Abou Inan
Abou Inan Faris
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Sultan mérinide du Maroc (1348-1358), Abou Inan Faris est connu pour avoir reçu Ibn Battuta à sa cour et lui avoir commandé la rédaction de sa célèbre relation de voyages. Grand mécène, il fit construire la médersa Bou Inania à Fès.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Règne comme sultan mérinide du Maroc de 1348 à 1358
- Commande à Ibn Battuta la rédaction du Rihla, récit de ses voyages à travers le monde islamique
- Fait construire la médersa Bou Inania à Fès, chef-d'œuvre de l'architecture mérinide
- Étend temporairement la domination mérinide sur une partie de l'Ifriqiya (Tunisie actuelle)
- Meurt assassiné en 1358 à l'âge d'environ 26 ans
Œuvres & réalisations
École coranique et chef-d'œuvre de l'architecture mérinide, commandée et financée par Abou Inan à Fès. Considérée comme la plus belle médersa du Maroc, elle témoigne du mécénat architectural exceptionnel du sultan et reste debout aujourd'hui.
Seconde médersa du même nom construite par Abou Inan à Meknès, preuve de sa politique d'embellissement des villes de son empire et de promotion de l'enseignement islamique dans tout le Maghreb.
Abou Inan ordonna à Ibn Battuta de dicter ses mémoires de voyage à son secrétaire Ibn Juzayy al-Kalbi. Sans cette décision royale, le récit du plus grand voyageur du Moyen Âge n'aurait sans doute jamais été mis par écrit.
Abou Inan mena plusieurs campagnes victorieuses qui lui permirent de dominer un empire allant du Maroc jusqu'à la Tunisie, portant la puissance mérinide à son apogée territorial depuis plusieurs décennies.
Intégrée à la médersa Bou Inania de Fès, cette mosquée ouverte au public est la seule médersa du Maroc à avoir le statut de mosquée du vendredi, fait exceptionnel qui reflète les ambitions religieuses et politiques d'Abou Inan.
Anecdotes
En 1353, le grand voyageur Ibn Battuta, épuisé après trente ans de périples à travers l'Asie et l'Afrique, se présente à la cour d'Abou Inan à Fès. Le sultan, fasciné par ses récits extraordinaires, lui ordonne de dicter l'ensemble de ses aventures à son secrétaire Ibn Juzayy al-Kalbi. C'est ainsi que naît la Rihla, l'un des récits de voyage les plus importants du Moyen Âge islamique.
Abou Inan fit construire la médersa Bou Inania à Fès, un chef-d'œuvre de l'architecture mérinide achevé vers 1357. Selon la tradition, lorsqu'on lui présenta la facture astronomique des travaux, il la jeta dans la rivière en déclarant que ce qui est beau n'a pas de prix. L'édifice, avec ses zelliges, ses arabesques et ses boiseries sculptées, est aujourd'hui encore l'un des monuments les mieux conservés du Maroc.
En 1348, l'année même où Abou Inan prit le pouvoir en se révoltant contre son père Abou al-Hasan, la terrible peste noire dévastait le Maghreb. Cette épidémie tua des millions de personnes en Europe et dans le monde arabo-musulman ; elle affaiblit considérablement les dynasties de la région et offrit paradoxalement à Abou Inan l'occasion de consolider son pouvoir dans le chaos général.
Malgré son règne brillant sur le plan culturel, Abou Inan mourut tragiquement en 1358 : il fut étranglé sur ordre de son propre vizir, qui souhaitait placer un prince plus docile sur le trône. Ce destin funeste illustre la fragilité du pouvoir dans les dynasties médiévales, où les sultans étaient parfois prisonniers de leurs propres ministres.
Abou Inan était un conquérant ambitieux : il prit Tlemcen en 1352 et étendit son empire jusqu'en Ifriqiya (l'actuelle Tunisie), atteignant Tunis en 1357. Ces conquêtes lui permirent de contrôler momentanément un vaste territoire allant du Maroc actuel jusqu'à la Tunisie, reconstituant brièvement la puissance mérinide à son apogée.
Sources primaires
Notre maître le sultan [...] m'ordonna de dicter ce que je me rappelais de mes voyages et des curiosités des pays que j'avais parcourus, et de mentionner ceux que j'avais rencontrés parmi les rois, les savants et les pieux.
Ibn Marzuq, prédicateur à la cour mérinide, dresse un portrait élogieux des sultans de la dynastie, évoquant les constructions pieuses et le mécénat d'Abou Inan parmi les actes de gouvernement les plus remarquables de son temps.
Abou Inan était le plus puissant des sultans mérinides après Abou Yusuf ; il réunit sous son autorité le Maghreb extrême, le Maghreb central et une partie de l'Ifriqiya, mais son règne fut interrompu par la trahison de ses vizirs.
Chronique des sultans mérinides décrivant les fastes de la cour d'Abou Inan, ses libéralités envers les savants et les poètes, et la construction de ses grands édifices religieux à Fès et à Meknès.
Lieux clés
Capitale des sultans mérinides et résidence principale d'Abou Inan, Fès était au XIVe siècle l'une des plus grandes villes du monde islamique, centre du commerce, de la religion et des arts. C'est là qu'Abou Inan reçut Ibn Battuta et fit construire la médersa Bou Inania.
Chef-d'œuvre de l'architecture mérinide commandé par Abou Inan entre 1350 et 1357, cette école coranique est ornée de zelliges, de stuc sculpté et de cèdre gravé. Seule médersa du Maroc à avoir le statut de mosquée du vendredi, elle est considérée comme l'un des plus beaux monuments de l'art islamique occidental.
Deuxième grande ville de l'empire mérinide, Meknès abrite une seconde médersa Bou Inania construite sur ordre d'Abou Inan. La ville constituait un centre administratif et militaire important sous son règne.
Ville conquise par Abou Inan en 1352 lors de ses campagnes militaires vers l'est, Tlemcen était alors la capitale du sultanat zianide. Sa prise permit au sultan mérinide d'étendre son empire jusqu'au cœur du Maghreb central.
Point le plus oriental des conquêtes d'Abou Inan, Tunis fut brièvement sous son contrôle en 1357, marquant l'apogée territorial de son règne. Cette avancée en Ifriqiya illustre les ambitions unificatrices du sultan sur l'ensemble du Maghreb.


