne doté d'un réseau ferroviaire, d'une armée réformée et d'institutions libérales qui furent étendues à toute l'Italie après l'unification.
Anecdotes
En octobre 1860, Victor-Emmanuel II rencontra Garibaldi près du village de Téano, en Campanie. Le héros des Mille, qui venait de conquérir le royaume des Deux-Siciles, salua le roi d'un simple 'Je vous salue, premier roi d'Italie !' et lui remit les territoires conquis, refusant tout honneur personnel. Cette poignée de main entre le roi et le révolutionnaire symbolisa la réconciliation des deux forces qui avaient accompli l'unité italienne.
Victor-Emmanuel II était surnommé 'il Re galantuomo', le 'roi galant homme', parce qu'il refusa de renier le Statuto Albertino après la défaite de Novare en 1849. L'Autriche pressait son père abdiquant et lui-même de supprimer les libertés constitutionnelles comme prix de la paix, mais le jeune roi tint bon, préservant ainsi les institutions libérales du Piémont et sa réputation auprès des patriotes italiens.
Le roi était si passionné de chasse que ses ministres peinaient à le joindre lorsqu'il s'éclipsait dans ses domaines de montagne. Cavour lui-même dut parfois envoyer des courriers urgents jusqu'aux forêts du Val d'Aoste pour obtenir la signature royale sur des traités diplomatiques d'importance capitale.
En juillet 1859, Napoléon III signa l'armistice de Villafranca avec l'Autriche sans prévenir Victor-Emmanuel II, abandonnant la Vénétie à mi-chemin de la campagne. Le roi, furieux de cette trahison, aurait déclaré que l'Italie ne pouvait décidément compter que sur elle-même. Cet épisode l'incita à poursuivre l'unification sans trop se fier aux promesses françaises.
Victor-Emmanuel II entretenait une liaison de longue date avec Rosa Vercellana, surnommée 'la Bella Rosina', fille d'un sous-officier piémontais. Après la mort de son épouse officielle en 1855, il l'épousa en mariage morganatique en 1869. Cette union, scandaleuse pour la cour, illustre le caractère peu cérémonieux du roi, qui se sentait plus à l'aise parmi les soldats et les chasseurs qu'à l'étiquette des palais.
Sources primaires
Abbiamo risoluto di accordare e di sanzionare il presente Statuto fondamentale della Monarchia [...] per essere una legge fondamentale perpetua ed irrevocabile della Monarchia.
Nous proclamons être pris le titre de Roi d'Italie [...] En proclamant à cette heure l'Italie constituée en État, nous accomplissons le vœu de vingt-cinq générations.
Sa Majesté le Roi de Sardaigne consent à ce que les territoires de Savoie et de l'arrondissement de Nice soient réunis à la France, sous la condition expresse que les populations seront consultées.
Le Piémont, en maintenant ses institutions constitutionnelles, offre à l'Italie le modèle d'un gouvernement libre et régulier, respectueux des droits de tous et garant de l'ordre public.
Je dois à mes peuples et à moi-même de ne pas dissimuler combien cet armistice inattendu m'est douloureux ; la Vénétie demeure sous le joug autrichien et l'œuvre nationale reste inachevée.
Lieux clés
Capitale du Piémont-Sardaigne et berceau du Risorgimento, Turin abrita le Parlement qui proclama l'unité italienne en 1861. Victor-Emmanuel II y résida jusqu'au déplacement de la capitale vers Florence puis Rome.
Après la prise de Rome en 1870, Victor-Emmanuel II s'installa au Quirinal, ancienne résidence des papes devenue palais royal. C'est là qu'il mourut en janvier 1878, au terme de l'unification accomplie.
C'est près de ce village, le 26 octobre 1860, que Victor-Emmanuel II rencontra Garibaldi qui lui remit les territoires du Mezzogiorno qu'il venait de libérer. Cette scène symbolisa l'union des deux forces du Risorgimento.
Lieu de la bataille décisive du 24 juin 1859 contre l'Autriche, où Victor-Emmanuel II combattit en personne. L'horreur de ce champ de bataille inspira Henry Dunant et la création de la Croix-Rouge internationale.
L'antique monument romain devint le mausolée de la monarchie italienne. Victor-Emmanuel II y est inhumé et sa tombe demeure aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage patriotique pour les monarchistes italiens.
Objets typiques

Victor-Emmanuel II portait presque toujours l'uniforme militaire plutôt que les habits de cour, commandant personnellement ses troupes sur le champ de bataille. Il participa ainsi aux combats de Goito en 1848 et aux campagnes de 1859.

