Roi de l'Empire perse achéménide de 485 à 465 av. J.-C., fils de Darius Ier. Il est célèbre pour avoir conduit la deuxième guerre médique contre les cités grecques, notamment lors des batailles des Thermopyles et de Salamine.
Xerxès Ier(518 av. J.-C. — 464 av. J.-C.)
Xerxès Ier
Empire achéménide
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 485 av. J.-C. : monte sur le trône perse après la mort de Darius Ier
- 480 av. J.-C. : lance l'invasion de la Grèce à la tête d'une immense armée
- 480 av. J.-C. : victoire terrestre aux Thermopyles face aux Spartiates de Léonidas
- 480 av. J.-C. : défaite navale décisive à Salamine face à la flotte grecque
- 465 av. J.-C. : assassiné lors d'un complot de palais
Œuvres & réalisations
Monumentale porte d'entrée de Persépolis édifiée par Xerxès, ornée de taureaux androcéphales colossaux inspirés de l'art assyrien. Elle accueillait les délégations de tous les peuples de l'empire venant rendre hommage au Grand Roi.
Immense salle du trône dont la construction fut initiée par Xerxès à Persépolis, avec cent colonnes de pierre soutenant le plafond. Ce bâtiment servait aux grandes audiences royales et aux réceptions militaires.
Xerxès acheva la grande salle hypostyle d'audience initiée par Darius Ier, ornée de frises sculptées montrant les délégations de 23 peuples tributaires portant leurs offrandes. Ces reliefs constituent une source visuelle exceptionnelle sur la diversité de l'empire.
Texte trilingue gravé à Persépolis dans lequel Xerxès affirme avoir détruit les sanctuaires des faux dieux (daivas) et imposé le culte d'Ahura Mazda. C'est le document royal le plus révélateur de sa politique religieuse.
Deux ponts de bateaux de plus de 1 300 mètres de long, construits par des ingénieurs phéniciens et égyptiens pour faire traverser l'armée perse. Cet exploit logistique sans précédent dans l'Antiquité permit le passage de centaines de milliers d'hommes en sept jours.
Anecdotes
Lorsque les tempêtes détruisirent deux fois de suite les ponts de bateaux qu'il faisait construire sur l'Hellespont pour permettre à son armée de passer en Europe, Xerxès ordonna que la mer fût fouettée de trois cents coups de fouet et que des fers y fussent jetés pour la « punir ». Hérodote rapporte que des hommes furent chargés de prononcer des paroles impies à l'adresse des flots. Cet épisode illustre la démesure (hybris) que les Grecs attribuaient au Grand Roi.
Lors de la bataille de Salamine en 480 av. J.-C., Xerxès fit installer un trône d'or sur le mont Aigaleos pour assister en spectateur à ce qu'il croyait être une victoire facile sur la flotte grecque. Il vit au contraire ses navires se faire piéger et détruire dans le détroit étroit où leur supériorité numérique ne servait à rien. Des scribes notaient sur des tablettes les noms des commandants qui se distinguaient — un protocole qui devint cruel ironie face à la déroute.
Avant de franchir l'Hellespont, Xerxès fit passer en revue son immense armée depuis une tribune élevée. Hérodote raconte qu'après avoir contemplé ses troupes à perte de vue, le roi se mit à pleurer. Interrogé, il répondit qu'il pensait avec mélancolie que dans cent ans, aucun de ces hommes ne serait encore en vie. Cette anecdote frappa profondément les Anciens, qui y virent une méditation royale sur la condition humaine.
Un riche Lydien nommé Pythios, qui avait mis toute sa fortune au service de l'expédition, demanda à Xerxès une seule faveur : que l'aîné de ses cinq fils restât auprès de lui plutôt que de partir à la guerre. Furieux d'une telle requête à la veille d'une campagne, Xerxès fit couper le fils en deux et placer les deux moitiés de chaque côté de la route par laquelle l'armée défilait. Cette violence exemplaire montrait que la volonté royale ne souffrait aucune exception.
Sources primaires
Xerxès, fils de Darius, ayant rassemblé une armée considérable, marcha contre la Grèce. Les Thermopyles furent défendues par Léonidas et ses trois cents Spartiates, qui moururent tous jusqu'au dernier pour défendre le passage.
Le messager annonce : 'Ô reine, d'un seul coup tout le bonheur des Perses est détruit ; la fleur de nos guerriers est tombée.' La reine demande : 'Quelle ville a donc été prise ?' Il répond : 'Athènes — elle est dévastée.'
Dit Xerxès le roi : Parmi ces pays, il y en avait où précédemment les daivas étaient adorés. Ensuite, par la grâce d'Ahura Mazda, j'ai détruit ces sanctuaires de daivas et j'ai proclamé : 'Les daivas ne seront pas adorés.'
Xerxès avait dirigé contre la Grèce la plus grande expédition que l'on connût, avec une flotte et une armée de terre innombrables ; et pourtant il fut repoussé de Salamine et d'ailleurs, et se retira pour l'essentiel comme il était venu.
Xerxès, après sa défaite navale à Salamine, craignant que les Grecs ne remontassent vers l'Hellespont pour détruire son pont, s'empressa de regagner l'Asie, laissant Mardonios commander les forces terrestres en Grèce.
Lieux clés
Capitale cérémonielle de l'Empire achéménide, dont Xerxès fit agrandir les constructions initiées par Darius Ier, notamment la Porte des Nations et la Salle aux Cent Colonnes. C'est ici qu'il résidait lors des grandes fêtes de Nowruz et recevait les tributs des peuples soumis.
Capitale administrative de l'empire où Xerxès tenait une partie de sa cour et d'où partaient les routes royales reliant les satrapes. Le palais de Suse était orné de briques vernissées aux décors de lions et de gardes immortels.
Défilé côtier étroit où Léonidas et ses Spartiates bloquèrent l'avance de l'armée de Xerxès pendant trois jours en août 480 av. J.-C. La victoire perse ne fut possible qu'après la trahison d'Éphialtès, qui révéla un chemin de contournement.
Étroit bras de mer entre l'île de Salamine et l'Attique où la flotte perse fut anéantie en septembre 480 av. J.-C. par la stratégie de Thémistocle. Xerxès assista à la défaite depuis le mont Aigaleos, transformant sa vision de la victoire en spectacle de la déroute.
Détroit entre l'Europe et l'Asie que Xerxès fit franchir à son armée grâce à deux ponts de bateaux amarrés côte à côte, exploit d'ingénierie militaire antique. La traversée d'une telle armée frappa les imaginaires anciens et modernes.
Objets typiques

Long sceptre orné d'or que tenait le Grand Roi lors des cérémonies officielles, symbole de son pouvoir absolu. Les bas-reliefs de Persépolis montrent Xerxès tenant cet attribut devant les délégations de l'empire.

Courte épée ou dague portée à la ceinture, insigne de la noblesse perse et arme personnelle du roi. Les sculptures de Persépolis représentent systématiquement les dignitaires achéménides avec cet objet.

Long manteau de pourpre aux manches pendantes que le Grand Roi portait lors des cérémonies, porté sur les épaules sans passer les bras dans les manches. La pourpre de ce vêtement signalait la dignité royale suprême.

Coiffe cylindrique rigide portée uniquement par le Grand Roi, distincte des bonnets souples des nobles perses. Elle symbolisait la souveraineté unique de Xerxès sur l'ensemble de l'empire.

Vase à boire en forme de corne ou de tête d'animal, en métal précieux, utilisé lors des banquets royaux achéménides. Des exemplaires retrouvés en Iran et au trésor de Persépolis témoignent du raffinement de la cour de Xerxès.

Arc puissant fabriqué de bois, d'os et de corne, arme emblématique de l'armée perse représentée sur les frises de Persépolis. Le roi perse était aussi représenté en archer sur les monnaies, symbole de vertu guerrière.

Tablettes d'argile ou de pierre inscrites en vieux-perse, en élamite et en babylonien, sur lesquelles Xerxès faisait graver ses décrets et ses titres. L'inscription des daivas de Persépolis est le texte royal le plus important de son règne.
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Vie quotidienne
Matin
Xerxès se levait à l'aube pour accomplir les rites zoroastriens obligatoires devant le feu sacré, en présence des mages (prêtres) de la cour. Il procédait ensuite à une toilette élaborée assurée par des serviteurs spécialisés : bain, parfums, coiffure et application du fard. La matinée était consacrée aux audiences privées avec les vizirs et les commandants de l'armée.
Après-midi
L'après-midi était occupé par les grandes audiences officielles dans l'Apadana, où des délégués de toutes les satrapes venaient déposer tributs et requêtes. Des scribes rédigeaient les décrets royaux en plusieurs langues. Xerxès pouvait également inspecter ses troupes, ses chevaux et les chantiers de construction de Persépolis.
Soir
Les soirées du Grand Roi étaient marquées par de fastueux banquets réunissant des dizaines, voire des centaines de convives dans la grande salle du trône. On y servait des vins de Shiraz, des viandes rôties et des mets raffinés sur de la vaisselle d'or et d'argent. Des musiciens, des danseurs et des conteurs animaient ces réceptions où se scellaient aussi les alliances politiques.
Alimentation
La table royale perse était d'une abondance légendaire : viandes de bœuf, mouton et gibier rôties sur broche, poissons du golfe Persique, pains de diverses sortes, fromages, dattes, grenades et raisins. Le vin occupait une place centrale dans la culture de cour, servi dans des rhytons d'or. Des milliers d'artisans et de serviteurs étaient nécessaires pour approvisionner la cuisine royale.
Vêtements
Xerxès portait la tiare droite en feutre rigide, apanage exclusif du Grand Roi, et le kandys, long manteau de pourpre aux manches vides que l'on portait sur les épaules. Sa robe longue, brodée de motifs géométriques en fil d'or, était ceinturée d'une large bande. Il portait des sandales ou des souliers pointus à la mode mède, et son poignet arborait des bracelets en or massif.
Habitat
Xerxès résidait dans le complexe palatial de Persépolis, ensemble de palais sur terrasse de pierre dominant la plaine du Fars, comprenant son propre palais (le Tachara) et le Hadish, résidence privée ornée de bas-reliefs le représentant. En déplacement à Suse, il occupait un palais aux murs de briques vernissées. Durant les campagnes militaires, il logeait dans une tente royale monumentale dont la splendeur frappait les Grecs, rapportée comme un palais itinérant.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Art achéménide monumental, mêlant influences mésopotamiennes, égyptiennes et grecques dans un style impérial unique : reliefs en pierre calcaire, colonnes à chapiteaux de taureaux, textiles de pourpre et d'or.
Ambiance sonore
Cérémonie fastueuse et multinationaux de la cour de Persépolis, ponctuée de rituels zoroastriens et de l'agitation de la plus grande armée de l'Antiquité en campagne vers la Grèce.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Porte des Nations (Persépolis)
vers 480 av. J.-C.
Salle aux Cent Colonnes (Persépolis)
commencée vers 480 av. J.-C.
Achèvement de l'Apadana de Persépolis
vers 480 av. J.-C.
Inscription des daivas (XPh)
vers 480 av. J.-C.
Ponts sur l'Hellespont
480 av. J.-C.