Ce document constitutionnel accordé par son père en 1848 fut maintenu par Victor-Emmanuel II après la défaite de Novare, malgré les pressions autrichiennes. Il symbolisait son engagement libéral et servit de constitution à l'Italie jusqu'en 1948.

Passionné de chasse au point d'y consacrer des semaines entières, le roi ne se séparait jamais de ses armes lors de ses séjours dans ses domaines montagnards du Val d'Aoste et du Piémont.

Portée lors des grandes occasions d'État et des revues militaires, cette épée symbolisait son double rôle de roi constitutionnel et de chef suprême des armées du Risorgimento.

Passionné de stratégie militaire, Victor-Emmanuel II suivait personnellement les mouvements de troupes à l'aide de cartes topographiques lors des conseils de guerre, notamment durant les campagnes de 1859 et de 1866.

L'ordre suprême de la Santissima Annunziata, le plus haute distinction de la Maison de Savoie, ornait sa poitrine lors des cérémonies. Il l'utilisait pour récompenser ses plus fidèles alliés diplomatiques et militaires.
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Vie quotidienne
Matin
Victor-Emmanuel II se levait très tôt, habitude ancrée depuis sa jeunesse militaire. Il commençait sa journée par une promenade équestre ou une inspection des gardes avant de recevoir ses aides de camp et de consulter les dépêches diplomatiques. Il préférait ces matins actifs aux cérémonies de lever protocolaires héritées de la tradition royale.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux audiences officielles, aux conseils des ministres et aux entretiens avec Cavour, qu'il recevait souvent plusieurs fois par semaine. Le roi participait activement aux décisions stratégiques, s'intéressant prioritairement aux affaires militaires et diplomatiques plutôt qu'aux détails de l'administration ordinaire.
Soir
Les soirées du roi, lorsqu'il n'était pas en campagne, étaient souvent simples : repas en famille ou avec quelques intimes militaires, partie de cartes ou lecture de rapports d'état-major. Il évitait les grandes soirées de cour et préférait nettement la compagnie de soldats et de chasseurs aux cercles aristocratiques raffinés.
Alimentation
La table du roi reflétait ses goûts simples et piémontais : viandes rôties — souvent du gibier qu'il chassait lui-même —, polenta, risotto et vins de sa région. Il mangeait copieusement, à la manière d'un soldat, sans grand souci de la gastronomie de cour. Il appréciait particulièrement les vins rouges du Piémont, barolo et barbaresco.
Vêtements
Presque toujours vêtu de son uniforme militaire, Victor-Emmanuel II dédaignait les habits brodés et les perruques de cour. Il arborait l'uniforme de général avec ses décorations, notamment l'ordre suprême de l'Annonciade. Sa célèbre moustache en guidon, volumineuse et relevée, était son trait physique le plus reconnaissable.
Habitat
Il résida principalement au Palais Royal de Turin, puis au Palais Pitti de Florence lorsque la capitale y fut déplacée en 1865, et enfin au Quirinal à Rome à partir de 1871. Ces palais étaient richement meublés, mais le roi préférait ses appartements privés sobres et ses châteaux de chasse, comme Stupinigi ou Racconigi en Piémont.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Maintien du Statuto Albertino
1849
Alliance franco-piémontaise et campagne de 1859
1858-1859
Proclamation du Royaume d'Italie
17 mars 1861
Annexion de la Vénétie
1866
Prise de Rome et achèvement de l'unité italienne
20 septembre 1870
Modernisation de l'armée et des institutions piémontaises
1849-1861
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Voir aussi
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